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Billets d'humeurs cinéphagiques

Elle s’appelle Ruby : séance de rattrapage

Elle s'appelle Ruby Raté sur grand écran l’an passé la découverte de ce deuxième long du duo Dayton/Faris est une petite déception, tant sur le fond que sur la forme.
Elle s'appelle Ruby Note:2/4
Titre original: Ruby Sparks
Réalisation: Jonathan Dayton, Valerie Faris
Scenario: Zoe Kazan
Casting: Paul Dano, Zoe Kazan, Chris Messina, Steve Coogan, Annette Bening, Antonio Banderas…
Musique originale : Nick Urata
Sortie: 3 Octobre 2012
Vu le 9 Juin 2013 en DVD

Synopsis:
Clavin est un trentenaire dépressif écrasé par le poids du succès et de la réputation de son premier roman auquel il n’arrive pas à donner de suite, près de 10 ans après. Sur les conseils de son psychologue, il commence à écrire sur ses rêves et finit par tomber amoureux d’un personnage issus de ceux-ci, jusqu’au jour où cette personne apparaît par magie dans sa vie et son appartement.
Critique :
Après le succès critique et publique de leur merveilleux Little Miss Sunshine, on attendait le duo Dayton/Faris au tournant tant ils semblaient être les prophètes d’un nouveau cinéma indépendant. Après 6 ans d’absence, ils reviennent donc avec ce film dont le scénario est signé de la main de l’actrice principale, Zoe Kazan. On comprend tout de suite ce qui les a séduit dans ce script : le parallèle avec leur situation artistique est assez (un peu trop même) évident. Traitant de la difficulté pour un artiste à trouver l’inspiration, d’autant plus quand le public et la critique a des attente, Elle s’appelle Ruby nous propose une vision assez littérale de la recherche d’inspiration en personnifiant celle-ci sous les traits de Ruby. Sans être révolutionnaire (le sujet a par exemple incroyablement bien été traité dans le sublime Harry un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll), le film parvient, durant sa première moitié à faire l’équilibre entre une comédie romantique décalée et féérique et la métaphore citée plus tôt. Le problème est que, sur le longueur, le scénario ne trouve plus rien à faire de ce concept et transforme ce qui aurait put être un merveilleux court métrage en long métrage poussif et mou. Niveau réalisation, si l’ensemble est propre et parfaitement maîtrisé, on est surpris de voir à quel point les réalisateur échouent dans leur tentative de rendre le film vivant et humain. Les décors, les personnages et les situations sont sont statiques et froids, totalement hermétiques. C’est d’autant plus dommage que le casting très riche promettait une réelle aventure humaine.
Elle s'appelle Ruby

Zoe Kazan est une très bonne actrice : elle a un présence et un charme qui lui permettent de donner de la vie et de la profondeur à des personnages même très secondaires (voir sa performance simple et juste dans Les Noces Rebelles), mais on ne peut pas en dire autant de son écriture. Avec ce premier scénario, la scénariste prouve qu’elle est capable de raconter une histoire mais pas de créer des personnages. C’est d’autant plus dommage que le film entier tourne autour de la création de personnages. On a donc droit à une galerie de personnages sans profondeur ni évolution, qui se contentent d’être des clichés malmenés. Niveau acteurs, le couple Zoe Kazan/Paul Dano fonctionne parfaitement (et heureusement pour eux) même s’ils peinent parfois à rendre leurs personnages sympathiques. Niveau second rôle, il y a de très bon acteurs qui n’ont pas grand chose à faire. Le seul acteur qui sort son épingle du jeu est Chris Messina, qui hérite aussi du rôle le plus intéressant (le frère du personnage principal).

Elle s'appelle Ruby

Hésitant entre la comédie romantique et le film fantastique, Elle s’appelle Ruby ne parvient qu’à être un divertissement honnête. On regrette que les auteurs de Little Miss Sunshine n’aient pas réussi à reproduire le miracle humain de leur premier film. l’atmosphère globale du film est agréable et l’exploration de la métaphore de l’inspiration connaît quelque éléments intéressant (comme la confrontation avec un autre auteur plus charismatique, incarné par le toujours impeccable Steve Coogan, qui tente de s’en emparer) mais un scène du dernier tiers du film détruit toute forme de sympathie ou d’empathie qu’on pouvait avoir avec le personnage principal, tout en brisant un peu la métaphore et rend le film impossible à visionner plusieurs fois.
Sans être un mauvais film, Elle s’appelle Ruby est d’une étrange fadeur, comme si le film n’avait jamais réussi à se trouver une personnalité ou un ton valable, sans pour autant être dérangeant ou ennuyant.
Les plus:
Un casting très riche
Un rythme agréable
Les moins:
Des personnages plats
Une reflexion menée à moitié


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