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Friends With Kids : La critique

Friends With Kids Un petit film intelligent, soigné et servi par quelques uns des acteurs les plus intéressants du moment. Sans être immanquable ou irréprochable, Friends With Kids est un délicieux divertissement.
Friends With Kids Note:2.5/4

Titre original: Friends With Kids
Réalisation: Jennifer Westfeldt
Scenario: Jennifer Westfeldt
Casting: Jennifer Westfeldt, Adam Scott, Maya Rudolph, Chris O’dowd, Kristen Wiig, John Hamm, Edward Burns, Megan Fox…
Musique originale : Marcelo Zarvos
Sortie: 1 Août 2012
Vu le 6 Août 2012 à 22h10 à l’UGC Montparnasse

Synopsis: Jason et Julie, deux excellents amis en plein milieu de leur trentaine s’aperçoivent que tous leurs amis commencent à fonder des familles. A la fois séduits par l’idée d’avoir un enfant et horrifiés par les conséquences que cela a sur un couple, ils décident de faire un enfant ensemble sans pour autant entamer une relation amoureuse.
Critique:
A une époque où ce sujet devrait être à la mode avec la profonde modification actuelle du format familial traditionnel, ce qui surprend le plus dans ce film c’est qu’il est à complet contre courant des « comédies romantiques » actuelles. Là où les Sex with Benefits et autre Sex Friends mettent en avant une sorte de démystification du sexe qui finit par devenir de l’amour par la force des choses, ce Friends with Kids, qui s’intéresse au même phénomène d’abandon de la notion classique du couple, préfère commencer une histoire par la création d’une famille, faisant de la relation amoureuse une conséquence de la famille. Pari osé de la part de Jennifer Westfeldt (qui signe ici son premier film) qui en plus d’écrire et réaliser ce film, joue le personnage principal. Si le résultat n’est pas incroyable, c’est un film sympathique, original, touchant et terriblement efficace qui fait ce que beaucoup de films du genre tendent à oublier ces derniers temps : construire son histoire autour de ses personnages (principaux et secondaires) et non pas le contraire. Jennifer Westfeldt impressionne donc par sa capacité à construire ses personnages avant son histoire, développant cette dernière très naturellement autour des protagonistes. La réalisation, discrète et très 90’s, est là pour se faire oublier et laisser aux acteurs et aux dialogue le rôle principal. Si on regrette les quelques flottements que cela provoque dans le rythme du film, l’ensemble de l’entreprise est tellement humble qu’on l’excuse tout à fait.
Friends With Kids

Le rôle principal est donc ici laissé à l’humain, aux personnages et à leurs relations. Réaliste sans verser dans la dramatisation ou oublier d’être divertissant, ce film s’intéresse à une génération de cadres supérieurs qui a toujours cru que la fondation d’une famille viendrait plus tard et qui, arrivé au bord de leur quarante ans, se rappelle qu’il est bientôt trop tard pour ce « plus tard ». Mais ce film a aussi l’intelligence de ne pas rendre son récit artificiel en le centrant sur une seule situation et entoure le couple principal (les amis qui décident de faire un enfant) par deux autres couples qui représentent deux autres vision de la famille avec leurs crises, leurs passions et leurs résolutions. N’allant pas aussi loin que le Away We Go de Sam Mendes, qui faisait une sorte de cartographie générale de la vie de couple avec des enfants, ce film est d’autant plus riches que les trois couples choisis sont à la fois très différents et très proches : la différences de leurs situations ne décrédibilise pas leur amitié. Et c’est d’ailleurs l’autre sujet, en arrière plan de ce film, la résistance et la nécessité de l’amitié face à l’épreuve de la fondation d’une famille. Malheureusement, le film se concentre un peu trop sur le couple formé par Adam Scott et Jennifer Westfeldt, ne laissant que des interventions ponctuelles aux deux autres couples, mais faisant de chacune d’entre elles des piliers de la structure narrative du film, jusqu’à son climax, un dîner entre amis qui tourne au cauchemar (scène extrêmement bien jouée et écrite).

Friends With Kids

Mais la réelle force de Friends with Kids est son casting, à commencer par Adam Scott, acteur trop peu utilisé (et pourtant à l’aise dans tous les genres) qui trouve enfin ici un rôle principal où il peut démontrer son talent et son naturel. La réalisatrice a également eu la bonne idée de rassembler dans les rôles secondaires 4 acteurs qui avaient l’habitude de jouer ensemble (Maya Rudolph, Chris O’dowd, Kirsten Wiig et John Hamm étaient tous au casting de Mes Meilleures Amies), garantissant des interactions d’un naturel incroyable et donnant au film un réalisme proprement sidérant. S’ils sont tous bon, on est surtout impressionnés par le contre emploi de Kristen Wiig, impeccable en femme au bord de la crise de nerf. Et comment ne pas être attendri par le couple Maya Rudolph/Chris O’dowd? Jennifer Westfeldt, quoi qu’un ton en dessous, est aussi très touchante, tandis qu’on se régale de voir Megan Fox et Edward Burns dans de parfaits petits seconds rôles.
Friends With Kids n’est pas un chef d’œuvre, mais il n’essaie pas de l’être, le film est touchant et intelligent et ne se repose jamais sur des cordes facile. Si on regrette qu’il soit un peu passé à côté de son sujet en déséquilibrant l’histoire à la faveur d’un seul couple, on ne peut que souligner la qualité global de l’entreprise.
Les plus:
Un casting proprement incroyable de « bons acteurs qu’on aime »
Des dialogues et un scénario parfaitement écrits
Un climax intense entièrement fondé sur des dialogues
Les moins:
Le trop peu de temps consacré aux couples Maya Rudoplh/Chris O’dowd et Kristen Wiig/John Hamm
Les nombreux flottements du film


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