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The Tree Of Life : La Critique

The Tree Of Life Aussi ennuyeux et gratuit qu’il est fascinant, le dernier Terrence Malick laisse perplexe plus qu’il ne divise. Un film conceptuel qui ne tourne autour de rien.
The Tree Of Life Note:2/4
Réalisation:Terrence Malick
Scenario: Terrence Malick
Casting: Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn, Hunter McCracken…
Musique: Alexandre Desplat
Sortie: 17 Mai 2011

Synopsis:
Le film décrit la perception de la vie et de la mort que travers des souvenirs éparses de l’enfance d’un homme.
Critique:
Avant toute chose, il est important de signaler que ce film n’a pas sa place dans une salle de cinéma. Comme le dirait mieux que personne le professeur Jones « Sa place est dans un musée ». Ne croyez pas par là que le film est ainsi, d’emblée, placé sur un piédestal. Au contraire, il est juste important de prendre cela en considération durant le visionnage du film car sans cela, l’aventure s’annonce longue, complexe et ennuyeuse. Film conceptuel s’il est est, The Tree Of Life n’oublie pas non plus à chaque instant d’être suffisamment beau et impénétrable pour pousser le spectateur à se poser des questions, à chercher un sens à cette histoire du monde racontée par la vision déformée du kaléidoscope des souvenirs de l’enfance. Cherchant à tout pris une manière nouvelle de raconter une histoire, Terrence Malick décide d’entrée de jeu de se débarrasser de ce qui peut paraître essentiel à un film dans la vision cartésienne des choses, la structure narrative. Ainsi « libéré » de colonnes vertébrale, le film se permet de raconter son histoire en voguant (flottant?) de souvenir en souvenir sans jamais se soucier de les lier, les expliquer ou même les inclure dans une réflexion quelconque. Dans sa forme donc, The Tree Of Life ressemble à une version de 2 heures 30 des flottements oniriques que l’on retrouvait de manière ponctuelle dans les œuvres précédentes du réalisateurs, notamment le superbe La Ligne Rouge où ces flottements agissaient comme des contrepoids pour soutenir l’horreur de la guerre. De ce fait tout ou presque dans ce film est gratuit et dénué de justification, il s’agit seulement d’une mise bout à bout de vague souvenirs d’enfances, de pièces plus ou moins importantes d’un puzzle plus général qui ne nous est jamais présenté.
The Tree Of Life

Situant son récit dans les années 50 avec un père autoritaire (mais pas violent ou injuste comme certains l’on analysé, juste un homme répondants aux normes d’éducation de son époque) interprété par un Brad Pitt toujours aussi impressionnant (par contre les fans de Sean Penn risquent d’être déçus, le bougre n’apparaît qu’une dizaine de minute dans le film), le film fleure bon l’auto psychanalyse. En introduction à cela, Terrence Malick établit clairement deux choses, dans la première heure du film, deux notions essentielles à la compréhension de l’œuvre : l’injustice et l’absence de dieu. Dit de cette manière, on pense bien entendu au A Serious Man des frères Coen qui, il y a à peine deux an, nous décrivaient avec talent un monde sans dieu où les actions n’avaient aucun lien avec leurs conséquences, mais là où les frères Coen exploraient ce sujet de manière directe et concrète (et même humoristique), Terrence Malick opte pour la métaphore et le vague, voulant volontairement perdre son spectateur, tout en glissant des indices assez grossiers quant au sens de son film, comme ces références constantes au livre de Job. Sans narration ni structure, le film s’efforce de nous démontrer l’absence de dieux par l’image en présentant la création du monde selon les théories scientifiques modernes. C’est long et ennuyeux mais cela permet au moins de mettre les chose au claire dés le départ : ce film n’essaie en rien de ménager le spectateur. Le public ainsi conscient de l’absence de Dieu suit, par la suite, l’évolution d’un enfant dans une société où la notion de divinité est omniprésente malgré l’absence de répercussion concrète de cette notion dans son quotidien d’où un sentiment permanent d’injustice et une incomprhéension des raisons du malheur qui tombe sur les pauvres gens. Le film ne va pas plus loin dans son développement et se contente de progressivement amener une conclusion quelque peu poussive sous-entendant que dieu n’est pas une notion mais un sentiment, que le divin s’immisce dans nos sensations et nos actions à défaut de les guider. Rien de révolutionnaire ici donc.
The Tree Of Life

The Tree Of Life est donc un film très atypique qui ressemble beaucoup au délire d’un réalisateur ayant déjà tout dit laissé en roue libre. On sent à chaque image, chaque scène, l’absence de producteur ou de guide rationnel sur ce projet, ce qui donne au finale une œuvre certes belle et même envoutante comme formaté pour la palme d’or,  mais surtout un film impénétrable et maniéré qui laisse en permanence la forme prendre le dessus sur le fond.

S’il est important de trouver de nouvelles manières de raconter des histoire, cette tentative de Terrence Malick est aussi originale qu’elle est inefficace. Sur une même idée, l’essai de Jaco Van Dormael de l’an dernier avec son sublime Mr Nobody était beaucoup plus marquant et pertinant, car le réalisateur belge gardait en tête quelque chose qui a visiblement échappé à Terrence Malick : une histoire est faite pour être entendue pas juste pour être raconter. The Tree Of Life finit donc par être un film égocentrique, uniquement fait pour ravir l’égo artistique de son auteur.

Les plus:
Des images d’une beauté incroyable
Un Brad Pitt puissant comme on l’a rarement vu
Les moins:
Une absence de rythme qui rend le film complètement indigeste
Une absence de structure qui laisse le spectateur se débrouiller tout seul


posted by valmens in Les Critiques and have Comment (1)

One Response to “The Tree Of Life : La Critique”

  1. […] The Tree Of Life Des images d’une beauté incroyable Un Brad Pitt puissant comme on l’a rarement vu Les plus: Les moins: […]

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