Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

L’Irlandais : La critique

L'Irlandais John Michael McDonagh nous livre un polar drôle, décalé et efficace qui aurait cependant mérité un plus grand développement des nombreux personnages secondaires.
L'Irlandais Note:2.5/4

Titre original: The Guard
Réalisation: John Michael McDonagh
Scenario: John Michael McDonagh
Casting: Brendan Gleason, Don Cheedle, Mark Strong, Liam Cunningham Picture, Fionnula Flanagan…
Musique: Calexico
Sortie: 21 Décembre 2011

Vu le mercredi 21 décembre 2011 au MK2 Odéon

Synopsis:Gerry Boyle est policier dans une petite ville de la campagne Irlandaise, partageant son temps entre l’exercice désabusé son métier, la compagnie sa mère mourante et les petits à côtés qui lui permettent de passer le temps (escort girls et drogue). Un meurtre mystérieux amène un agent du FBI dans sa commune, à la recherche de narcotrafiquants.
Critique:
Simple, efficace et original, L’Irlandais nous propose une divertissement humble et bien écrit qui s’inscrit dans la lignée britannique et des polars décalés. Si le film tient son efficacité principalement de son scenario et de son casting, John Michael McDonagh, qui fait ici ses premiers pas derrière la caméra zen plus d’assurer le scénario, assure au film une rythme plein de contre temps et de non rebondissements qui permet de donner à l’ensemble l’absurdité que le scenario seul n’aurait pas réussi à convier. Pourtant élémentaire, cette réalisation volontairement anti-spectaculaire et datée suffit à faire de ce film une œuvre unique et décalée comme on en croise rarement au final. Côté scenario, c’est beaucoup plus touffu : les dialogues font tous mouches (entre comique provoque et réflexions existentielles), les personnages principaux sont extrêmement bien écrits et parviennent à sortir des clichés et à surprendre le spectateur tout en étant volontairement issus de ces clichés grossiers (cette rencontre de l’agent star du FBI et du flic péquenaud aurait pu donner une comédie mollassonne et premier degré au possible entre de mauvaises mains) tandis que l’intrigue, là encore volontairement secondaire, laisse peu à peu la place à ce qui intéresse réellement le réalisateur/scénariste, le croisement impossible entre des genres incompatibles, le film policier à l’anglaise et le polar américain, mais, contrairement à Edgar Wright qui, dans le même exercice avec son tonitruant Hot Fuzz, laissait violemment la part américaine prendre le dessus, John Michael McDonagh laisse peu à peu cet aspect se noyer dans l’inamovibilité de la campagne Irlandaise, comme si le réalisateur voulait dire que ce décor ne voulait pas se prêter à un film d’action héroïque.

L'Irlandais

Côté acteurs, on est ravi de retrouver Brendan Gleeson dans un rôle étrange et complexe, campant un policier désabusé, sans envies ni aspiration et passablement provocateur, qui pourtant cache en lui toutes les ressources nécessaires à résoudre cet enquête, et qui le fait nonchalamment au possible. En face de lui, Don Cheadle, impeccable, campe à merveille cet agent de pointe du FBI qui a été préparé à tout sauf à l’absence total de motivation qu’il rencontre dans cette campagne. Ce n’est pas tant la relation qui se développe entre les deux hommes qui est intéressante, mais plus le temps que chacun d’eux met à comprendre et à apprécier l’autre. Pour le reste, les seconds rôles sont malheureusement trop peu écrits pour être réellement dignes d’intérêt, mais on se régale de ce bestiaire d’Irlandais qui ne correspondent à aucun stéréotype et qui permettent de donner à ce film un peu plus de volume encore, en particulier ce trio de gangster bavards et philosophes mené par un Mark Strong définitivement de tous les bons plans ou ce gamin indic, dont on arrive pas à dire si c’est une mauvaise graine ou un bon samaritain.

L'Irlandais

Sans être révolutionnaire ni en avoir la prétention, L’Irlandais est un polar efficace et frais. Si on peut reprocher au film le manque global de consistance de son scénario et la faiblesse des personnages secondaires, on se laisse emporter par les personnages principaux, beaucoup plus complexes qu’en apparence. John Michael McDonagh ne parvient cependant pas à faire oublier qu’il est le frère de Martin McDonagh (la presence de Brendan Gleeson qui était déjà dans Bon Baiser de Bruges n’aidant pas) et si les deux frères partagent une incroyable faculté à écrire des dialogues percutants et à retourner les situations pour mieux rire des clichés, John Michael McDonagh ne parvient pas à insufler à son film le rythme qui aurait pu le faire basculer dans la catégorie « immanquable », tout comme il ne va jamais assez loin dans ses idées de décalage, ne parvenant au final qu’à souligner des aspects plutôt que de réellement s’en servir comme des leviers narratifs ou comiques.
L’Irlandaisest un exercice réussi qui malheureusement n’a pas assez de souffle pour aller plus loin. On attend donc avec impatience un nouvel essai du réalisateur, certainement plus abouti.
Les plus:
Brendan Gleeson,
toujours excellent, qui parvient à créer un personnage complexe, désabusé, drôle et touchant
La belle partition de Calexico, qui rejoint la grande famille des groupe de rock passé au cinéma
La richesse des dialogues et des situations qui font toujours mouche
Les moins:
Le manque de développement des personnages secondaires
Le manque de consistance (volontaire?) globale du film


posted by valmens in Les Critiques and have No Comments

Place your comment

Please fill your data and comment below.
Name
Email
Website

* Copy this password:

* Type or paste password here:

Your comment
Protected by WP Anti Spam