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Shame : la critique

Shame Circulez, rien à voir. Shame veut nous montrer la descente autodestructrice que représente l’addiction sexuelle mais se perd dans son absence de consistance et son intellectualisme de bas étage .
Shame" Note:1/4

Titre original: Shame
Réalisation: Steve McQueen
Scenario: Abi Morgan, Steve McQueen
Casting: Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale, Nicole Beharie…
Musique: Harry Escott
Sortie: 7 Décembre 2011

Vu le mercredi 15 décembre 2011 au Gaumont Opéra Premier

Synopsis:Brandon, un cadre New Yorkais célibataire, balade son malêtre partout où il va et comble le vide de son existence par des pulsions sexuelles incontrôlées qui le consume peu à peu. Quand sa sœur revient, toute ses plaies sont à nouveau mises à vif.
Critique:
Steve McQueen aborde le sujet cotonneux (et au combien populaire) de l’addiction sexuelle sous la lunette du cinéma intellectuel contemplatif américain. Cela aurait put être intéressant et touchant, d’autant plus que sur le papier, tout était excitant au possible, avec en tête d’affiches les deux stars montante du moment (Michael Fassbender qui enchaine les gros rôle avec Hunger, Inglorious Basterds et X-Men le commencement, et Carey Mulligan qui nous a émerveillé cette année dans Drive après sa révélation dans Une éducation), un réalisateur en vogue et un traitement original du sujet qui souhaitait établir l’addiction sexuelle comme une addiction aussi dévorante et destructive qu’une drogue dur. Mais voilà, le passage à l’image est complètement raté et littéralement écrasé par la prétention globale qui se dégage de l’œuvre. La réalisation est soignée mais se perd dans le cliché du contemplatif et se contente de nous délivrer un enchainement de plans séquences de plus en plus longs et de plus en plus creux, une direction d’acteur est certes efficace mais les dialogue creux et les scènes vides de sens rendent vains tous ces efforts. Le film est complètement dépourvu de rythme et, même si cela est volontaire, on a plus l’impression que c’est plus « pour faire arty » que dans un but narratif ou artistique. Le film se veut cru et anti sexy (et c’est plutôt réussi de ce point de vu) mais il ne parvient jamais à transmettre une émotion au spectateur. On s’ennuie ferme du début à la fin en assistant à ce qui ressemble à des ronds de jambes cinématographiques.

Shame

Côté scénario, c’est le néant (et il est même étrange de voir que qui que ce soit soit crédité pour cela), les personnages sont inconsistants et flous, les dialogues sont creux et ennuyant et les situations s’enchainent sans raison (il aurait été facile et drôle de dire que l’ensemble n’a ni queue ni tête, mais la vanne facile n’est pas l’apanage de MovieSlayer). Bref, le film semble avoir été fait comme une chute libre, sans préparation ni intention d’être cohérent. Le somment est cependant atteint dans la scène qui devrait, à posteriori, être reconnue comme la scène la plus ridiculement ennuyeuse de l’histoire du cinéma et qui se contente de nous malmener la chanson New York New York, dans une version au ralenti d’à peu près 7 minutes durant laquelle s’alternent deux plans séquences sur les faciès tristounets acteurs principaux : ça se veut beau et profond, c’est juste vide et prétentieux. Côté acteurs, les deux têtes d’affiches sont vraiment excellents, mais ils pédalent dans la semoule, l’entreprise étant tellement irrattrapable que leurs efforts disparaissent immédiatement dans l’oubli. Il est d’ailleurs navrant de voir deux artistes s’investir à ce point (mentalement et physiquement, les deux donnant de leur personne durant le film) pour un résultat aussi pompeux.

Shame

Difficile de s’étendre plus sur ce film, qui remporte assez hypocritement le soutien de la presse qui semble juger un film bon proportionnellement à l’ennui qu’il dégage. Celui-ci a donc la palme de l’ennui. Mais ne vous laissez pas avoir par l’emballage, ce film qui veut nous faire croire qu’il a réussi à capter toute la profondeur et le malêtre qui est lié à cette maladie ne fait qu’être violemment tape à l’œil et démagogique sur un thème qui mérite pourtant une approche cinématographique plus sensible et léger, comme cela avait été fait par Clark Gregg dans Choke adapté du merveilleux roman éponyme de Chuck Palahnuik, où cette addiction était certes vue comme destructrice et douloureuse mais aussi comme un paradis artificiel dans lequel le héros trouve logiquement refuge, chose que Shame omet complètement, sous-entendant qu’il s’agit plus de masochisme qu’autre chose.
Un film énervant de prétentieux et de provocation gratuite que n’est ni plus ni moins qu’un porno chic et chiant.
Les plus:
Les prestations de Michael Fassbender et Carey Mulligan
Les moins:
La réalisation faussement arty et vraiment chiante
Le scénario sévèrement vide
L’asbence totale d’intérêt de l’histoire


posted by valmens in Les Critiques and have Comment (1)

One Response to “Shame : la critique”

  1. Excellente critique, comme d’habitude! Merci d’avoir souligné la performance des acteurs, qui font tout pour sauver les meubles…

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