Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

John Carter : la critique

John Carter Andrew Stanton fait ses premiers pas hors du cinéma d’animation et trébuche lamentablement avec ce John Carter  maladroit, mal foutu, ennuyeux et sans intérêt réel.
John Carter Note:0,5/4

Titre original: John Carter
Réalisation: Andrew Stanton
Scenario: Andrew Stanton, Mark Andrews, Michael Chabon
Casting: Taylor Kitsch, Lynn Collins, Samantha Morton, Willem Dafoe, Thomas Haden Church, Mark Strong, Bryan Cranston …
Musique: Michael Giacchino
Sortie: 7 Mars 2012
Vu le 7 Mars 2012 à 20h10 à l’UGC Cine Cité les halles à 19h35

Synopsis: John Carter n’est pas un homme comme les autres. Il a à peine 30 ans, mais est reconnu comme un héros de la guerre de sécession. Pourtant, il refuse de vendre à nouveau ses services et préfère utiliser son temps et son talent pour chercher un trésor dont il est persuadé d’avoir les coordonnées. Quand il le trouve enfin par accident, il est propulsé sur Mars où, en plus de découvrir que la planète est divisée entre différents humanoïdes et des sortes d’immenses insectes verts primaires, il possède une force exceptionnelle sur cette planète. Il découvre aussi qu’il peut respirer sur mars et qu’il peut coucher avec des martiennes, mais il n’est pas du genre à souligner ce genre de détails.
Critique:
Projet maudit qui a pourri dans les tiroirs de Disney avant d’enfin voir le jour alors que les livres d’origines avaient déjà été usés jusqu’à la moelle par les nombreux films qui s’en sont inspirés, ce John Carter de Andrew Stanton (notamment réalisateur de Wall E) surprend par son absence quasi totale d’intérêt. Le film sent fatalement le réchauffé et l’excuse toute trouvée de « Les autres films se sont inspiré des livres d’origine, c’est pas de notre faute » ne convient absolument car ce n’est pas tant l’histoire ou les évènement qui ici sont resservis plus ou moins à une autre sauce, c’est l’emballage, le style, l’ambiance. Guidé par une ligne narrative on ne peut plus confuse et artificielle mêlant ellipses, flash back et téléportation au point de perdre le spectateur dans les 30 premières minutes (doit-on rappeler que c’est censé être un film familial?), John Carter n’offre rien de plus qu’un héros passif et pseudo badass qui se bat sans conviction pour sauver une planète et un peuple dont il ne connaît ni la cause ni les valeurs. Un personnage principal dénué d’intérêt donc (et pas aidé par l’interprétation fade à souhait de Taylor Kitsch, j’y reviendrai) qui peine à entrainer le spectateur avec lui dans son aventure (attention, le plus gros effort durant le visionnage de ce film sera la lutte contre le sommeil) tout autant qu’il échoue dans sa tentative de nous faire croire qu’il comprend ce qu’il fait. D’un point de vu visuel, si en effet le tout est très soigné, les personnages en synthèse sont frappants de réalisme, les décor, quoique désertiques, sont impeccables, les monstres sont surprenant, l’ensemble est cependant mou et les choix de réalisation ne sont pas toujours très compatibles avec les choix esthétiques de cette adaptation, comme par exemple cette obsession de filmer caméra à l’épaule pour simuler du rythme qui ne fait que coller la migraine avec cette 3D inutile ajoutée en post-prod. De la part du réalisateur de Wall-E, on est très déçu du manque de finesse visuelle de l’ensemble, le réalisateur n’ayant réussi à faire que quelques plans originaux et intéressants (comme cette vue subjective du « chien », seul personnage doué d’un minimum d’intérêt dans ce film).
John Carter

