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Malveillance : La Critique

Malveillance Malveillance est un thriller inversé méticuleux et délicieusement malsain mené de main de maître par Jaume Balagueró qui nous fait partager le point de vu d’un sociopathe.
Malveillance Note:3/4

Titre original: Mientra Duermes
Réalisation: Jaume Balagueró
Scenario: Alberto Marini
Casting: Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan, Iris Almeida, …
Musique: Lucas Vidal
Sortie: 28 Décembre 2011
Vu le 28 Septembre 2011 à 20h25 à l’UGC Ciné Cité Le Halles

Synopsis: César n’est pas un concierge comme les autres. Son travail n’est qu’un moyen pour lui d’accomplir correctement ce qui donne un sens à sa vie : détruire celle des autres pour qu’eux aussi cessent de connaître le bonheur. Méthodique et professionnel dans ses actes, César a choisi cette fois-ci pour victime la belle Clara dont le bonheur contagieux et irréductible l’agace. Nuit après nuit, il s’infiltre dans son appartement grâce aux clefs auxquelles son métier lui donne accès et il détruit peu à peu ce qui fait le bonheur de cette jeune femme.
Critique:
Après son très bon [Rec] qui nous faisait vivre l’horreur en temps réel, sans filtre, Jaume Balagueró s’attaque cette fois-ci à un tout autre type d’horreur, sinueux et invisible, l’horreur des actes et pensées d’un dangereux psychopathe qui attaque ses victimes jour après jour sans leur en laisser le souvenir. Si le sujet n’est pas débordant d’originalité, le film parvient à accomplir le tour de force d’inverser les point de vus en nous donnant celui du « méchant », faisant de celui ci l’antihéros de ce film. Faisant ainsi, le réalisateur applique à ce personnage tous les attribut du héros classique (solitaire, animé par un but unique, se sort toujours de toutes les situations…) mais en leur donnant cette patine négative qui confère à ce film son originalité et son intérêt. Ainsi le public, complètement manipulé par ce film, en vient à trembler quand le sociopathe au cœur de ce film est en danger. Thriller inversé efficace et tendu de bout en bout, Malveillance doit sa réussite à une maîtrise impressionnante de tous les aspects de ce film, de la réalisation méthodique et précise qui révèle progressivement les personnage sans jamais être didactique, au casting qui regorge de talent, la palme revenant à Luis Tosar, inquiétant et touchant dans ce rôle de sociopathe méthodique et fragile qui ne laisse jamais le facilité de la folie entraver sur son personnage, le tout sur un scénario fluide et savoureux qui mêle avec habilité horreur, suspens et humour tout en construisant une sorte de huit clos oppressant et inquiétant dans cet immeuble espagnol.

Malveillance

Malsain et dérangeant sur le papier, le film parvient, au passage à l’écran, à éviter l’aspect voyeuriste et cru de l’histoire pour se concentrer sur une horreur plus troublante, l’horreur de la confiance sociale, de la confiance que l’on attribue à des étrangers uniquement en se fiant à leur fonction. Toujours ludique et divertissant, le film se concentre sur le développement du personnage principal, un homme incapable d’être heureux qui croit pouvoir trouver le bonheur dans le malheur des gens heureux. On apprécie la finesse de l’écriture et de l’interprétation du personnage, qui est à mille lieux des « psychopathes » habituels et nous propose un personnage tellement anodin d’apparence qu’il en devient terrifiant. Ainsi, plutôt que de se laisser alors à l’extrême à la façon de Rob Zombie dans ses très bons La Maison des 100 Morts et Devil’s rejects, le réalisateur semble calque son personnage sur le Jean Baptiste Grenouille de Patrick Süskind, les deux personnage partageant une sophistication, une invisibilité sociale  et une absence de plaisir dans leur méfaits.

Malveillance

Côté acteurs, Luis Tosar est proprement excellent dans ce rôle, parvenant à faire ressentir et partager le stresse et la malêtre de son personnage, sans jamais être totalement antipathique. L’acteur impressionne par son intensité, en particulier dans ces monologues qu’il livre à sa mère, soulignant l’affreuse lucidité du personnage. Marta Etura apporte au film tous le charme et la jovialité dont son personnage avait besoin, tandis que les second rôle son tous joyeusement décalés, apportant au film cette touche d’humour absurde et parfois burlesque typique du cinéma espagnol (on a parfois l’impression de se retrouver dans l’immeuble de La Communidad de Alex De La Iglesia).
Efficace, malsain et propre, Malveillance est un parfait petit thriller inversé qui prouve une fois de plus ce que le cinéma de genre ibérique a dans le ventre.
Les plus:
La réalisation méticuleuse de Jaume Balagueró
La composition terriblement réaliste et palpable de Luis Tosar
La grande cohérence du film qui ne laisse rien au hasard
Les moins:
On aurait aimé une plus grande variété de personnages secondaires et de méfaits de la part de César (parce que nous aussi on est un peu tapés)


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