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La Cabane dans les Bois : la critique

La Cabane dans les Bois Arrivé par la petite porte dans l’ombre de The Avengers du même créateur, La Cabane dans les Bois n’est ni plus ni moins qu’un parfait mélange d’horreur, d’humour et de suspens comme on en a jamais croisé auparavant.
La Cabane dans le Bois Note:4/4

Titre original: The Cabin in the Wood
Réalisation: Drew Goddard
Scenario: Drew Goddard , Joss Whedon
Casting: Chris Hemsworth, Kristen Connolly, Fran Kranz, Richard Jenkins, Bradley Whitford, Anna Hutchison, Jesse Williams…
Musique: David Julyan
Sortie: 2 Mai 2012
Vu le 18 Mai 2012 à 18h45 à l’UGC Ciné Cité les Halles

Synopsis: 5 jeunes américains on ne peut plus stéréotypés (la bimbo, le sportif, l’intello, la discrète et le drogué) s’isolent dans une cabane nichée au cœur d’une forêt abandonnée pour passer des vacances loin de tout. Cependant, ces vacances qu’ils croient être leur initiative sont suivies de prêt par un étrange organisme qui suis toutes leurs actions et qui provoque même une grande partie d’entre elles.
Critique:
Cela faisait bien longtemps qu’on avait pas croisé sur nos écrans un film d’horreur (mais est-ce réellement un film d’horreur?) aussi drôle, malin, référencé et intelligent. Fractionné en deux segments qu’il est complexe de décrire sans gâcher une grosse partie de l’intrigue, ce film est au croisement d’Evil Dead (impossible de nier l’influence du film de Sam Raimi ici, non seulement le film y fait des références répétés, mais en plus se présente à moitié comme yun remake hommage de ce chef d’oeuvre), de Cube, des Gremlins, de Men in Black, de Lost (le réalisateur avait écrit pour la fameuse série) et de Buffy contre les vampires (Joss Whedon est de la partie et marque le film de son désir constant de réinscrire les mythes horrifiques dans leur contexte originel) tout en multipliant les hommes et références à tous les classiques du cinéma d’horreur. Plus qu’un film d’horreur donc, La Cabane dans les Bois se positionne comme un film sur l’horreur, toutes les formes d’horreurs. Le but n’est pas ici de faire peur au spectateur, le film préfère le surprendre et le faire s’interroger tout le long du film sur sa finalité (quoi que jamais réellement cachée). C’est bien simple, cela faisait depuis le superbe Jusqu’en Enfer de Sam Raimi (encore et toujours) qu’un film portant le label film d’horreur n’avait pas été aussi jouissif. Niveau réalisation, Drew Goddard qui fait ses débuts ici a visiblement été très fortement aidé par Joss Whedon est nous livre un film malin, propre et intelligent, qui a la bonne idée d’adapter sa réalisation, ses cadrages et son rythme au différents segments du film qui s’entrecroisent joyeusement. En plus de souvent volontairement désamorcer l’horreur, comme pour nous souligner l’aspect routinier de ce genre de films, le cinéaste parvient à inclure une certaine forme de parodie/hommage (quelque part entre Scream et Poltergeist) qui transforme peu à peu ce film en hommage très global du cinéma d’horreur. Mais tout ceci trouve son apothéose dans la dernière partie du film, qui mêle tout ce qui a été précédemment élaboré et nous propose une explosion gore et comique sans précédent riche en hémoglobine et en références (Hellraiser, It, Anaconda, The Ring… je vous laisse le plaisir de les découvrir). Le réalisateur a suffisamment d’intelligence et de savoir faire pour parvenir à ne jamais rendre cette dernière partie dérangeante ou écœurante, son but est de faire de ce film un vrai divertissement horrifique, sans passer par les ficelles habituelles (les films à la The Cottage ou Severance qui introduisent l’horreur progressivement dans un film où l’humour est déjà installée). De ce point de vue, le film est une très belle réussite, un film d’horreur léger et prenant qui construit son contexte et ses personnages de manière extrêmement intelligente.
La Cabane dans le Bois

