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Note: Réalisation: Nanni Moretti Scenario: Nanni Moretti, Francesco Piccolo, Federica Pontremoli Casting: Nanni Moretti, Michel Piccoli, Jerzy Stuhr, Gianluca Gobbi… Musique: Franco Piersanti Sortie: 7 Septembre 2011 |
Synopsis:
Le pape est mort, les cardinaux du monde entier sont réunis pour choisir qui guidera les fidèles, mais aucun d’entre eux ne se sent les épaules de la situation et c’est Melville qui est choisi contre toute attente. Mais, au moment d’annoncer la nouvelle au monde, le nouveau pape tombe en dépression sous le poids de ses nouvelles fonctions et décide de repousser l’annonce de sa nomination. En attendant, l’ensemble des cardinaux sont enfermés dans le vatican, avec interdiction d’avoir des contacts avec l’extérieur, et un psychanalyste, venu ici pour aider le pape dans sa réflexion, se retrouve soumis au même règlement.
Critique:
Sur le papier, le film avait tout d’un bon brûlot contre la religion, intelligent et réaliste. On pouvait s’attendre à une réflexion sur le rôle de la religion, sur la condition d’homme qu’a le pape, sur la mort progressive de la foi en occident…bref, un film intelligent et osé qui traitait et critiquait la religion de l’intérieur. Mais au passage à l’écran, on se retrouve avec toute autre chose, une sorte de film en demi teinte qui tente de faire dans la légèreté plutôt que d’attaquer frontalement les sujets qu’il a établit dans son exposition. Car oui, Habemus Papam commence très bien, avec une impressionnante humanisation de l’organe religieux, et donc une démystification très intéressante et plutôt bien menée. Mais Nanni Moretti en reste là et semble finalement ne vouloir blesser personne et nous livre par la suite, à partir de l’élection du pape, un film poli et divertissant mais au combien mineur, partagé entre la gestion de l’attente de cardinaux par un psychanalyste enfermé avec eux dans le Vatican et l’introspection de ce pape qui s’aperçoit au crépuscule de sa vie qu’il n’a jamais voulu avoir de tels responsabilités, qu’il s’est juste contenté de toujours faire ce qu’on attendait de lui. Si cela n’est jamais désagréable, il n’y a pas grand chose à en tirer, pas grand chose de plus que ce qui est subtilement distillé dans l’introduction du film, sauf que cette fois-ci, ce n’est justement plus subtil du tout. Nanni Moretti essaie de faire du Woody Allen de la bonne vieille époque et se perd entre des clichés drôles mais dépassés sur la psychanalyse, une vision naïve de la religion et une construction maladroite du personnage du pape.

D’un point de vu formel, Habemus Papam est propre et soigné, il profite d’une photographie impeccable et d’un sens du cadrage intéressant doublé d’un montage alterné qui permet de donner à l’ensemble un rythme tenu jusqu’au bout du métrage – et sa décevante conclusion – qui permet de contre balancer le manque de substance de l’introspection du pape par l’aspect purement comique de la confrontation entre le psychanalyste et la horde de cardinaux. L’ensemble donne un divertissement honnête et original qui a le mérite de traiter avec intelligence et humanité de personnages inhabituels. Mais le film n’avait visiblement pas la volonté d’être un simple divertissement et il est donc d’autant plus décevant de voir qu’avec une telle ambition le film ne parvienne pas à être autre chose qu’anecdotique. L’aspect comique du film étant bien plus maîtrisé et réussi que l’introspection du pape, qui aurait dût le cœur et l’âme du film mais qui ne mène finalement à rien si ce n’est un enchainement de clichés sans intérêt, on fini par se demander si le réalisateur ne s’est pas laisser emporter dans un sujet qu’il ne maîtrisait pas et, de peur de faire dans l’attaque gratuite, a préféré modérer son propos.

Le film finit donc par être une drôle de comédie religieuse, un peu trop sérieuse cependant pour être remarquable. L’ensemble est bien trop gentil et bon enfant pour marquer et vaut surtout pour sa belle galerie de personnages (les cardinaux) qui parviennent à donner sa substance au film en humanisant sans ridiculiser ceux qui sont souvent considérés comme des icône sans personnalité propre. Nanni Moretti a presque accidentellement redorer le blason de la religion en lui donner ce qui lui manquait de légèreté pour redevenir sympathique.
Un beau sujet qui sombre dans le gouffre de l’anecdotique faute d’avoir réellement quelque chose à dire ou d’oser esquinter sa cible. Le film reste de très bonne facture, une comédie décalée qui échoue dans sa tentative d’être iconoclaste.
Les plus:
La confrontation cocasse entre les cardinaux et le psychanalyste
L’humour léger et pertinent qui rythme le film
Les moins:
Le manque de profondeur et d’intérêt du personnage du nouveau Pape
L’absence de propos du film

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