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Spectre : la critique

spectre Le soufflet James Bond retombe avec cet épisode flou, mou et creux qui ne parvient ni à divertir ni à émerveiller. L’ennui…
spectre Note:2.5/4
Titre original: Spectre
Réalisation: Sam Mendes
Scenario: John Logan, Neal Purvis, Robert Wade, Jez Butterworth
Casting: Craig Daniels, Lea Seydoux, Ben Whishaw, Ralph Fiennes, Christoph Waltz, Andrew Scott, Naomie Harris, Monica Bellucci…
Sortie: 11 Novembre 2015
Musique: Thomas Newman
<— Pour trouver le DVD, cliquez sur l’affiche

Vu le 11 Novembre 2015 à 18h35 à l’UGC Ciné Cité Confluence

Synopsis:
Alors… James Bond va au Mexique mais c’est pas vraiment une mission, il butte un mec et récupère sa bague et se dit qu’il va aussi aller dire coucou à la veuve du bonhomme à Rome. Pendant ce temps, le MI6 est menacé par une unification mondiale des ressources d’espionnages par l’informatique.
Critique :
Qu’est-ce qui s’est passé ? Sur le papier, ce nouveau James Bond faisait rêver avec un Daniel Craig qui maîtrise le personnage plus que personne, un Sam Mendes qui revient derrière la caméra après nous avoir offert l’un des meilleurs opus de la série et surtout une carte blanche budgétaire qui ouvrait grand la porte des possibles. Et pourtant, ce dernier James Bond n’a vraiment pas grand chose à offrir. Pire, il est mou ! Dès son introduction, quelque chose cloche dans Spectre, sa scène d’ouverture à Mexico commençait pourtant très bien avec un plan séquence complexe et élégant et une première scène d’action dans la norme de ce que l’on peut attendre une film de cette trempe, mais cette introduction se conclue par une très longue scène très approximative et ennuyeuse de combat dans le cockpit d’un hélicoptère… du grandiose d’une scène d’action au cœur d’une foule de Mexico, on est immédiatement balancé dans un univers exigu et inintéressant qui hôte toute forme d’intérêt à la scène. Je ne suis pas un expert de James Bond, mais c’est bien la première fois qu’un pré-générique me laisse à ce point sur ma faim ! Après un épisode suave et élégant, Sam Mendes semble vouloir faire un hommage aux opus des années 70, notamment dans l’établissement des personnages et la mise en place des scènes d’action. Cela pourrait fonctionner, mais le film est beaucoup moins dense et plus long que les épisodes de cette époque, ce qui donne un film mou, parfois ennuyeux. Autre gros défaut, les scènes d’action sont souvent mal calibrée et reposent sur des ressorts trop ridicule pour être acceptable dans ce qu’est devenu la série aujourd’hui (notamment une explosion surdimensionnées et gaguesque déclenchée par un petit coup de feu, ce qui ont vu le film comprendront). Mais le plus gros point faire de ce film est son méchant. S’il était difficile de succéder au magistral Javier Bardem, Christoph Waltz a la tâche ingrate d’être absent pendant presque tout le film et de ne rien faire pendant ses rares apparitions. Quel est l’intérêt ? Jamais on ne sent notre héros menacé, qu’il s’agisse des scènes d’action, du complot qui l’entoure ou des personnages qu’il croise. La réalisation étonnamment plate de Sam Mendes alliée à une histoire mal pensée suffisent à nous faire oublier les quelques bonnes idées du film comme la plus grande place laissée à Q ou un personnage féminin un peu plus intéressant que d’habitude (du moins avant le dernier acte du film qui la transforme en damsel in distress) interprété par une Léa Seydoux très convaincante.

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Il est difficile de mettre le doit sur ce qui ne fonctionne pas dans le scénario. Les figures imposées de la saga sont pourtant là : on voyage dans des paysages sublimes, le héros déborde de classe, les méchant sont caricaturaux au possible… mais ça ne prend pas. Ce film manque d’humour, de rythme et d’enjeu et cela vient du scénario qui justement s’applique trop à refaire un vrai James Bond à l’ancienne plutôt que de nous servir un bon film, d’autant plus que le film s’embarque dans une histoire trop complexe en comparaison des films auxquels il rend hommage. Pire, on sent que les rares bonnes idées on tout simplement été piquées à la saga concurrente Mission Impossible. On a droit ici à un film dépourvu du flegme qui faisait le charme et la marque de fabrique des précédents. C’est d’autant plus dommages que le scénario ramène un méchant mityque de la série, il aurait mérité un bien meilleur traitement. Et si Daniel Craig est toujours aussi bon en James Bond, le rôle lui va toujours comme un gant, cela ne suffit pas à sauver le film. On retrouve à ses côté pleins d’acteurs talentueux dans les rôles des seconds couteaux qui jouent tous très bien (Ralph Fiennes, Léa Seydoux, Ben Whisaw…) mais cette abondance de « good guys » laisse au final trop peu de place aux bad guys, qu’il s’agisse de Christoph Waltz qui n’a pas assez de présence à l’écran pour faire quoi que ce soit de son personnages, d’Andrew Scott lamentablement sous utilisé ici (c’est ce qui s’appelle gâcher un acteur, ce mec est incroyable en Moriarty dans Sherlock, servez-vous en correctement !) ou encore Dave Bautista qui aurait dut être une sorte de nouveau Jaws mais qui n’est jamais utilisé pour ce qu’il est, un force de la nature, au lieu de cela on le voit faire des courses poursuite en voiture avec James Bond

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Après nous avoir livré avec talent un opus délibérément différent du schémas traditionnel, Sam Mendes se casse les dents en voulant faire quelque chose de classique. Et si le film n’est pas pour autant une catastrophe, on se demande comment un objet cinématographique aussi mal calibré a pu voir le jour. Et au delà de son format, ce film fait également preuve de maladresse à plusieurs reprises, notamment dans la quasi agressivité sexuelle totalement déplacée du héros (oui, la scène avec Monica Bellucci) ou encore le discours passéiste du film qui nous explique gentiment que les nouvelles technologies c’est le mal (et comment oublier ce générique qui, au’delà de la chanson sans intérêt, nous présente un James Bond en plein milieu d’un hentai…). Bref, voilà un James Bond qui en a peu dans le ventre, qui s’étend inutilement et qui manque de légèreté. C’est dommage que Daniel Craig achève son temps de service sur ce film.

Spectre déçoit autant en tant que successeur de Skyfall qu’en tant qu’hommage au plus vieux opus de la saga…

Les plus:
La plus grande présence de Ben Whishaw (Q)
Les moins:
Le manque de rythme (même dans les scènes d’action)
Les « méchants » sans intérêts
Le scénario artificiellement complexe


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