Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

Le dernier Pub avant la fin du monde : la critique

Le dernier Pub avant la fin du monde Loin d’atteindre nos attentes, cette conclusion de la Cornetto Trilogy ne parvient pas à récréer l’alchimie des précédent mais parvient à nous livrer un sympathique divertissement.
Le dernier Pub avant la fin du monde Note:2.5/4
Titre original: The World’s End
Réalisation: Edgar Wright
Scenario: Edgar Wright, Simon Pegg
Casting: Simon Pegg, Nick Frost, Martin Freeman, Eddie Marsan, Paddy Considine…
Musique originale : Steven Price
Sortie: 28 Août 2013
Vu le 30 Août 2013 à 19h45 au MK2 Odéon

Synopsis:
Gary King était, adolescent, le leader d’un groupe d’amis dans un petit village qui a connu son heure de gloire suite à une nuit durant laquelle ils ont pris une pinte dans chacun des 12 pub de la ville, sauf dans le dernier, The Wolrd’s End. Plus de 16 ans plus tard, Gary reste sur cette défaite – et bloqué dans son adolescence – et réunit à nouveau ce groupe d’amis pour enfin réussir cet exploit.
Critique :
Annoncé comme la conclusion de la collaboration de Simon Pegg, Edgar Wright et Nick Frost après des chez d’oeuvres tels que la série télé Spaced ou les film Shaun of The Dead et Hott Fuzz, ce Dernier Pub avant la fin du monde est loin d’en être le sommet. J’inclus volontairement Spaced dans ce descriptif car, au-delà d’être la conclusion de la Cornetto Trilogy (composée des deux films cité précédemment et de celui-ci), ce films est surtout une occasion pour cette équipe de multiplier les références à tout ce qu’ils ont fait ensemble. Ces références prennent la forme de très nombreux caméos (Michael Smiley, Alice Lowe, Rafe Spall, Julia Deakin, Mark Heap, Reece Shearsmith…), de musique ou de clins d’oeils de réalisation. Même l’histoire recycle énormément d’éléments de ce passé, on retrouve la recherche du monde parfait de Hot Fuzz, la quête du bar de Shaun of the dead, le mélange étrange des genres, les références aux classiques de la science fiction (ici on retrouve beaucoup The invasion of the Bodysnatcher et The Thing) et plus globalement ce difficile passage à l’âge adulte présent dans toutes ces œuvres. Le problème c’est qu’au delà de cela, il n’y a pas grand chose. La réalisation est souvent poussive, les gags répétitifs, les personnages peu développés ou détestables… Il est douloureux de dire qu’un film qu’on attendait comme le messie est à ce point raté – ou du moins décevant – , autant en tant que conclusion à l’une des plus drôles sagas du cinéma anglais qu’en tant que film seul. Bien sûr, le divertissement est au rendez-vous, les répliques fusent, les situations absurdes s’enchaînent et le non sens est de mise tandis que l’action garde un rôle central, mais le cœur n’y est pas. Ce qui aurait dût être un retour au sources s’est transformé en quête désespérée des éléments qui faisaient la qualité des films précédents.
Le dernier Pub avant la fin du monde

Le scénario est le principal problème de ce film, loin d’être raté ou mal écrit, il ne donne nulle part l’occasion à qui que ce soit de briller. L’histoire est poussive et a du mal à retomber sur ses pieds, les dialogues ont du mal à faire mouche et la multiplication des personnages est maladroite (2 ou 3 personnages principaux auraient largement suffit). Cependant on retrouve quelques scènes marquante, un humour toujours présent et une volonté d’offrir ce que le public attend. C’est probablement là que réside le problème du film : Hot Fuzz et Shaun of the Dead n’avaient rien à voir entre eux et c’est justement qui en faisaient des films excellents : ni l’un ni l’autre n’offraient le même univers, la même expérience ou la même morale. Le dernier Pub avant la fin du monde tente de trouver quelque chose qui se trouve exactement au croisement de ces deux films alors qu’il aurait dut faire une nouvelle fois quelque chose qui n’avait rien à voir avec le reste, quitte à prendre des risque et à perdre quelque fans au passage. Côté casting, on est ravi de retrouvé Nick Frost et Simon Pegg même si cette nouvelle collaboration est marquée par une volonté de les séparer, ce qui est dommage car c’est bien là le seul élément qu’on voulait retrouver. Simon Pegg est toujours aussi efficace et dynamique tandis que Frost à contre emploi a du mal à contenir son naturel comique. Les second rôles sont tous délicieux, en particulier Martin Freeman qui prend un réel plaisir dans ce rôle. on regrette l’aspect un peu trop secondaire de la galerie de personnages croisés au grès de bars, qui servent souvent plus à faire hommage à une collaboration précédente qu’à faire avancer l’histoire ou à enrichir le film.

Le dernier Pub avant la fin du monde

Le dernier Pub avant la fin du monde est un coup dans l’eau, non pas qu’on passe un mauvais moment (le film est un concentré de fun comme on en croise peu au cinéma) mais on sent en permanence que ce film n’a pas été fait parce qu’il devait être fait mais parce qu’on le réclamait. Une fois n’est pas coutume c’est plus le public que les producteurs qui le réclamaient mais le résultat n’est pas beaucoup plus glorieux. Les personnages manquent de profondeur et l’histoire est souvent artificielle. Reste un sens du rythme sans tâches, des rebondissements à la pelle et un concept de base qui fait sourire rien qu’à le dire « des potes qui continuent à faire leur tournée des bar même si la fin du monde est là« . On espère que cette équipe n’en restera pas là et nous offrira dans quelques années quelque chose de nouveau et de terrassant qui ne répondra à d’autres attentes que celles de ces créateurs.
Le dernier Pub avant la fin du monde a beau être un divertissement efficace, on ne peut s’empêcher d’en sortir déçu tant le niveau de promesses était élevé.
Les plus:
Le retour du trio Pegg/Frost/Wright et de nombreuses références à leurs collaborations
Un rythme sans failles
Un humour souvent efficace
Les moins:
Une histoire poussive
Un manque global de fraîcheur.


posted by valmens in Les Critiques and have No Comments

Place your comment

Please fill your data and comment below.
Name
Email
Website

* Copy this password:

* Type or paste password here:

Your comment
Protected by WP Anti Spam