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Billets d'humeurs cinéphagiques

Source Corde: La Critique

Source Code Film de genre sensible et sobre, Source Code est la confirmation du talent de Ducan Jones après le merveilleux Moon.
Source Code Note:2/4
Réalisation:Ducan Jones
Scenario: Ben Ripley
Casting: Jack Gyllenhaal, Vera Farmiga, Michell Monaghan, Jeffrey Wright…
Musique: Chris Bacon
Sortie: 20 Avril 2011
Synopsis:
Colter Stevens, pilote de l’armée américaine, se réveil le corps d’un inconnu, dans un train qui explose après 8 minutes de trajet, suite à quoi il revient 8 minutes en arrière dans le corps de ce même inconnu. Sa mission: trouver le responsable de cette explosion et la bombe en question.
Critique:
Dès les première minutes, Source Code demande au spectateur un acte de foi : sans explication plausible ni grande théorie, le film demande au spectateur d’accepter le concept global du film basé sur plusieurs axiomes comme la possibilité de récupérer les souvenirs d’une personnes récemment décédées. Cet demande d’acte de foi, loin d’être un faiblesse du film, lui permet justement, dés le départ, de se distinguer des productions actuelles qui reposent bien trop souvent sur des explications de concepts plus que sur des histoires. Ici, c’est tout le contraire, l’histoire et les personnages sont au centre de tout, le concept fantastique étant juste un prétexte pour développer ces derniers dans un univers propices à leur exposition. Rejoignant ainsi une certaine tradition du film de science fiction aux concepts obscures et jamais expliqués, tels que Cube de Vincenzo Natali ou Un Jour Sans Fin de Harold Ramis (avec lequel il partage énormément de point commun), Source Code ne se limite pas à cela non plus. Réflexion sur le rôle du soldat et sur la limite que représente la mort physique autant que sur la notion de voyage dans le temps et d’univers parallèles, ce qui surprend le plus est la capacité du film à traiter avec une monstrueuse simplicité de tout ces sujets, évitant soigneusement de tomber dans le pamphlet moralisateur. Il est d’ailleurs difficile de parler de ce film sans révéler trop de son intrigue ou de ses développements, tous très naturellement amenés, avec une simplicité et une humilité qui est toute proche de celle qu’on retrouvait dans The Machinist de Brad Anderson, film qui, de la même manière, part d’une intrigue très large à la limite de la conspiration pour se conclure sur l’humain et ses faiblesses. A ce titre, il est important de souligner que Jack Gyllenhaal qui est de tous les plans, délivre une performance impeccable et propre, retrouvant une version postérieure de son personnage de Jarhead.
Source Code
Mais ce film n’est pas une surprise, et, aussi bon soit-il, on regrette presque qu’il soit vêtu d’une telle pudeur et d’une telle humilité, tant le talent de Ducan Jones transpire à chaque plan et ne demande qu’à exploser. Exercice de style maitrisé de bout en bout parvenant à ne jamais inspirer l’ennui ou la sensation de déjà vu alors que le film se concentre sur la constante répétition des 8 dernières minutes de la vie des passagers d’un train, Source Code ne procure cependant pas la même exaltation cinématographique qu’avait procuré le précédent film du réalisateur, Moon, chef d’œuvre de science fiction, qui partage avec Source Code son apparente simplicité et son humanité mais qui parvient, avec des outils plus restreint encore, à créer quelque chose de réellement nouveau et unique dans le paysage cinématographique. C’est Probablement le seul réel défaut de Source Code: son incapacité à ne pas, sans cesse, rappeler d’autres – très bons – films. On pense notamment à L’armée des 12 singes de Terry Gilliam, Un jour sans fin de Harlod Ramis, Retour Vers le Futur de Robert Zemeckis ou encore Strange Days de Kathryn Bigelow, sans jamais pour autant ressentir un manque d’originalité ou d’idée. Le film, au contraire parvient à développer sa personnalité et son intérêt propres, mais il essaie peut-être un peu trop d’intégrer une grande famille de films de science fiction plutôt que de se contenter d’être lui-même.
Source Code
D’un point de vue purement technique, le film est aussi un belle réussite, d’une élégance et d’une fluidité qu’on croise peu souvent au cinéma, à ceci près qu’on regrette l’absence de Clint Mansell à la musique qui avait fait de la magie sonore sur Moon. Côté casting, en plus des épaules de Jack Gyllenhaal qui portent avec talent tout le film, on a le plaisir de retrouver la trop rare Michelle Monaghan qui interprète avec une grande justesse ce personnage qui semble tout droit sorti d’une tragédie grec, Vera Farmiga confirme son talent en balançant avec subtilité entre sensibilité féminine et froideur militaire sans jamais caricaturer les deux tableaux. Et si on regrette un peu les 10 dernières minutes du film qui mettent un peu les pieds dans le plats et lèvent le voile sur des aspects du films qui auraient gagnés à rester cachés (ça sent à plein nez la fin imposé par les producteurs), le film reste d’une grande cohérence et est réellement divertissant.
Jonglant habilement avec des concepts fantastiques, métaphysiques et philosophiques, Source Code, sans être une surprise, est une œuvre aussi rafraichissante qu’elle est intelligente. Malheureusement trop humble pour prétendre pouvoir révolutionner le genre, elle vient confirmer ce que l’on savait déjà : Ducan Jones est un grand réalisateur de Science Fiction qui garde encore son chef d’œuvre dans la manche. Un casting impeccable, un rythme maîtrisé et un scenario juste et intelligent font de ce film un incontournable de l’année.

Les plus:
Jack Gyllenhaal
qui revient avec talent à la science fiction qui l’avait révélé dans Donnie Darko
Vera Farmiga et Michelle Monaghan qui sont loin d’être des potiches
Un scenario est une réalisation splendides, en dehors des modes et des clichés
Les moins:
10 minutes de conclusion inutiles qui désenchantent le film


posted by valmens in Les Critiques and have Comments (2)

2 Responses to “Source Corde: La Critique”

  1. Cinéman dit :

    Merci pour cette excellente critique, bien construite et très argumentée ! Si cela vous intéresse, vous pouvez lire mon point de vue ici :
    http://entre-deux-films.over-blog.com/article-source-code-72666392.html
    et mon explication de la fin du film ici :
    http://entre-deux-films.over-blog.com/article-source-code-decrypte-explication-de-la-fin-du-film-72666917.html
    A bientôt sur le net !
    Cinéman

  2. Patato dit :

    erf elle déchire ta critique .. ^^ et c est vrai que Ducan Jones est un grand real et comme toi je pense qu il garde son chef d oeuvre dans la manche … (la manche … c est pas ce qui sépare la France de l’Angleterre ..ha ha mon humour sera tjrs un defaut …)

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