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The Company Men: La Critique

Company Men The Company Men, malgré un sujet intéressant et un casting prestigieux, ressemble à une série télé indigeste et superficielle compactée en 2 heures.
Company Men Note:2/4
Réalisation:John Wells
Scenario: John Wells
Casting: Ben Affleck, Tommy Lee Jones, Chris Cooper, Kevin Costner, Maria Bello, Rosemarie DeWitt…
Musique: Aaron Zigman
Sortie: 30 Mars 2011
Synopsis:
Trois employés haut placés d’un grand groupe américain de chantiers navals sont touchés par la crise économique et se retrouvent dans une situation à laquelle ils n’ont jamais été préparés: sans emploi ni perspectives. Ces hommes, jadis rois du monde, touchent du doigt une précarité contre laquelle ils ne sont pas armés, dilués dans toute une génération de cadres dans la même situation qu’eux.
Critique:
The Company Men est un film d’actualité, ancré dans son temps, s’intéressant de près à un phénomène économique et social qui, jusqu’à aujourd’hui n’avait que très rarement passé le cap de la fiction et restait cantonné aux documentaires. Audacieux dans sont sujet, ce film de John Wells, surtout connu pour ses travaux sur le petit écran (Urgence, The West Wing), partait cela dit avec le désavantage de devoir quasiment défricher ce territoire vierge seul. En s’intéressant à la crise économique encore inachevée et à ses effets sur les cadres, John Wells se devait notamment d’avoir un point de vu extrêmement documenté et pointu sur le sujet, mais surtout, il devait développer la capacité de prendre du recul sur cette situation pour pouvoir nous offrir une œuvre cinématographique dense et complexe sur l’une des crises économiques les plus traumatisantes depuis 1929. Malheureusement, le film échoue sur ces deux tableaux et se contente de nous délivrer une photographie assez restreinte de cette situation, refusant même d’analyser les causes de la crises et l’implication des personnages principaux dans celle-ci. Cas typique de victimisation d’une classe sociale, ce film a cela dit le mérite de le faire pour une classe qui n’a pas l’habitude de l’être. En effet, au lieu de prendre les victimes habituelles des crises économiques, les middle class poor et les ouvriers, que l’on voit sans cesse au cinéma (notamment dans le cinéma anglais de Billy Elliot à The Navigators), The Company Men s’intéresse à des cadres, des commerciaux de haut vol et même des dirigeants d’entreprises. Ce choix de point de vue, à défaut d’être réellement courageux, aurait pu être intéressant si le scenario avait inclus dans le développement des personnage une certaine forme d’introspection et de culpabilisation, mais ce n’est jamais réellement le cas, et on se retrouve toujours dans le même situation où on trouve toujours plus riches que soit sur qui renvoyer la faute.
Company Men
Même si son sujet brulant d’actualité aurait suffit à faire de The Company Men un objet cinématographique digne d’intérêt, c’est surtout son casting qui a attiré l’attention. En effet, regrouper des pointure telles que Ben Affleck, Tommy Lee Jones, Kevin Costner et Chris Cooper dans un même film a de quoi soulever les foules, et de ce point de vue, il n’y a rien à redire, chaque acteur est ici utilisé de manière optimale, sans pour autant faire d’étincelles, en particulier Ben Affleck, centre et cœur du film. Il incarne à la perfection ce jeune père de famille qui voit se vie basculer avec la crise et qui refuse de perdre ce statut social qu’il avait mis si longtemps à acquérir. Ainsi cette bataille contre l’économie inclus aussi une bataille contre son propre égo. Sobre et efficace dans son interprétation, Ben Affleck porte le film avec une aisance qu’il n’avait pas retrouvée depuis Dogma de Kevin Smith. Autour de lui, Tommy Lee Jones et Chris Cooper incarnent deux hommes qui ont connu la métamorphose de l’économie, des hommes d’un autre temps qui ne trouvent plus leur place dans cet univers de l’économie intangible. Malheureusement, ces deux rôles souffrent d’une écriture un peu trop caricaturale et d’un manque certain de profondeur si bien qu’on a du mal à s’y attacher. Enfin, Kevin Costner, quatrième homme, incarnation du middle class worker plein de préjugés et de grandes phrases toutes faites, parvient à être décemment détestable de bout en bout du film. Les rôles féminins sont quant à eux peu ou pas développés et sans grand intérêts, à tel point qu’on se demande s’il s’agit d’un film purement misogyne ou d’une volonté du réalisateur de décrire l’effondrement d’une économie phallocrate.
Company Men
The Company Men souffre avant tout de son format. Homme de télévision, John Wells a du mal à insuffler un rythme cinématographique à son film et on sent que, s’il y avait là matière à faire quelque chose de très complexe et complet, il en était incapable dans le temps qui lui était imparti, tout simplement. Ainsi, les constantes ellipses temporaires et l’évolution très brusques de personnages et de leur situation privent le spectateur de se sentir impliqué dans leurs misères. Chris Cooper, en particulier, hérite du moins de temps de présence à l’écran (on entrevoit à peine sa famille), nous privant de comprendre ses actions et ses aspiration alors qu’il était probablement le personnage le plus intéressant du film (ouvrier devenu haut cadre de son entreprise après 30 ans de travail acharné qui perd tout du jour au lendemain). A vouloir donner un point de vue trop complet en terme de temps, de personnages et de situation, le film fini par perdre sa substance.
Ainsi, si l’initiative était belle et le sujet intéressant et original, le film ne parvient pas à relever le défi et, s’il évite les pièges qui lui sont tendus en ne caricaturant presque pas ses personnages, il ne parvient jamais à être autre chose qu’une compilation de tranches de vies passablement déprimantes étalées à l’écran sans autre volonté que de les exhiber. C’est dommage car il se cache dans The Company Men au moins deux très bons films (un sur Chris Cooper et un sur Ben Affleck).

Les plus:
Ben Affleck
qui trouve enfin un rôle à sa mesure
Un sujet et un point de vu originaux
Les moins:
Une histoire et des personnages auxquels on a du mal à s’attacher
Un rythme lent à la frontière de l’ennui
Des personnages féminins transparents


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