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The Fighter: La Critique

The Fighter David O.L Russel s’efface pour nous livrer un film puissant sur la boxe mené par un Christian Bale qui mérite plus que jamais son Oscar.
The Fighter Note:
Réalisation:David O. Russel
Scenario: Scott Silver, Paul Tamasy & Eric Johnson
Casting: Mark Wahlberg, Christian Bale, Amy Adams, Melissa Leo, Mickey O’Keefe, Bianca Hunter…
Musique: Michael Brook
Sortie: 9 Mars 2011
Synopsis:
Dicky Eklund, ancienne gloire accidentelle de la boxe depuis tombé dans la dépendance à la cocaïne, est suivi par les caméras de HBO alors qu’il prépare son pseudo come back tout en entrainant son frère, Micky, boxer doué mais sans ambition et écrasé par une pression familiale qui ne cesse de le considérer comme un moyen pour redorer le blason de Dicky.
Critique:
La première chose qui frappe – sans mauvais jeu de mot – dans ce nouveau film de David O. Russel est le classicisme de son histoire, de ses personnages et de sa réalisation. Cette histoire de boxer issu d’un milieu où la stupidité fleurte avec la consanguinité qui doit se battre contre sa propre famille pour pourvoir s’en sortir et décrocher, contre tout attente, la gloire qui lui revient, on l’a déjà entendue mille fois, cela ressemble à la trame basique de n’importe quel film sur le sport. Et de ce fait, le début du film est particulièrement laborieux. Cette peinture sociale de l’Amérique profonde sent le renfermé et le réchauffé, et si ce n’était pour la prestation hors du commun de Christian Bale qui, au-delà de la métamorphose physique, incarne à la perfection cette boule de nerf et d’égo à l’énergie et la parlotte inépuisable, on s’ennuierait ferme durant les 30 premières minutes du film. David O. Russel, jadis génie de la trouvaille visuelle sur son Les Rois Du Désert, s’efface même derrière ses personnages et son sujet pour finir par faire du quasi documentaire. Puis vient l’inévitable nœud narratif où le héros décide de se prendre en main et de se reconstruire une fois débarrassé de sa carcasse familiale et là, d’un coup d’un seul, le film est transformé, pour de pas dire révolutionné, par un souffle qui englobe aussi bien le rythme, les acteurs que l’écriture du film – pour atteindre un sommet au premier combat gagné par Micky et suivi de divers manières par son entourage. Si pendant toute la première moitié du métrage, on se croyait devant une œuvre profondément classique, à la limite du film de commande soigné, dénuée d’âme ou même de volonté artistique, à partir de ce combat, sans réellement ajouter ou ôter quoi que ce soit aux éléments fondateurs du film, une âme s’en dégage, une flamme vigoureuse qui donne envie de s’agiter, de se lever ou même d’applaudir à la fin du combat – et d’ailleurs jusqu’à la fin du film.
The Fighter
On comprend donc très vite le tour de force ainsi exercé par le réalisateur: faire un film sur la boxe aussi laborieux à regarder qu’il est laborieux de se préparer pour un match. Si en effet on est agacé par l’intégralité de ces personnages détestables durant tout le film, par l’incapacité du personnage principal à s’exprimer par lui même ou de faire des choix, une fois que ces barrières sont enfin outrepassées, on exulte avec lui. Sobrement mais surement, David O. Russel atteint son objectif, il parvient à faire de la boxe au cinéma ce qu’elle devrait toujours être : une expérience viscérale plutôt qu’intellectuelle. Si en effet l’emballage semble classique et les émotions communes à n’importe quel métrage sportif, il est impossible cependant de ne pas frissonner durant les matchs, de ne pas les ressentir chaque coup comme si on était dans la salle à hurler avec ces milliers d’anonymes. The Fighter est donc un film qui prend par surprise et qui parvient à transformer ses apparentes faiblesses en qualités, même si l’ambition démesurée du réalisateur – devenir le nouveau Raging Bull sans jamais faire du Raging Bull – fini parfois par agacer.
The Fighter
Mais plus qu’un film de réalisateur, The Fighter est un film d’acteur, et si tout le casting est au diapason, Christian Bale se démarque, comme d’habitude, en nous livrant une prestation à mille lieux de ses habituelles personnages de colériques laconiques. Sensible et fragile, mais aussi menteur et dangereux, Bale nous offre un personnage détruit par le destin incapable de se reconstruire sans détruire ce qui l’entoure et qu’il aime. Dicky est un homme qui a connu la gloire qu’il n’aurait jamais du connaître, un héros écrasé par ses lauriers et incapable de faire autre chose de de se détruire lui-même. Bale ne vire jamais à la caricature et parvient même à rendre ce personnage attachant dans son honnête bêtise. Mark Wahlberg, face à une telle prestation, choisit la posture de la discrétion et c’est tant mieux, son personnage y gagne en fragilité et humilité, rendant son ascension d’autant plus mérité. Du côté des personnages féminins, si Amy Adams livre une prestation tout à fait honorable, c’est Melissa Leo, détestable et crispante dans chacune de ses apparitions, qui tire son épingle du jeu. Mère castratrice incapable de ne pas hiérarchiser l’amour qu’elle livre à ses enfants, son personnage ne tombe pas non plus dans la caricature qu’on a pu croiser dans le Million Dollar Baby de Clint Eastwood : si son fils est en effet son gagne pain, jamais elle ne le sacrifie ou ne le laisse de côté. Son amour, quoi que détourné et perverti, est sincère de bout en bout.
Ainsi The Fighter ressemble à son personnage: engoncé dans la voie de ses prédécesseurs durant sa première moitié, il fini par trouver un moyen de voler de ses propres ailes en découvrant un moyen original d’émouvoir dans cette forme très codée, un moyen viscéral et parfois violent, mais toujours sincère. Et donc, si cette énième histoire vraie n’a rien de marquant dans les faits, elle fini par le devenir dans sa forme.

Les plus:
Christian Bale – pas la peine d’en dire plus
Des combats de boxes filmés au corps à corps
L’humour lattent qui vient souligner le ridicule de certaine scène
Les moins:
La clasissisme forcé de la structure narrative


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