Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

Valérian et la Cité des mille planètes : la critique

Valérian et la cité des mille planètes Entre un scénario bancal, des personnages antipathiques et un humour raz les pâquerettes, le Valérian de Besson parvient à décevoir sur presque tous les points.
Valérian et la cité des mille planètes Note:1/4
Titre original: Valérian et la cité des mille planètes
Réalisation: Luc Besson
Scenario: Luc Besson
Casting: Dane Dehaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna, Sam Spruell, Alain Chabat…
Sortie: 26 juillet 2017
Musique: Alexandre Desplat
Vu le 6 Août 2017 à 16h10 à l’UGC Ciné Cité Confluence

Synopsis:
Dans un futur optimiste, les humains et les aliens vivent en harmonie. Valérian et Laureline sont deux agents spéciaux de l’armée humaine. Alors qu’ils sont envoyés dans une banales mission de récupération (où leur nonchalance causera la mort de tous les militaires qui les couvraient dans l’indifférence la plus totale), Valérian fait un rêve étrange à propos d’une race alien détruite.
Critique :
Luc Besson adore Valérian, cela se voyait déjà dans le Cinquième élément et ce nouveau film, malgré tous ses défauts, dégage également cela. On sent à chaque instant que Besson s’éclate, et qu’il a fait le film qu’il voulait faire. Le problème est qu’il est également le seul à réellement vouloir le voir… Si Valérian part plutôt bien, avec un générique malin sur fond de David Bowie et une première scène plutôt bien foutue, dès que les personnages principaux débarquent, tout se casse la gueule. Difficile de savoir s’il s’agit d’un problème d’écriture, de direction d’acteurs ou de casting, mais les deux personnages sont immédiatement antipathique autant dans leur relation que dans leur comportement. Plutôt que de nous présenter des vrai personnages, Luc Besson choisit de nous expliquer qui ils sont immédiatement via une scène de dialogue aussi laborieuse qu’inutile. Laborieuse car il n’y a aucune alchimie entre les deux personnages et inutiles car ses personnages n’ont aucune constances, ils sont le fil rouge de l’histoire mais leur caractère et leurs réactions ne sont dictés que par les besoins de la scène en cours, à aucun moment par leur personnalité, au point de parfois complètement contredire ce qui avait été expliqué plus tôt. Du coup, l’arc des personnages principaux est totalement artificiel. L’histoire est elle aussi assez faiblarde puisqu’elle n’est qu’un prétexte à une enfilade de scènes plus ou moins intéressantes où les deux protagonistes vont tour à tour se sauver l’un l’autre au lieu de résoudre l’enquête qu’ils sont censés mener (qu’ils finissent par résoudre plus ou moins par hasard). Cela a pour conséquence une résolution finale qui vient de nulle part et un climax sans envergure raconté par le personnage titre. L’univers de Valérian était assez riche pour nous proposer quelque chose de plus impliquant et de plus conséquent. Si le film dégage une impressionnante richesse visuelle, on a tout au long du film l’impression de suivre l’histoire la moins intéressante de cet univers.

Valérian et la cité des mille planètes

Adapter une bande dessinée n’est pas facile, retransmettre la richesse de toute une saga en à peine plus de deux heures de film est proche de l’impossible même pour un grand scénariste. Luc Besson n’est pas un grand scénariste. Le résultat de son travail sur Valérian est catastrophique du titre jusqu’à la dernière réplique. Le simple fait d’avoir tronquer le titre de l’oeuvre originale pour son film aurait déjà dû nous alerter. Valérian et Laureline. La BD s’appelle Valérian et Laureline. Pourquoi avoir voulu changer cela ? Au delà d’un constat assez évident sur le sexisme latent de cette décision, c’est aussi une décision assez symptomatique de l’ensemble des problèmes du scénario : une simplification à l’extrême qui finit par devenir du non sens. Valerian est un film d’action aventure où l’action et l’aventure se passent en parallèle de l’intrigue, comme des éléments ajoutés qui n’ont au final qu’un impact minime sur l’histoire et ne servent qu’à rajouter du temps au métrage. Les personnages sont très mal construits et la plupart du temps creux tandis que la narration souffre de manière globale d’une absence de clarté qui fait que le film est obligé de régulièrement nous expliquer ce qu’il se passe via des dialogues qui manquent profondément de naturel. Certes, le film est avant tout une oeuvre visuelle qui a ses instants de beauté, mais le scénario n’est pas adapté à cela, l’histoire prend trop de place dans le film pour qu’on puisse se laisser juste emporter par les images. Et si quelques scènes sont plutôt réussie, même sur le papier (comme l’introduction ou la scène sous marine), l’ensemble est trop brouillon pour séduire. L’autre gros problème est le casting. Qu’est-ce que Dane Dehaan fait dans ce film ? Non mais vraiment ? Rarement personnage n’aura été aussi mal incarné. Pas aidé par des dialogues qui le font passer pour un gros con en essayant d’en faire un badass, l’acteur est toujours à côté de la plaque. Il n’arrive jamais à nous impliquer dans le récit et frôle en permanence le ridicule involontaire. Sans briller, Cara Delevingne a au moins le mérite d’avoir un minimum de charisme, même si elle est étrangement sans expression dans certaines scènes, comme si elle ne savait pas qu’elle était filmée. Difficile de parler des autres acteurs, ils ont des rôles minimalistes qui ne leur permettent pas grand chose. Quant à la musique, elle est vraiment peu inspirée, et c’est d’autant plus surprenant que c’est l’excellent Alexandre Desplat qui l’a composée. Assez curieusement, on aurait préféré un retour de Eric Serra derrière les platines.

Valérian et la cité des mille planètes

Valérian était un pari risqué, mais il semblerait que Luc Besson soit atteint du syndrome de Georges Lucas : personne n’a osé lui dire que son script était mauvais, personne n’a osé lui dire que son casting ne fonctionnait pas que le rythme de son film était bancal, que ses dialogues étaient déshumanisés… Et au final, on se retrouve avec un Valérian qui est plus le frère caché de La menace Fantôme alors qu’il voulait être Le retour du Jedi… Tout au long du film, on ne peut pas s’empêcher de penser à des réalisateurs qui ont déjà mis en scène des univers similaires mais en mieux : Guillermo del Torro avec HellBoy II, James Gunn avec les Gardiens de la galaxie, ou même Luc Besson avec le 5ème élément… La sauce ne prend jamais, et c’est  d’autant plus frustrant qu’on sent que c’est vraiment le film que voulait faire Besson, il semble s’éclater dans cet univers, on a vraiment l’impression qu’il veut le partager avec nous, mais ça ne fonctionne pas.

Aussi ambitieux que bancal, Valérian ne parvient jamais à séduire et ennuie plus qu’il ne divertit à cause de personnages sans intérêts, d’une histoire malmenée et d’un rythme mal géré.

Les plus:
Un univers visuel d’un grande beauté
Les moins:
Un Dane Dehaan catastrophique
Un scénario et des dialogues écrits à la truelle
Un manque total d’implication et d’enjeux pour le spectateur


posted by valmens in Les Critiques and have No Comments

Place your comment

Please fill your data and comment below.
Name
Email
Website

* Copy this password:

* Type or paste password here:

Your comment
Protected by WP Anti Spam