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World War Z : la critique

World War Z World War Z essaie d’étendre le cinéma Zombie au grand public (PG-13). S’il perd l’essence du genre, il offre un film catastrophe spectaculaire et souvent prenant.
World War Z Note:2.5/4
Titre original: World War Z
Réalisation: Marc Forster
Scenario: Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof
Casting: Brad Pitt, Daniella Kertesz, Mireille Enos, Peter Capaldi, Pierfrancesco Favino, Ruth Negga, Moritz Bleibtreu, Matthew Fox, David Morse…
Musique originale : Marco Beltrami
Sortie: 3 Juillet 2013
Vu le 3 Juillet 2013 à 21h45 à l’UGC Montparnasse

Synopsis:
Gerry est un reporter terrain pour l’ONU qui a décidé de tout arrêter pour s’occuper de sa famille quand, soudain, un virus étrange s’empare de la planète à une vitesse effrayante, transformant tout le monde en ce qui ressemble à des zombie. Afin de garantir la protection de sa famille, Gerry accepte de reprendre du service pour enquêter sur ce virus.
Critique :
Annoncé d’une part comme le plus gros film de zombie jamais fait et, d’autres part (par ses détracteurs) comme la pire adaptation imaginable du livre de Max Brooks, World War Z surprend parce qu’il n’est ni l’un ni l’autre. Suivant la structure d’un jeu vidéo, avec des niveaux très marqués (New York, Newark, Corée, Israel…) entrecoupées de coupées de cinématiques explicatives, les film est plus un glorieux film catastrophe qu’un film de zombie. Disons le d’emblée, c’est un film uniquement construit autour de scènes mémorables, mais dieu que ces scènes sont prenantes ! Le film pèche dans sa narration et sa structure, transformant le personnage de Gerry en action héros dépressif alors qu’il était un simple témoin dans le livre, Brad Pitt se retrouve à porter, visiblement à contre cœur, le film et à amener le spectateur d’un carnage à l’autre, sans jamais qu’une intrigue globale ne se mette en place. C’est dommage, mais cela permet de centrer l’attention du spectateur sur l’aspect spectaculaire du film. Car oui, ce film est plus ou moins dénué du fond et prend l’invasion de Zombie au premier degré, ce qui hôte tout l’aspect métaphorique qu’a traditionnellement ce cinéma (Le Zombie de Romero était une critique de la société de consommation, le Shaun of The Dead de Edgar Wright était une critique de l’abrutissement des masses et de la des-sociabilisation …). On perd en profondeur et décalage ce qu’on gagne en grandiose, le film prenant le parti de ne pas montrer l’invasion de zombie à l’échelle humaine mais à l’échelle mondiale. A ce titre, le réalisateur Marc Forster (qui est habitué à gréer un peu tous les films qu’on lui propose) fait un travaille très décent, d’autant plus quand on sait que le scénario a été complètement remanié en cours de route, nous offrant d’ailleurs un 3eme acte très différent du reste du film mais follement efficace. Les scènes de panique et d’invasion sont d’une efficacité rare et l’aspect sérieux et réaliste du film n’est jamais mis à mal par le manque de crédibilité ou le ridicule qu’on trouve habituellement dans ce genre de production.
World War Z

Écrit comme une sorte de préquel à Je suis une légende (le film, pas le livre) et reprenant d’ailleurs une partie de son contexte (mais évitant tous les écueils rencontré par ce premier film), le scénario du film est efficace même si on peut lui reprocher l’absence d’un vrai file rouge qui permettrait de tenir l’histoire. Celle-ci est divisée en plusieurs tableaux, comme des niveaux de jeux vidéos, dont le déroulement est toujours similaire (spoiler : Brad Pitt arrive pour faire quelque chose, trouve autre chose et parvient à s’échapper juste au moment où la situation dégénère). Comme dit précédemment seul le dernier acte échappe à cette règle, et c’est d’ailleurs également le seul à parvenir à insuffler de la vie à ses personnages, autant principaux que secondaires, en réduisant l’échelle du film. Côté casting, Si le choix de Brad Pitt est assez discutable (on aurait préféré Will Smith, Matt Damon ou même Daniel Craig), l’acteur étant trop sérieux et cérébral pour un tel film, il délivre tout de même une prestation impeccable, même si elle est dénuée d’originalité et d’humanité. Il est toujours crédible et parvient même parfois à nous faire oublier qu’il a une coupe de cheveux ridicule. A ses côté il n’y a pas grand monde puisque la plupart des acteurs n’ont pas plus de 6 répliques avant de quitter l’intrigue ou le monde. Dans le rôle de sa femme, Mireille Enos est crédible tant qu’elle est à l’écran, tandis que la révélation du film est la jeune Daniella Kertesz, dans un rôle quasiment muet qui est pourtant le seul personnage humain et sensible du film.

World War Z

Pour le reste, si World War Z est quelque peu cousu de fil blanc, il nous offre un spectacle unique et impressionnant, évitant en permanence (et même parfois de justesse) de tomber dans ce qu’on craignait. Sans révolutionner le film de zombie ou le cinéma catastrophe, l’exercice est réussi. Le problème est que le film oublie de développer ses personnages et d’amener un peu d’humanité à son histoire, si bien qu’on a parfois l’impression d’être totalement extérieur à ce qui se passe, gâchant ainsi une partie de la tension.
World War Z essaie d’inventer le film de zombie grand public, mais ne nous offre qu’un nouveau film catastrophe sérieux. Le divertissement est cependant au rendez-vous.
Les plus:
Une grande variété d’ambiances et de situations
Un dernier tiers surprenant
Une réalisation maîtrisée
Les moins:
Des personnages sans humanité
Une histoire parfois un peu confuse


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