Pourtant, on ne peut pas vraiment reprocher grand chose à l’esthétique du film, l’ensemble étant poli à souhait, le packaging est soigné, propre et ressemble à ce qui fait frétiller un producteur : un sous Narnia avec un peu plus d’action. Le gros problème c’est le scénario, il est en effet insultant en tant que spectateur (qui plus est cinéphile) d’être paumé dans l’histoire de ce qui est censé être un divertissement familial. On ne comprend rien, ou alors trop tard, à cette histoire où Mak Strong est apparemment le gros méchant (mais on ne comprend rien à ce qu’il fait, à côté des lui, le Joker de Heath Leadger est un être cartésien) qui agit visiblement juste par ennui (mais une fois de plus, je n’en suis pas sûr). On ne comprend pas non plus très bien les liens qui existent entre les différents peuples martiens, ni pourquoi certains sont humanoïdes et d’autres des poux de 3 mètres de haut. On est aussi surpris par l’absence totale de profondeur du personnage de John Carter, dénué de second degré ou d’intelligence, qui met quand même presque 3/4 d’heures à se rendre compte qu’il n’est pas sur terre alors qu’il vole à moitié et qu’il est entouré d’êtres géants et verts (à qui il essaie de parler anglais parce que c’est la langue des personnes évoluées, c’est bien connu). Bien plus grave encore, le sous-texte raciste de ce film fait parfois froid dans le dos, avec un établissement très précis d’une race supérieure et d’une race inférieure le tout avec des accent et des gags très malvenus. Et pourtant c’est loin d’être le plus gros point négatif de ce film. Le vrai gros problème, ce sont les deux acteurs principaux. Le spectateur n’est pas invité à s’impliquer dans cette aventure quand il a pour guide un Taylor Kitsch dépourvu de charisme et d’humour et une Lynn Collins potiche à souhait (qui aurait dû être une femme forte un peu dans la veine de Rosario Dawson dans Sin City). On en a rien à faire de leurs aventures et on finit par être écœuré par cette amourette intersidérale.

John Carter

John Carter est un très mauvais film qui fait passer Transformers 3 pour la Rolls des films de divertissement. Mal écrit, étrangement filmé, mal interprété et dénué de mordant, ce film noie le spectateur dans un ennui mortel, entrecoupant ses longs dialogues creux et son intrigue incompréhensible de micro scènes d’action confuses. Incapable de transformer un héros littéraire en héros cinématographique, Andrew Stanton échoue à fournir quoi que ce soit de valable au point qu’on espère qu’il retournera vite vers l’animation, milieu dans lequel il est beaucoup plus à l’aise. La seule chose qui aurait pu sauver le film aurait été d’en faire un Evil Dead IV en remplaçant tout simplement le personnage principal par Ash Williams et l’acteur par Bruce Campbell. Mais bon, avec Ash et Bruce, on peut transformer n’importe quoi en film culte.
Un divertissement familial raté en tout point, qui essaie de revenir au cinéma d’aventure à l’ancienne dans la veine de Jason et les Argonautes mais qui parvient seulement à ressembler à un produit manufacturé sans âme ni intérêt.
Les plus:
Le chien mignon qui court le plus vite du monde (mais dont personne ne se sert comme d’un moyen de transport)
Les moins:
La faiblesse lamentable du jeu des deux acteurs principaux
Le scenario confus
Une 3D artificielle et très absente
Un rythme mou et répétitif


posted by valmens in Les Critiques and have Comments (2)

2 Responses to “John Carter : la critique”

  1. Pauline dit :

    Bonjour,

    Nous sommes l’agence de communication de Sony Pictures Home Entertainment.

    Nous voulions savoir si vous seriez intéressée pour recevoir et chroniquer de temps en temps des sorties DVD.

    N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.

    Pauline & Marie-Anne

    • valmens dit :

      Bonjour,
      merci pour cette proposition.
      Je suis bien sûr intéressé pour proposer ma critique sur de nombreux films et DVD, et donc sur vos sorties DVD.
      Je vous recontacte de suite par mail.

Place your comment

Please fill your data and comment below.
Name
Email
Website

* Copy this password:

* Type or paste password here:

Your comment
Protected by WP Anti Spam