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Killing Bono : La Critique

Killing Bono Une comédie Rock’n’roll qui fleure aussi bon l’humour british qu’elle sent le vieux. Reste un excellent divertissement avec un casting frais et un scenario efficace.
Killing Bono Note:2/4
Réalisation:Nick Hamm
Scenario: Dick Clement, Ian La Frenais, Simon Maxwell…
Casting: Robert Sheehan, Ben Barnes, Krysten Ritter, Peter Serafinowicz, Pete Postlethwaite, Martin McCann…
Musique: Ben Barnes, Robert Sheehan, Joe Echo…
Sortie: 3 Août 2011

Synopsis:
A la fin des années 70, dans un lycée de Dublin, Neil McCormick monte un groupe de rock pour que son frère Ivan ne rejoigne pas ce qu’il considère un groupe sans avenir, The Hype, mené par son ami Paul. Persuadé d’avoir le même niveau musical que The Hype avec le look en plus, Neil ne doute pas une seconde son succès. Quelques temps plus tard, The Hype devient U2 et Paul devient Bono alors Neil se lance dans une croisade jonchée de malchance et de mauvaises décisions pour se prouver qu’il n’a pas fait le mauvais choix pour son frère.

Critique:

Histoire aussi incroyable que vraie (bien que romancée), le film nous conte donc les aventures de deux personnages qui passent leur jeunesse à frôler la gloire, à la côtoyer sans jamais la connaître. Pourtant le cœur du film n’est pas « si seulement j’avais pu être célèbre, si seulement j’avais pu être U2« , au contraire, il s’agit bel est bien d’une étude précise et décalée de ce qu’est l’esprit rock qui nous mets en parallèle deux versions de ce qu’est cette vie : la gloire et la galère. D’un côté on aperçoit (toujours de loin) la vie glorieuse et visiblement facile de Bono, qui a réussi par hasard plus qu’autre chose, de l’autre ont subit l’enchaînement de galère et de malchance qu’est la vie des frères McCormick, qui avaient tout pour réussir sauf l’ange gardien qui aurait put les mener à destination. Ainsi, on les voit aller de maison de disques pourris en agents de fortunes, de concerts dans des strip-clubs en soirées Gay, et ne jamais trouver l’élan qui les mènerait à la gloire. La réalisation sobre et très anglaise de Nick Hamm a beau sentir violemment le vieux avec ses couleurs saturés et son grain exagéré, elle a quelque chose d’authentique et laisse une grande place aux acteurs, un casting plutôt jeune qui élève le film au dessus de ce qu’il est. Car oui, même si le message est bon et l’histoire géniale, le rythme et le manque d’ambition et d’originalité de l’ensemble ramène violemment le film au rang de petit film anglais standard. Jamais on ne trouve l’étincelle qui avait permis à des films de la même trempe d’exploser et de devenir culte (comme par exemple The Full Monty, Shooting Fish ou Billy Elliot). Le film a beau être humble et sincère, la réalisation et le scenario ne trouvent jamais l’élan qui pourraient transformer l’essai. On regrette la volonté presque assumé d’être anecdotique alors qu’avec un titre et un casting comme celui-ci, le film aurait pu devenir un classique immédiat.

Killing Bono

Car oui, le film possède de nombreuses qualités qui ne s’inventent pas. Que ce soit les choix musicaux, les décors ou la narration, l’ensemble du film semble en permanence avoir un potentiel inexploité mais bien présent, palpable dans chaque scène. Le seul potentiel qui est réellement exploité est le casting, avec deux acteurs principaux vraiment surprenant de naturel aussi doués dans les passages comiques que dans les passages tragiques (même si on regrette que Robert « Nathan » Sheehan n’en face pas plus quand on connaît son potentiel grâce à Misfits), entourés de personnages secondaires tous bons, en particulier Peter Serafinowicz (Spaced, Shaun of the Dead) en agent déjanté, Krysten Ritter (Breaking Bad) en manager sensible et terriblement craquante ou le regretté Pete Postlethwaite en propriétaire homosexuel extraverti à la fois drôle et sympathique (ce sera d’ailleurs sa dernière apparition à l’écran). Pourtant la palme du second rôle devrait se partager entre Martin McCann (hallucinant en sosie de Bono illuminé par la grâce de la gloire, qui arrive presque à nous faire oublier les excès du personnage réel) et Stanley Townsend (hilarant en mafieux de bas étage balancé entre la satisfaction de la gloire que lui procure ses activités et la mauvaise image que la presse lui donne) qui arrivent respectivement à donner une profondeur et un décalage burlesque au film. Grâce à ce casting et à un scenario qui laisse une (trop) grande aux dialogues, l’humour anglais fini par prendre le dessus et transforme ce qui aurait pu être un simple et ennuyeux biopic rock dans la veine de The Runaways en comédie british et décalée à souhait sur des frangins loosers.

Killing Bono

Ainsi, si le manque d’ambition global du film le prive de délivrer un réel message ou de créer quoi que ce soit de nouveau (que ce soit dans le genre du biopic rock ou de la comédie rock, venant à chaque fois après des films beaucoup plus aboutis comme Almost Famous de Cameron Crow, This Is Spinal Tap de Rob Reiner ou Walk Hard: The Dewey Cox Story de Jake Kasdan) fini par frustrer, l’ensemble est tellement volontairement léger et agréable qu’on oublie vite ce que le film aurait pu (dû?) être et on apprécie comme il se doit une comédie anglais fraîche, au scenario bien écrit et aux rebondissements aussi nombreux que surprenants (ce qui est assez rare pour un biopic).
Un petit film aussi anecdotique qu’il est efficace. On aurait aimé quelque chose de plus acide et dérangeant avec un titre pareil, mais la volonté globale de faire un divertissement à l’anglaise très traditionnel avec un casting jeune et puissant est tout aussi louable.

Les plus:
l’arrivée au ciné de Robert Sheehan (dans quelques années il n’y aura plus que lui !)
Un biopic rock qui ne verse jamais dans le pathos, ça change
Les moins:
Un manque global d’ambition
Une réalisation efficace mais sans personnalité


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