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Prometheus : la critique

Prometheus Ridley Scott revient vers la saga qui l’a fait connaître et parvient à nous faire croire que la réussite du premier était probablement accidentelle tant ce Prométheus est raté. Jolie tour de force.
Prometheus Note:1,5/4

Titre original: Prometheus
Réalisation: Ridley Scott
Scenario: Jon Spaihts, Damon Lindelof
Casting: Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Logan Marshall-Green, Guy Pearce…
Musique: Marc Streitenfeld
Sortie: 30 Mai 2012
Vu le 30 Mai 2012 à 19h45 à l’UGC Ciné Cité les Halles

Synopsis: Elizabeth Shaw, une biologiste/archéologue(j’avoue ne pas très bien avoir compris sa profession, disons une scientifique) trouve dans des œuvres préhistorique ce qu’elle croit être une carte vers la planète de nos créateur. Du coup, elle est embarqué dans une mission qui coût mille milliard de dollars (prix exacte et pas du tout ridiculement rond) pour aller sur cette planète et leur taper la causette.
Critique:
Prometheus déçoit plus qu’il n’est réellement mauvais. Pour être tout à fait franc, ce film a de nombreuses qualités qu’on retrouve très rarement dans un film de ce calibre (à savoir un gros block buster de l’été). Par honnêteté, je vais donc commencer par ces aspects. La première chose qui ravit à la vision du nouveau Ridley Scott est le soin apporté à l’esthétique global du film. L’univers est beau, complexe et sent le vrai. Si en effet il y a débauche d’effets spéciaux, c’est en général (même toujours) très bien fait. On retrouve l’univers des 4 Aliens, et même parfois des inspirations de Moebius. Ridley Scott a visiblement aimé retourner à la SF pour la liberté créatrice que lui apporte cet univers, et chaque plan respire cela : des décors aux gadgets, le vaisseaux et la grotte (2 seuls décors du film) sont tellement minutieusement construits qu’on en vient à se demander si, frustré par la scénario, le réalisateur n’a pas concentré l’intégralité de son énergie là dessus, si bien que souvent, il en fait trop (en particulier niveau gadget, cette représentation du futur tourne parfois au ridicule). On apprécie également la volonté du réalisateur de ne pas sombrer dans la Michael Bay-isation de son cinéma, en nous livrant un film entièrement composé de plans de plus de 2 secondes (il faut parfois se contenter de petites victoires). A la fois assez fidèle à l’esthétique des précédents et moderne dans son style (le film nous sert même un peu de found footage efficace), Prometheus est calibrer comme un divertissement élégant et mature, un prequel de Alien qui veut rappeler la saga culte tout en invitant les novices et les connaisseurs dans une expérience nouvelle. Malheureusement, le film se contente de l’apparence. Pour tout le reste, il faudra sérieusement revoir la copie.
Prometheus

Principal défaut de ce film, le scénario signé par un des auteurs de Lost et un jeune premier ressemble justement aux plus mauvais aspects de cette série (à la différence de la cabane dans le bois qui en récupérait tous les bons aspects) : histories éparpillées, mélange maladroit et non maîtrisé de science et de religion, abandon de certaines pistes en cours de route, personnages mal construits… bref ça ne vole pas haut). Là où les Alien étaient avant tout des aventures humaines (les rapports sociaux entre les personnages étaient plus intéressants et parfois plus terrifiant que la bête elle même), Prometheus se concentre sur le grand spectacle. Résultat, on ne s’attache à aucun personnage et leur sort nous importe très peu, ce qui retire au passage toute dimension horrifique au film (amateurs de frissons, passez votre chemin). De plus, le film cumule les incohérences au point qu’on se demande s’ils sont parti avec un scénario fini ou s’il a été écrit en cours de route. Je ne m’attarderai pas plus sur ce derniers points, mais le film a tellement de mal à lier les scènes entre elles et à créer une intrigue global qu’on finit par avoir l’impression d’assister à un entassement de scène volées ça et là (on reconnaît bien sur du Alien, mais aussi du Moon, du Sunshine, du Martyrs, du Abysse, du Mission to Mars, du Sphère… allez-y, servez-vous, il y en aura pour tout le monde) pour s’achever sur ce qui ressemble à la fin d’un pilote de série télé (pitié n’en faites pas une série télé…). Côté « fond » les guillemets sont rigueur parce qu’on a à faire ici à de la science fiction de bas étage qui enfonce des portes ouvertes et tente de trouver un sens profond à une saga qui n’en avait pas besoin. Le film s’emmêle les pinceaux et nous livre des explications qui n’en sont pas, des considération aberrantes et injustifiées et un mélange entre religion et science qui n’aboutit à rien. Côté acteurs, le casting est prestigieux, mais rien de très impressionnant en ressort, si ce n’est la prestation impeccable de Michael Fassbender en androïd mettant en abîme la mission (il assiste ses créateurs dans la recherche de leurs propres créateurs), bien qu’il serve trop souvent de facilitateurs d’intrigues en déloquant comme par magie tous les nœuds narratifs du film tout en causant artificiellement des conflits. Dans le rôle principal, Noomi Rapace n’a pas grand chose à proposer tant son personnage est mal écrit et dénué de profondeur et de personnalité (une chose est sûre, elle n’est ni Ripley ni Sigourney Weaver).

