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Rogue One, A Star Wars Story : la critique

Rogue One Rogue One n’est pas le désastre qu’on pouvait craindre, mais il ne parvient jamais à donner corps à son histoire.
Rogue One Note:1,5/4
Titre original: Rogue One : a Star Wars story
Réalisation: Gareth Edwards
Scenario: Chris Weitz, Tony Gilroy
Casting: Felicity Jones, Diego de la Luna, Donnie Yen, Wen Jiang, Madds Mikkelsen, Forest Whitaker…
Sortie: 14 octobre 2016
Musique: Alexandre Desplat
Vu le 18 octobre 2016 à 16h25 à l’UGC Ciné Cité Confluence

Synopsis:
Alors que l’empire est en train de finir la contruction d’une arme secrète et terriblement destructrice, l’étoile noire, un espoir naît au sein de la rébellion : un message envoyé par l’architecte de l’étoile noire qui indique qu’une faiblesse architecturale a volontairement été mise en place par ses soins pour permettre à la rébellion de reverser l’empire. C’est à la fille de cet architecte que revient la lourde tâche de convaincre la rébellion de la véracité de ce message et de mettre la main sur les plans de l’étoile noire.
Critique :
Rogue One est le premier film d’une longue lignée d’histoire située dans le SWCEU (comprendre Star Wars Cinematic Extended Universe), la nouvelle vache à lait de Disney. A la différence de Star Wars Episode VII donc, il ne s’agit pas d’un nouveau chapitre de la saga, mais d’un « stand alone » située dans l’univers de Star Wars, chronologiquement juste avant le commencement de l’Episode IV. Alors oui, bien évidemment, il s’agit là d’un exemple évident d’exploitation de licence, Disney ayant pour objectif de nous délivrer un nouveau film situé dans cet univers tous les ans. Si on a le droit d’être écœuré par l’aspect purement mercantile de la chose, il ne faut pas oublier que l’univers de Star Wars est riche et vaste, donc l’idée d’avoir des histoires qui ne tournent pas uniquement autour de la famille Skywalker est plutôt bienvenue. En tant qu’ambassadeur de cette nouvelle étape dans la franchise Star Wars, Rogue One n’est malheureusement pas une réussite totale qui nous permettrait de nous réjouir des films à venir. Si le film a de nombreuses grandes qualité, notamment un univers visuel très léché et une histoire qui, à la différence de la prélogique Star Wars, éclaircie un aspect de l’histoire qui nécessitait de l’être, le film souffre malheureusement de gros problèmes au niveau du développement des personnages et de la gestion de son rythme (globalement, comme tout le monde le dit, les deux premiers tiers sont ennuyeux à mourir). On est face à un film fonction, qui permet à la fois de lancer l’univers étendu de Star Wars au cinéma tout en expliquant un détail du scénario de la trilogie originale. En tant que tel, le film est réussi et la transition avec l’épisode 4 est parfaite, mais c’est tout. Les personnages principaux manquent profondément d’intérêt et de charisme, les dialogues sont une froideur incroyable et l’ensemble est totalement dénué d’humour ou d’humanité (le personnage le plus humain du film est un robot). Bref, c’est froid et peu impliquant. Pire, en tant que « Stand Alone« , il est difficile d’imaginer qu’un public non familier avec l’univers de Star Wars et plus précisément avec la trilogie originale, ne puisse trouver un quelconque intérêt au film (écueil qu’avait réussi à éviter The Force Awakens en étant un Soft Reboot de l’épisode IV). Bref c’est pas joyeux, mais en même temps, c’est Gareth Edwards nous avais servi à peu près la même chose avec son Godzzila. Le film atteint est un paradoxe : il s’affirme comme une oeuvre à part entière inscrite dans l’univers de Star Wars sans faire pour autant parti de la saga mais son seul intérêt en tant que film est d’éclaircir un détail du scénario de la trilogie originale. Aucun personnage, aucune réplique ni aucune situation ne font mouche. Si le dernier tiers du film est agréable à regarder, il n’a rien de mémorable pour autant et on regrette profondément que le réalisateur ai préféré faire un parallèle avec le Vietnam plutôt qu’avec le terrorise, ce qui aurait été beaucoup plus fort. Si le ton sérieux du film essaie sans cesse de nous faire croire qu’il s’agit d’une oeuvre valable, tout s’écroule dès qu’on gratte un peu.

