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Super 8 : La Critique

Super 8 J.J. Abrams se replonge dans notre passé cinématographique et nous fait un bel hommage au cinéma grand public des année 80 nous offrant au passage le block buster le plus accompli de l’été.
Super 8 Note:3/4
Réalisation:J.J. Abrams
Scenario: J.J. Abrams
Casting: Joel Courtney, Kyle Chandler, Elle Fanning, Riley Griffiths, Joel McKinnon Miller, Gabriel Basso, Zach Mills, Ryan Lee…
Musique: Michael Giacchino
Sortie: 3 Août 2011

Synopsis:
Dans un petit village du cœur des Etats-Unis de la fin des années 70, Joe et ses amis tournent un film de zombie avec les moyens du bord durant leurs vacances scolaires. Un soir tout va changer pour eux, lorsqu’un accident de train survient à côté de leur lieu de tournage.
Critique:
Dans un été où les block busters de super héros fades et sans originalités se bataillent la tête d’affiche avec des suites et des remakes qui n’ont pas plus à offrir, Super 8 apparaît très clairement comme une respiration, comme quelque chose de différent, en dehors des modes, à défaut d’être réellement nouveau. J.J. Abrams est un artisan de la pop culture et n’a jamais voulu révolutionner quoi que ce soit, que ce soit au cinéma (avec sa suite de Mission Impossible et son incroyable reboot/suite de Star Trek) ou à la télé (Alias, Lost et Frindge recyclant volontairement et ouvertement tout ce qui se faisait de bon dans les années 70/80), le bonhomme a toujours vu son œuvre comme une possibilité de partager avec le grand public ce qu’il aimait au cinéma et à la télévision. En ce sens, Super 8 se pose comme son chef d’œuvre car, avec un scenario entièrement original (et de sa main), le réalisateur nous offre son hommage le plus évident au cinéma de genre des année 70/80. Piochant autant de les films catastrophes, d’aventures, de monstres que dans les films plus intimistes, Super 8 se déguste comme un plat nostalgique certes un peu trop épicé (on aurait aimé un budget un peu plus réduit, un grain plus marqué, une caméra moins volage) mais toujours de bon goût. Usant une structure narrative fluide et impeccable et d’un rythme laissant la place à la respiration comme à l’action, le réalisateur a visiblement cherché à retranscrire ce qui faisait le charme des films de l’époque et la réponse, bien qu’évidente, transpire à chaque seconde du film : des personnages humains, forts et abîmés à la fois. Car oui, si on a en effet ici à faire à un film de monstres (est-ce un spoiler que de dire cela?), la bestiole n’est qu’une métaphore de ce qui se passe dans la vie de chaque personnage, l’éléphant que personne ne veut voir, exactement comme dans les Rencontre du troisième type et E.T. de Steven Spielberg (ici relégué au poste de producteur très présent) qui, sous couvert du cinéma fantastique, traitaient de la middle-class américaine, paumée au milieu d’un pays et d’une guerre qui les dépassaient. Tout ceci se retrouve ici, avec des personnages bien écrits, humains et sensibles qui ont autant des faiblesses qu’ils ont de l’humour, permettant de constamment éviter le piège du mélodrame.
Super 8

Cela devrait sembler évident, mais c’est pourtant ce qu’il manque à la plupart des productions actuelles et qui fait ici la force du film : des personnages équilibrés et humains, qui réagissent de manières réalistes à des situations extraordinaires, nous laissant ainsi l’opportunité de vivre ces évènements par leurs yeux, de ressentir leurs émotions. Plus grande réussite du film, cette galerie de personnages n’est pas sans rappeler des glorieuses productions Spielberg de l’époque comme Les Goonies de Richard Donner ou les Grémlins de Joe Dante, mais aussi le cinéma de John Carpenter et de George Romero (avec d’ailleurs des hommages très directs à ces deux maîtres de l’angoisse) et nous entraine dans cette histoire avec le même enthousiasme. Déguisé derrière une histoire fantastique il est vraie cousue de fils blancs (les amateurs de SF et de films de monstres risquent d’être déçus) se trouve donc une belle plongée dans l’adolescence, à la manière d’un Stand By Me, laissant la part belle aux acteurs, à commencer par le groupe de gamins qui démontrent tous un grand naturel face à la caméra, si bien qu’on se laisse avoir par leurs histoires et qu’on finit par rentrer complètement dans leur groupe. Et si Elle Fanning démontre en effet une intensité de jeu assez hallucinante, le groupe de 4 garçons est au moins aussi impressionnant, notamment par leur habilité à développer des personnalités complexes, identifiables et attachantes, n’étant pas sans rappeler les mômes de Freaks and Geeks de Apatow. Les adultes, quoi que plus caricaturaux, s’en sortent aussi très bien, avec des têtes d’affiches originales, en particulier Kyle Chandler qui campe en toute sobriété ce père de famille perdu entre le deuil de sa femme et la charge soudaine de son fils unique. L’ensemble est fluide, d’excellente facture et suffisamment léger pour se démarquer encore une fois des productions actuelles.

Super 8

Bien-sur on est loin d’être au sommet du divertissement, la réalisation est souvent un peu poussive, certaines scènes son un peu trop volontairement spectaculaire pour trouver leur place dans ce qui se veut une fresque réaliste (en particulier le crash du train et ces quelques scènes de fin qui semblent tout droit tirées de la guerre des Mondes de Steven Spielberg), certains personnages sont trop caricaturaux (la plupart des militaires, mais aussi quelques personnages d’abord juste là pour quelques effets comiques qui viennent s’intercaler maladroitement par la suite dans l’histoire, comme par volonté déplacée de diversifier les personnages à l’écran) et la conclusion du film est extrêmement cliché, mais l’ensemble est suffisamment bien fait pour que la sauce prenne que l’ensemble de ces défauts fassent partie du charme réel du film. Car oui, ce film possède un vrai charme, ne serait-ce que par la part qu’il laisse à l’humanité et à la sensibilité dans son histoire. Deuxième hommage cette année au cinéma fantastique des année 80 après le très très drôle Paul de Greg Mottola, Super 8 en possède les mêmes qualités : un énorme respect de la pop culture dont il est issu, une volonté de ne pas dépasser ses modèles et un accent mis sur le développement des personnages plutôt que sur les effets spéciaux ou l’action. En somme ces deux films appellent à un retour d’un cinéma plus simple et plus humains. Après deux décennies où sauver le monde semblait être la seule préoccupation du cinéma, ces films semblent clamer qu’il faudrait d’abord penser à se sauver soi-même.
Au final, à défaut d’être le chef d’œuvre de science fiction que certains attendaient, Super 8 se contente d’être un divertissement de haute gamme autant qu’il est un hommage au cinéma des années 70/80 et à l’amour du cinéma en général.

Les plus:
Un casting frais et efficace
Une BO hommage à John Williams parfaitement maîtrisée par Michael Giacchino
Une histoire et des personnages forts et attachants
Les moins:
Un monstre trop peu présent
Une fin pas réellement à la hauteur du film


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