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Limitless : La Critique

Limitless Chargée des meilleures intention du monde, ce film n’arrive malheureusement pas à exploiter le potentiel de son sujet et reste terriblement mineur.
Limitless Note:2/4
Réalisation:Neil Burger
Scenario: Leslie Dixon
Casting: Bradley Cooper, Robert De Niro, Abbie Cornish, Anna Friel, Robert John Burke Picture …
Musique: Paul Leonard-Morgan
Sortie: 8 Juin 2011

Synopsis:
Eddie Morra, écrivain looser à la limite de basculer vers le clochard, voit sa vie basculer le jour où on lui donne la pillule lui donnant la capacité d’exploiter à 100% les capacités de son cerveau.
Critique:
Adapté du roman de Alan Glynn, The Darker Fields, Limitless fait partie de ces films qui ne sont pas capables d’utiliser un sujet en or et qui finissent par passer totalement à côté de leur potentiel (assez ironiquement, le film fait l’exact opposé de son personnage, il n’utilise que 10% des possibilités qu’un tel sujet offrait). Alors qu’il aurait pu (dû?) être un divertissement fantastique retord dans la veine de L’effet Papillon de Eric Bress et J. Mackye Gruber ou de Dark City de Alex Proyas, Limitless ne parvient jamais à mettre en avant les composants dramatiques de son histoire et se contente de nous livrer un film au final assez plat, quoi qu’entrainant et réjouissant. Car oui, on ne s’ennuie pas dans Limitless, le personnage principal, parfaitement incarné par Bradley Cooper qui voit dans ce film une parfaite occasion de prendre en main un film seul (lui qui est malheureusement trop souvent seulement inclus dans les castings de groupe), est un parfait vecteur de l’incroyable potentiel des pullules qu’il ingurgite, la réalisation est inventive (ou plutôt faussement inventive, elle se contente trop souvent de recycler des effets que Gondry ou Fincher avait créé il y a une dizaine d’année), le rythme est enlevé et l’histoire suffisamment compacte pour ne jamais ennuyer. La structure du film, quoiqu’assez classique puisque reprenant presque à la lettre celle de Fight Club de David Fincher ou de Le Grand Saut des Frères Coen, tient en haleine jusqu’à une conclusion très décevante, pour ne pas dire inutile. Car oui, jusqu’à la fin, on garde espoir en ce film, jusqu’à la dernière scène, il reste la possibilité au film de briller, comme s’il gardait en main une carte maitresse que l’on ne peut que deviner, mais au final, tout cela n’est que du bluff. Tout cela n’est au final qu’un divertissement formaté fait pour réjouir le plus grand nombre.
Limitless

Le principal défaut du film est son incapacité à se détacher du roman d’origine, pas dans son histoire, mais dans sa narration : la voix off omniprésente et littéraire à souhait agréable mais mal exploitées car elle vient en remplacement d’images plutôt qu’en complément, tronquant souvent des pans entiers de l’histoire, parfois même de ce qui aurait pu (dû?) être ses plus belles scènes (on en vient à regretter que le scénariste n’ai pas regardé plus d’épisodes de Dexter où ce procédé est merveilleusement utilisé). De même, on regrette l’absence de réel conflit pour le personnage : à aucun moment sa suprématie ou ses capacités ne sont réellement remis en cause, à aucun moment un obstacle n’est insurmontable, à tel point la pilule au centre du film passe  au cours de l’histoire d’une évidente métaphore de la drogue à une pirouette scénaristique permettant de résoudre comme par magie tous les conflits, tous les nœuds narratifs. On a littéralement à faire à un avatar humain de superman, pourtant le film refuse, à tord, d’être un film de super héros, en niant sans cesse l’adage au cœur de toutes ces mythologies « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » sans pour autant développer le cynisme suffisant à rendre ce personnage et cette histoire intéressants. Car oui, on aurait pu avoir là un film sur la création du méchant absolu, mais non, on a pas même cette petite consolation. Il en va de même pour les personnages secondaires qui n’ont aucune profondeur ni aucune personnalité, les rendant complètement annexe, les réduisant au niveau de simples faire valoir (même De Niro, quoi qu’aussi bon et efficace que d’habitude, ne parvient pas à trouver le sens de son personnage et le fait basculer d’un extrême à l’autre sans réellement justifier ces basculements si ce n’est un « il est très lunatique » lancé à son égard qui ressemble plus à une excuse qu’à une construction de personnage).
Limitless

Au final, Limitless est un simple divertissement généreux en imageries (les effets visuels s’enchainent à grande vitesse pour mieux soutenir le scenario, même s’ils sont parfois assez gratuits, comme s’il s’agissait d’un premier film qui veut à tout prix caser le plus d’idées de réalisation naïve en un minimum de temps) et plutôt sympathique, mais incapable de délivrer un message ou de donner un sens à cette histoire. Car oui, le gros problème de ce film et de cette histoire en générale est sont incapacité à universaliser son message, à faire des problèmes du personnages principal une métaphore des nôtres. Au contraire, le film fini par rimer avec une apologie de la drogue et de la facilité, là encore sans prendre la peine de se justifier.

Au final donc, un film en forme de véhicule pour la carrière de Bradley Cooper, divertissant et amusant, dans un très bel emballage, mais désespérément creux. Et si quelques idées noires parviennent à faire surface et à donner à ce film un semblant de volume, peut-être même de personnalité, elle se réduisent à leur plus simples expressions et disparaissent aussi tôt qu’elle apparaissent.

Les plus:
Des bonnes idées de réalisations, souvent volée, mais toujours bien utilisées
Un Bradley Cooper qui s’affirme en solo
La présence fulgurante de How to Destroy An Angel dans la BO, le nouveau groupe de Trent Reznor
Les moins:
Une voix off envahissante à la limite du désagréable
Un récit creux qui ne parvient pas à exploiter une bonne idée de départ
Une incapacité à surprendre

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