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Les Aventures de Tintin : la critique

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne Le pari était fou, le résultat est honnête et bien mené à défaut d’être transceandant. Spielberg et Jackson nous offrent un film d’aventure généreux et très (trop) familial qui ne connaît pas de temps mort.
Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne Note:3/4
Réalisation: Steven Spielberg
Scenario: Joe Cornish, Edgar Wright, Steven Moffat
Casting: Jamie Bell, Andy Serkis, Simon Pegg, Nick Frost, Daniel Craig…
Musique: John Williams
Sortie: 26 Novembre 2011

Synopsis:
Tintin, jeune journaliste coqueluche du milieu du siècle dernier, se retrouve malgré lui embarqué dans une enquête sur le passé de la famille Haddock après la découverte d’un parchemin mystérieux dans la maquette d’un bateau.
Critique:
Disons le d’entrée de jeu, ce film est probablement la meilleure version que l’on aurait jamais pu avoir des aventures de Tintin au cinéma. Cela étant dit, autant en tant qu’adaptation qu’en tant que film d’aventures, le film souffre de certains choix qui viennent parfois gâcher ce qui reste un excellent film d’aventure familial. Résultat d’un long travail d’adaptation de la part de Spielberg (qui travaille sur le projet depuis 1983) et de Peter Jackson (qui a certainement débloqué le projet en proposant d’en faire un film d’animation en motion capture), le premier constat est l’éblouissante réussite visuelle. Retranscrire avec fidélité l’univers graphique de Hergé n’était pas aisé, pourtant, on le voit prendre vie à l’écran avec un naturel hallucinant. Les réalisateurs voulaient donner l’impression que les bandes dessinées de Tintin était la retranscription fidèle d’un univers décalé, celui qui habitait l’esprit de Hergé, et ils on réussi à recréer cette univers, en volume, en mouvement et en travelling. Au-delà de l’aspect visuel, on apprécie tout particulièrement la réalisation, ici libérée des contraintes physiques, qui est virtuose. La caméra vole à toute allure et suit l’action avec un dynamisme qu’on a rarement vu chez Spielberg, et qui atteint son paroxysme dans une scène de course poursuite vouée à devenir culte qui parvient, dans un seul long plan séquence survitaminé, à récréer l’illusion du découpage en cases. En plus de cela, le film profite d’un rythme hallucinant, qui le laisse pas le temps au spectateur même si c’est parfois au détriment du scénario où tous les mystères sont très vite résolus, supprimant ces passages de réflexion et de suspens qu’on retrouvait dans la bande dessinée originale.

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

Le scenario, pour revenir dessus, a été en partie confié à Edgar Wright (le papa de la série Spaced et des pépites cinématographiques Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Scott Pilgrim Vs. the world) et Joe Cornish (qui nous avait ravi cette année avec son Attack The Block), et on ressent la volonté des deux larrons de donner à cette aventure le même rythme qu’une bande dessinée où chaque page tournée apporte son gag ou son rebondissement. Si cela confère un rythme débridé à cette aventure, on regrette cependant que cela nous prive de suspens et de tension. L’aventure se déroule sous nos yeux si vite qu’on a à peine le temps de digérer un dénouement qu’un nouveau apparaît. Autre gros apport des deux scénaristes, l’humour anglais qui vient remplacer à merveille l’humour « BD belge » de l’œuvre originale, malgré quelques gags très déplacés qui viennent gâcher des scènes complètes du film (comme ces affreuses références à l’haleine alcoolisée du capitaine qui n’a vraiment rien à faire ici). Bref, l’ensemble est emporté et bien écrit, et parvient à créer un récit cohérent et d’une impressionnante compacité en mélangeant adroitement différentes aventures de Tintin. Les références aux autres albums affluent et viennent sans cesse rappeler que, s’il s’agit d’une adaptation de tintin, c’est avant tout un hommage vibrant à l’univers complet du héros, et à l’auteur.

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

Côté personnage, celui de Tintin est une réussite, les auteurs ayant réussi à retranscrire avec précision tous les aspects de sa personnalité (jusqu’à son côté un peu énervant de monsieur je-sais-tout) et Jamie Bell livre une jeu de voix très honnête, même si on regrette un peu que les expressions faciales du héros soient si réduites, ce qui n’est pas le cas de celles du capitaine, qui profite de la générosité de jeu d’Andy serkis ainsi que de son accent à couper au couteau, on regrette cela dit le manque de finesse de jeu de l’acteur, qui a choisi ici le burlesque plutôt que la subtilité. Frost et Pegg forment de parfait Dupont et Dupond, leur alchimie traversant aisément les images de synthèses de leur personnage un peu trop grassouillets, tandis que Daniel Craig se révèle beaucoup plus expressif et nuancé ici que dans n’importe lequel de ses autres films. L’ensemble est donc réussi et cohérent, l’aventure est bien là, et on à parfois l’impression satisfaisante de se retrouver devant un avatar d’Indiana Jones et la Dernière Croisade, mais jamais on a le sentiment d’être impliqué dans cette histoire, comme c’était le cas dans la version papier. Ici, tout est beaucoup trop rapide, trop facile et trop fluide si bien qu’on se dit que le film aurait profité d’une bonne grosse demi heure en plus, sans développements supplémentaires, juste pour faire durer un peu le plaisir de temps à autre et ménager l’histoire.
Au final, le pari est remporté, mais l’essai n’est pas transformé. Les tintinophiles ne vont pas brûler les salles de cinéma, mais ils ne vont pas non plus y nommer résidence. Le film est efficace, sincère et respectueux sans pour autant être réellement fidèle.
Les plus:
Les graphismes proprement sidérants
Le rythme effréné de l’aventure
Le belle composition de John Williams
Les moins:
L’aspect globalement chargé de l’ensemble
Un humour parfois très premier degrè
L’absence du très beau thème musical de la version animée


posted by valmens in Les Critiques and have Comment (1)

One Response to “Les Aventures de Tintin : la critique”

  1. Steeve dit :

    « Au final, le pari est remporté, mais l’essai n’est pas transformé. Les tintinophiles ne vont pas brûler les salles de cinéma, mais ils ne vont pas non plus y nommer résidence. Le film est efficace, sincère et respectueux sans pour autant être réellement fidèle. »

    Ca va, tu n’es pas trop adepte du « ni pour ni contre bien au contraire » ? C’est quoi cette conclusion d’eau tiède ? Prends plutôt exemple sur une critique comme ça : http://www.asbaf.fr/2011/10/tintin-c-twa-ke-tai-le-meyeur.html

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