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Millenium : la critique

Millenium A l’image de son générique, Fincher explore joyeusement la noirceur de ce récit, retranscrivant le tout avec une précision sidérante et une élégance graphique qui  étonne par sa sobriété.
Millenium Note:3/4

Titre original: The Girl With The Dragon Tattoo
Réalisation: David Fincher
Scenario: Steven Zaillian
Casting: Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer, Stellan Skarsgård, Robin Wright…
Musique: Trent Reznor, Atticus Ross
Sortie: 18 Janvier 2012
Vu le 22 Janvier 2012 à 16h30 au Gaumont Opéra Capucine

Synopsis: Henrik Vanger, un grand industriel suédois vieillissant, issu d’une famille dévorée par la haine, l’alcool, un sombre passé et divers secrets, est depuis 40 ans traumatisé par la disparition de sa nièce Harriet, disparue et tuée sans laisser de preuves si ce n’est l’envoi chaque année par le tueur d’une fleur encadrée. Il engage Mikael Blomkvist pour élucider ce mystère, un journaliste talentueux qui a mis en péril sa carrière, qui très vite s’associera avec Lisbeth Salander, une jeune femme extrèmement intelligente au passé trouble et à l’attitude troublante à la limite de la sociopathie.
Critique:
Sorti à peine un an après son précédent (et superbe) The Social Network, cette nouvelle adaptation du roman de Stieg Larson par David Fincher surprend par sa précision et sa sophistication, tant le délais de production était étonnamment court pour ce réalisateur. Maniaque du détail, Fincher applique à ce film la méticulosité et la précision de ses personnages. La mise en image, qui débute par un époustouflant générique de début mis en musique par Trent Reznor et Karen O. qui reprennent Immigrant Song, peut résumé le film, tout en étant, assez curieusement son exact opposé d’un point de vu rythmique : ce film est un étude de la noirceur humaine. Pour le reste du métrage, Fincher restreint ses ardeurs et s’astreint à construire un polar lent (parfois très lent d’ailleurs), soigné et implaccable, dans lequel on ressent à chaque fois l’expérience d’un réalisateur qui a déjà étudier le genre à plusieurs reprise (Seven, Zodiac) et qui livre ici un synthèse de ses expériences. L’aspect le plus agréable de cette mise en image reste la précise retranscription de la Suède qui passe par le jeu des acteurs qui abordent tous un chramant accent nordique marqué et réaliste, les décors et les sonorités authentique et un rythme qui tranche violemment avec les standards américains. Même la photographie, plus crue et sobre qu’à l’habitude du réalisateur semble être un rappel du cinéma nordique (le cinéma de Tomas Alfredson). Bref, un fois de plus, même dans un délais extrèmement réduit, Fincher nous fait un film maniaquement complet, parfois trop, au point qu’on finisse par penser que le réalisateur n’a rien laissé de côté, a décidé de ne pas faire de choix et nous livre sa vision brute et sans filtre de l’œuvre de Larson. Si on regrette un peu un premier tier de film un peu trop mou (le film ne prend son rythme de croisière qu’à partir de moment où Lisabeth rejoint la trame principale de l’histoire) on apprécie l’absence de « divertissement à tout prix » de cette adaptation et la violence directe et sans filtre de certaines scènes.

Millenium

Côté casting, Fincher s’entoure d’une fameuse ribambelle de grands acteurs et nous propose un vrais films d’acteurs, dominé par la performance froide et dure de Rooney Mara qui parvient à donner à son apparente absence d’émotion un incroyable dégradé de significations, de la haine à la passion en passant par le sarcasme (forme d’humour régulièrement utilisé dans le film). Daniel Craig confirme une fois de plus qu’il a les épaules pour porter à peu près n’importe quel type de film, abandonnant ici tout son bagage de héros d’action pour se concentrer sur l’aspect cérébral de son personnages. Quant aux seconds rôles, c’est festival, puisqu’on trouve à peu près tout ce qui se fait de bon au cinéma américain, à commencer par Christopher Plummer, charmeur et fragile, Stellan Skarsgård toujours impeccable ou Robin Wright qui marque le film de sa présence malgré ses rares apparitions. Le coup de génie du film est de se concentrer sur la création d’un univers plutôt que sur l’histoire, déjà connue et adaptée. Du coup, les acteurs en font de même et construisent leurs personnages non pas par un unique aspect mais par tous les aspects : physique, accent, gestuelle, tiques, rythme de parole… Ils sont des pions au service de la maniaquerie de Fincher qui peut, grâce à leur talent, se laisser aller dans ce qu’il préfère : la création d’une ambiance tendue et palpable via des éléments à peine définissables tant ils sont naturellement inclus dans l’œuvre.

Millenium

Enfin, dernier élément crucial de la réussite globale de ce film, le travail musical de Trent Reznor et Atticus Ross, qui composent pour la deuxième fois de suite pour le réalisateur, et qui s’écarte ici de leurs explorations électroniques pour nous plonger dans l’univers ambigus et sombre de cette histoire via un habile mélange à peine descriptibles de multiples techniques musicales parvenant parfaitement à créer le malaise nécessaire à la réussite de l’œuvre, parfois même au point que la musique est le seul lien direct entre le spectateur et le film, agissant parfois presque comme un guide émotionnel.
Millenium n’est pas un chef d’œuvre intemporel, mais c’est un somptueux polar qui fait figure de démonstration de talent de la part d’un réalisateur qui connait ce genre comme personne.
Les plus:
La musique merveilleuse de Trent Reznor et Atticus Ross
La précision global appaortée à chaque éléments qui compose ce film
La performance de Rooney Mara
Les moins:
Les quelques longueurs du premier acte du film


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