Mais avec Drew Goddard (scénariste de Lost, Alias, Buffy et Cloverfield) et Joss Whedon (Buffy, Firefly, Dr Horrible Sing Along et The Avengers) au scénario, on se doute que le réel intérêt du film se trouve dans son écriture. C’est le cas! Le duo s’amuse déjà à donner un style très différents aux segments du film. Le film d’horreur classique profite d’une écriture caricaturale à souhait, de dialogues volontairement creux et de personnages on ne peut plus clichés. Cette partie doit ressembler à une caricature de film d’horreur, il fallait donc réunir ici tous les défauts classiques (mais charmants) de ce genre. Mais l’autre moitié du film, qui doit plus ressembler à un film d’espionnage ou à un thriller paranoïaque inversé (au croisement de the Truman Show et d’Ennemi d’Etat), profite d’une écriture beaucoup plus fine, de personnages palpables et d’un humour très efficace. Quant à la dernière partie du film, c’est une explosion jubilatoire d’humour, de décalage et d’horreur, tout en parvenant un mariage réussit entre les deux styles précédent. L’ensemble, assez curieusement, est d’une parfaite cohérence et parvient à guider progressivement et naturellement le spectateur et travers de ce scénario qui ne déçoit jamais. Côté casting, si rien d’exceptionnel n’est de toutes les manières à attendre du côté des jeunes dans la cabane en bois, on apprécie le charisme naturel du jeune Chris Hemsworth (le film a été tourné en 2009), tandis que les autres sont efficaces quoi que parfois énervant dans leur caricature un peu trop forcée. Mais la vraie puissance du film émerge du duo efficace formé par les cyniques Richard Jenkins et Bradley Whitford. Chacune de leurs réflexions fait avancer le film et l’intrigue tout en ajoutant une dimension profondément réaliste à leur relation. Le but était de retirer toute la dimension mystique et guindée du cinéma d’horreur traditionnel (parodié dans une conversation téléphonique à pleurer de rire).

La Cabane dans le Bois

Malgré sa campagne marketing ratée et sa sortie tardive (le film était prévu pour 2009 mais pour de sombres histoires de passage en 3D qui n’a finalement jamais été fait), ce film est une réussite totale dans son genre. Il accomplit tout ce qu’il veut faire et nous plonge dans un monde terrifiant et drôle à la fois, jusqu’à sa conclusion à la fois logique, surprenante et hilarante (en plus d’une guest surprise finale qui fait également dans la caricature, puisque c’est la guest surprise finale de tous les films du genre). Le film profite en plus d’effets visuels sublimes, de décors superbes (on reconnait avec plaisir la cabane de Evil Dead, et ça fait chaud au coeur) et, cerise sur le gâteau,  le film utilise un classique de Nine Inch Nails (Last de l’album Broken) en guise de musique de générique de fin, comme pour achever de nous dire que le bon goût et l’intelligence général du film n’étaient pas accidentels du tout. Un plaisir cinématographique sans défauts (si ce n’est sa volontaire légèreté) qui est fatalement amené à devenir culte.
La Cabane dans les Bois est un petit bijou de cinéma horrifique, jouissif, original et débordant de référence, un film auquel tous les amateurs du genre ont rêvé sans jamais oser penser qu’il verrait un jour le jour. Un film réalisé par des amoureux du genre qui ont assez de talents et de pouvoir pour imposer leur vision, et c’est tant mieux.
Les plus:
Le scénario d’une richesse incroyable
Le bestiaire débordant de référence
L’humour qui vient toujours nous rappeler qu’on est là pour passer un bon moment
Le duo efficace formé par Richard Jenkins et Bradley Whitford
Les moins:
Ce films va fatalement générer d’innombrables copies ratées


posted by valmens in Les Critiques and have Comment (1)

One Response to “La Cabane dans les Bois : la critique”

  1. Patato dit :

    ben je vais t avouer un truc, j’ai du regarder plusieurs fois la bande annonce car je la trouve excellente … un truc je sais pas .. et l affiche aussi … et quand tu vois les scénaristes .. forcement … peut etre mon prochain film (pffiou 2 films en 1 mois .. c est du delire)

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