Prometheus

Mais tout cela est presque excusable. Ce film n’est pas vraiment une œuvre de SF, c’est un divertissement grand public en costard qui vogue sur le genre de la SF plus qu’il ne l’embrasse (d’ailleurs en parlant de divertissement grand public, il est intéressant de voir qu’il est plus grave de dire « fuck » – censuré pendant le film – que de montrer une femme se faire éventrer), et il remplit plus ou moins son agenda avec ses monstres, ses fausses pistes et son suspens artificiel. Là où ce film échoue le plus, c’est dans son intégration à la saga Alien. Non pas qu’il soit totalement incohérent avec celle-ci (quoi que…), mais dans son incompréhension de ce qui faisait le charme de cette série est parfois sidérant. Alien, comme précisé plus tôt, est une saga avant tout humaine où les rapports sociaux sont chamboulés par un élément inattendu. L’horreur provient de la capacité et l’incapacité de chacun à gérer cette situation. Le charme de la saga provient de son aptitude à créer des individus réels et palpables qui offrent au public la possibilité de croire en eux et même de s’y identifier. Ici, c’est tout le contraire. Le groupe social n’existe pas, puisque les personnage n’ont aucune interaction (et n’en veulent pas), les dialogues sonnent faux, les ressort relationnels qui apparaissent sont artificiels, l’incursion de l’horreur n’est pas accidentelle, elle est volontairement provoquée et donc perd tout sa vigueur. Bref, ce film échoue dans sa mission de base et laisse tout le monde sur sa fin.
Prometheus a beau avoir mis les petits plats dans les grands, il ne parvient ni à faire revivre le charme de la saga Alien ni à proposer un film de SF original et intéressant. Reste donc une divertissement élégant au scénario cliché et mal ficelé.
Les plus:
Les décors et les effets spéciaux sidérants
Les 10 premières minutes en compagnie de Michael Fassbender
Les moins:
Le scénario (bancal, incohérent…)
Les personnage très mal écrits
La volonté de vouloir donner un sens philosophique à tout cela sans y parvenir


posted by valmens in Les Critiques and have Comments (3)

3 Responses to “Prometheus : la critique”

  1. Patate_light dit :

    beaucoup de bruit pour rien comme dirait un certain William .. de toutes façon la loi est dictée par les prods et les firmes maintenant .. ils ont le pouvoir … meme sur des reals comme Ridley scott .. ça fait peur …

  2. patato dit :

    tu donnes 2 à ce film. je viens de le mater et je lui donne meme pas 1 .. non mais ata c est Ridley Scott qui réalise ce truc ?? c est une blague !! si je comprends bien, l ‘arme pour detruire les humains, c est un POULPE!! bravo … et une mission qui ce tape 2 ans de voyage et qui comme arme des pistolets … meme pas un petit canon sur le vaisseu pour le cas ou … et c est vrai qu un geologue du futur bardé de technologies qui se perd …. bravo .. non mais bravo … franchement je m ‘attendais à un film normal pas un gros nanar à 2 euros … he ben

  3. Renat0 dit :

    Je m’en suis douté rien qu’en voyant la bande annonce… merci d’être allé le voir pour confirmer ;o)

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