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Billets d'humeurs cinéphagiques

Young Adult : la critique

Young Adult Le duo Ivan Reitman/Diablo Cody refait des siennes et nous sert un pseudo film générationnel sur le refus du passage à l’âge adulte. C’est maladroit, peu profond et confus à souhait, juste quoi faire une bonne bande annonce…
Young Adult Note:1/4

Titre original: Young Adult
Réalisation: Jason Reitman
Scenario: Diablo Cody
Casting: Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson, Elizabeth Reaser, Collette Wolfe…
Musique: Rolfe Kent
Sortie: 28 Mars 2012
Vu le 2 Avril 2012 à 20h10 au MK2 Quai de Seine

Synopsis: Mavis Gary, rédactrice pour une série de livre cul-cul pour adulescentes, revient dans son village d’enfance suite à l’annonce de la naissance de l’enfant de son ancien petit ami de lycée. A 35 ans, Mavis n’a jamais réussi à se faire à l’idée de leur séparation et compte bien récupérer le temps perdu, même si elle doit détruire une famille au passage. En chemin, elle croise Matt, qui était aussi au lycée avec elle et qui avait été tabassé et laissé pour mort parce qu’il avait été pris à tort pour un homosexuel, lui laissant des séquelles physiques à vie.
Critique:
Disons le d’entrée de jeu, Diablo Cody et Jason Reitman n’ont jamais réussi à me convaincre, ensemble ou séparément. La première est une brillante illusionniste, elle arrive à faire croire que l’aspect caricatural, lourd et cliché à souhait de ses personnages est une figure de style alors qu’en réalité c’est de la pauvreté (il suffit de revoir Jennifer’s Body pour s’en convaincre, débarrassé de l’habillage ciné indépendant, ses scénarios sont simplement pathétiquement pauvres), alors que le second se contente systématiquement de s’appuyer sur le charisme d’un acteur principal (tour à tour Aaron Eckhart, Ellen Page, George Clooney et maintenant Charlize Theron) pour faire passer la vacuité de ses histoires, comme on cacherait le bordel d’une chambre sous un lit. De esbroufe cinématographique qui utilise les codes du cinéma indépendant pour faire croire qu’il y a une profondeur. Young Adult ne fait pas exception, ce film en est même un caricature. Tentant de nous dépeindre la difficulté de deux personnages de rentrer réellement dans l’age adulte parce qu’ils n’ont jamais fait le deuil de leur adolescence (ils n’en ont pas eu le luxe), le film pêche tout d’abord par la construction de ses personnages, sans finesse ni profondeur, qui se fait par touches très grossières (la plupart du temps, les caractéristiques des personnages sont simplement énoncées puis considérées pour acquises) quand elle n’est pas inconsistance (ou comment un personnage qui explique dans sa scène d’introduction qu’il ne boit plus pour accompagner sa femme dans ses efforts de grossesse se fait ensuite servir des bières par cette même femme). Le personnage principal est le plus mal loti, le réalisateur et la scénariste faisant tout pour qu’on la déteste et la méprise jusqu’à la révélation finale qui est censé tout expliqué, mais le mal est déjà fait et l’aspect pathétique de l’exposition ne fait qu’aggraver la chose. Le film se veut acide et agressif mais il ne fait que tirer sur des ambulances.
Young Adult

Niveau réalisation, si on apprécie le rythme global de la chose, on regrette que les rares idées de réalisation soient tout simplement pompées directement de Wes Anderson (qui nous avait d’ailleurs adressé le majestueux Royal Tenenbaum sur le même sujet avec infiniment plus de talent). Le reste est propre, méthodique et poli, mais sans aucun caractère. Dépourvu de ses acteurs principaux, le film aurait certainement eu du mal à être diffusé un mardi après midi sur M6. Car oui, les acteurs sont bons, très bons même. Charlize Theron parvient a donner corps à cette adolescente de 35 ans qui croit que son sarcasme et son alcoolisme chronique peuvent cacher les rêves d’ados dans lesquels elle vit encore alors que sa vie professionnelle et sentimentale sont des brouillons de ce qu’elles voudraient être. L’actrice s’amuse à casser son image de belle plante, de se démystifier sans pour autant se ridiculiser. A ses côté, si on regrette de retrouver Patton Oswalt dans un rôle aussi caricatural (un vieux Geek de 35 ans qui est cool parce qu’il porte des tee-shirt des Pixies et qui collectionne des figurines et brasse du bourbons dans son garage pour oublier qu’il est handicapé et qu’il ne peut pas avoir de vie sexuelle), il est toujours agréable de retrouver ce génial comédien dans un rôle important, d’autant plus qu’il est ici excellent et arrive à absorber l’aspect caricatural de son personnage pour lui donner un charisme discret et prenant qui aide à faire passer la pilule de la dernière partie du film (directement pompée sur Ghost World). Il est aussi amusant de le retrouver aux côté de Collette Wolf (ici dans le rôle de sa sœur) avec qui il partageait déjà l’écran dans le superbe Observe and Report. La jeune actrice hérite de l’une des scènes les plus intéressantes du film, dans un dialogue final avec Charlize Theron, seule scène où le sarcasme ne sent pas le réchauffé (mais rien d’incroyable non plus). Patrick Wilson lui ne s’en sort pas très bien, son rôle est tellement faible et inconsistant qu’il semble impossible de lui donner corps.

Young Adult

Le tout est donc assez mauvais, creux mais par réellement désagréable, tant la forme parvient à ponctuellement simuler un fond. Le plus gros défaut du film tient dans son incapacité à construire des personnages palpables et des situations crédibles si bien que l’ensemble est artificiels et bancal à souhait. On regrette aussi cette scène dans la forêt où Charlize Theron et Patton Oswalt, dans une engueulade qui ne sort de nulle part, nous explique le propos du film au cas où nous ne serions pas assez intelligents pour comprendre nous même. Tout ceci aurait put être bon, le sujet était intéressant, le casting était impeccable mais l’écriture fumiste de Diablo Cody et la réalisation sans inspiration de Jason Reitman tuent très vite nos espoirs.
Young Adult aurait put être un film acide et touchant sur l’incapacité d’une génération de se débarrasser des fantômes de son adolescence, sur la difficulté de se construire en tant qu’adulte en dehors de la figure imposée du mariage et de la famille heureuse. Le résultat est un film médiocre et passablement creux qui tient avant tout par son casting et une forme faussement indépendante.
Les plus:
Le duo Theron/Oswalt surprenant, drôle et touchant
Les moins:
L’absence de consistance des personnages
Le scenario qui enchaîne les scènes et les évènements sans parvenir à les lier
La prétention du film à avoir un fond dont il est dépourvu


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