odyssee

Sur le papier, le film aurait pu être intéressant. L’histoire s’attache à un événement important et fondateur dans la mythologie de la saga, apporte un éclaircissement nécessaire sur ce qu’était la rébellion et les bases de l’épisode IV. Mais le personnage qui potent cette histoire sont d’un inintérêt total. Voulant situer l’histoire sur un court laps de temps, le film prive ses personnages principaux de caractère, de développement ou d’arc d’évolution. Tout est linéaire et téléphoné, si bien que le film qui raconte à la base l’histoire d’un petit groupe d’homme et d’une femme (parce que dans l’univers de Star Wars, on a jamais plus d’une femme à la fois, sinon le public perdrait la tête) qui se rebellent n’a au final rien d’une aventure humaine. Au lieu de compliquer le scénario en ajoutant des conflits inutiles et des personnages caricaturaux, le scénario aurait mieux fait de s’attarder sur les membres de l’équipage et leurs relations (comme dans Serenity par exemple). A l’écran, ça se gatte, car, en plus des défauts du scénario, les deux acteurs principaux mènent le film avec une absence totale de charisme. Felicity Jones est fade et manque totalement de crédibilité, impossible de l’imaginer en combattante acharnée, c’est une réelle erreur de casting d’autant plus qu’au delà de son physique qui ne correspond pas du tout au personnage, son jeu est tout aussi distant est timide, tant et si bien qu’on a du mal à comprendre comment elle a pu convaincre qui que ce soit de la suivre. Si le rôle n’est pas évident en remplir, on aurait largement préféré une actrice de la trempe de Tatiana Maslany, qui avait un temps été considérée. Il en va de même pour Diego de la Luna qui est bien trop effacé pour être le combattant de la rébellion charismatique et iconoclaste qui nous est présenté dans le film. Si certain rôles secondaires parviennent à s’en tirer avec honneur, comme le duo formé par Donnie Yen et Wen Jiang, d’autres se cassent complètement la gueule comme Forest Whitaker qui surjour tellement que son personnage en devient accidentellement comique (détrônant même au passage Nicolas Cage dans la compétition du surjeu). Et difficile de ne pas être déstabilisé ou même choqué parce cette reconstitution virtuelle de Peter Cushing, qui est beaucoup trop longtemp à l’écran pour n’être qu’un simple hommage. Et si l’on est content de voir Michael Giacchino à la composition de la BO (et je reste persuadé qu’il aurait dû composer la partition de The Force Awakens), on sent encore beaucoup trop l’influence du score de John Williams. Pour réellement se démarquer, ce film aurait du avoir une BO avec un son totalement différent, de brut et direct, pour accompagné le propos du film. Dans l’état des chose, il y a un gros décalage entre la BO et ce qu’on voit à l’écran.

Rogue One

Sans être un échec ou même un mauvais film, proposant même un ton qui lui est propre et un univers visuel qui fait rêver, ce Rogue One est cependant parfaitement oubliable, et c’est là son principal défaut. En choisissant d’être extrêmement factuel et de faire primer l’histoire sur les personnages, le film ne laisse aucun souvenir durable et se contente de remplir son unique mission : nous faire attendre pendant un an, pour le vrai nouveau Star Wars. Le film st un divertissement honnête et premier degré qui aurait gagné à être un peu plus léger et un peu moins déséquilibré dans son rythme.

Rogue One est un film qui n’a pas grand chose à offrir au delà du vernis de la nostalgie. C’est dommage car l’histoire méritait d’être mieux racontée.

Les plus:
De très beau décor
Une histoire qui tient la route
Les moins:
Le manque d’humanité des personnages
Le rythme très déséquilibré


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