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Le territoire des loups : la critique

Territoire des Loups Joe Carnahan revient vers quelque chose de plus simple et de plus brute avec ce Territoire des Loups. Temps mieux, mais on aurait préféré qu’il ai en plus quelque chose de neuf (et d’intéressant) à dire.
Territoire des Loups Note:2/4

Titre original: The Grey
Réalisation: Joe Carnahan
Scenario: Joe Carnahan, Ian Mackenzie Jeffers
Casting: Lian Nesson, Dallas Roberts, Frank Grillo, Dermot Mulroney …
Musique: Marc Streitenfeld
Sortie: 29 Février 2012
Vu le 04 Mars 2012 à 20h10 à l’UGV George V à 19h40

Synopsis: Ottway est tueur de loups pour un forage de pétrole isolé du grand nord où tous les personnes qui n’ont plus rien à perdre viennent pour faire de l’argent rapide, au risque de leur vie. Ottway n’a plus rien à perdre, plus rien qui le rattache à la vie non plus. Au bord du suicide, il décide tout de même de prendre l’avion vers le continent, qui s’écrase au milieu d’un désert polaire, dans le Territoire des Loups. Les quelques survivants devront apprendre à vivre ensemble pour survivre dans cet enfer blanc.
Critique:
De la part du réalisateur de génie qui nous avait livré coup sur coup le subtile et délicieux polar noir Narc et le jubilatoire et déjanté film d’action Mise à prix, on attendait beaucoup de ce film. Joe Carnahan n’est en effet pas n’importe qui, connu pour sa maitrise du rythme, son sens des personnages et sa capacité à explorer les tréfonds de l’âme humaine dans les plus violentes des situations, le survival movie semblait un genre tout adapté à son talent. Peut-être trop adapté. Joe Carnahan a beau faire tout ce qu’il peut pour faire de ce film un monument du genre, une sorte de survival profond, sombre et initiatique où l’homme, face à la nécessité d’un retour à l’état primaire retrouve également son humanité, une sorte de croisement entre Jack London et Delivrance. Mais tout ceci est beaucoup trop facile et cliché pour être sincère. Pourtant le film, dans son rythme, sa mise en scène et son imagerie est assez prenant. Carnahan retrouve sa caméra nerveuse et ses couleur crue de Narc tandis qu’il démontre une fois de plus une capacité incroyable à impliquer le spectateur dans les scènes d’action. Simple et  épuré, ce film en tant que film d’exploitation est relativement efficace et très soigné. Après une introduction très cliché et brève des personnages principaux, le film ne perd pas son temps et plonge immédiatement le spectateur dans cet enfer blanc peuplé de loup, avec un ses du minimalisme qui rassure après le carnage qu’était The A-Team. Du côté des point positifs du film, on apprécie tout particulièrement la photographie crue et froide qui colle parfaitement à l’histoire, le rythme du film qui ne se laisse jamais aller à la faciliter du trop plein d’action et qui prend le temps de construire ses ses situations (mais pas ses personnages), donnant autant d’importance au calme qu’à la colère, et la capacité de Carnahan à transposer visuellement les souffrances physiques et psychologiques. Le réalisateur se sert de ce film pour présenter l’évolution de ses personnages face à la puissance de la nature, il nous présente la violence d’un monde sans dieu, mais aussi la nécessite de croire en quelque chose. De ce point de vue, le film est une réussite.

Territoire des Loups

Là où ça bloque et où on a vraiment du mal à avaler la pilule, c’est l’enfilade de clichés qui se trame tout le long du film. De ses personnages à ses rebondissement, on a parfois l’impression que Carnahan s’est contenté de remplir un scénario à trous. Son personnage principal incarné par Liam Nesson en devient même agaçant tant il est dénué d’humanité à force d’être ce héros vaillant et laconique qui porte tout le poids du monde sur les épaules. Les seconds rôles ne sont pas mieux écrits si bien qu’on finit par ne plus savoir qui est qui (et à s’en foutre un peu). Ceci est d’autant plus dommage que la confrontation entre des renégats et des loups était un parfait prétextes à déballer une galerie de caractères extrêmes (où sont les Tremors Borthers quand on a besoin d’eux?) et de suivre leurs évolutions face à un problème qu’ils ne peuvent pas régler avec leurs poings. Dès l’introduction on est agacé par la voix off qui souligne lourdement ce que l’image aurait dû transmettre subtilement. C’est d’autant plus étrange de la part du réalisateur qui nous avait surpris avec sa galerie de personnages incroyablement riche et complexe dans Mise à Prix. Côté acteur, Liam Nesson est une caricature de lui-même, honnête mais pathétique, qui aurait dû apporter une présence à la Jean Valjean au film mais qui ressemble plus à un rabat joie froid et suicidaire qui veut absolument devenir un héros sans jamais se l’avouer. Les seconds rôles n’ont pas beaucoup de place, et leur écriture est tellement dénuée d’idées qu’on les voit mourir sans vraiment les regretter.

Territoire des Loups

Le Territoire des Loups a donc de très gros défauts, qui semblent souligner un certain empressement dans l’écriture de ce film qui se voulait un retour au source après l’expérience blockbuster de The A-Team et qui n’est au final qu’un exercice de style sans imagination. Le film ne parvient même pas à s’accorder sur le message qu’il délivre (voyage initiatique où des hommes « sauvages » retrouvent leur humanité au contact de la vraie sauvagerie, métaphore d’un monde sans dieu, parallèle avec la colonisation des Etats-Unis…?) et finit par lasser par la gratuité de ses situations et l’évolution beaucoup trop évidente de ses personnages. Reste un ensemble de scènes puissantes, une parfaite utilisation de ma menace des loups et une tension palpable tout le long du film.
Territoire des Loups aurait put être un film culte, un survival movie à l’ancienne, un Delivrance avec des loups, mais ce n’est qu’une série B de bonne qualité, prenante mais creuse, réalisée par un réalisateur qui a beaucoup trop de talent pour perdre son temps ici.
Les plus:
La modélisation et l’utilisation des loups (incapable de définir s’ils sont vrais ou faux)
La réalisation efficace et intelligente
Les moins:
Les interprétations caricaturales de la part de l’ensemble du casting
Le scénario trop creux et cliché pour être honnête


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