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Drive : la critique

Drive Puissant, sobre, élégant et intemporel, le nouveau Nicolas Winding Refn est un petit bijou de cinéma aussi maîtrisé qu’efficace servi par un duo d’acteurs particulièrement bien assorti.
Drive Note:4/4
Réalisation:Nicolas Winding Refn
Scenario: Hossein Amini
Casting: Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Perlman, Oscar Isaac, Albert Brooks, Christina Hendricks…
Musique: Cliff Martinez
Sortie: 5 Octrobre 2011

Synopsis:
Il est cascadeur pour le cinéma et arrondi ses fins de mois en faisant chauffeur de nuit pour les casseurs de Los Angles. Il se prend d’affection pour sa voisine, une jeune femme fragile élevant seule son enfant pendant que son mari est en prison. Que ce dernier sort de prison et est rattrapé par son passé, Il décide de l’aider.
Critique:
Drive est un thriller d’action épuré et élégant qui parvient avec un naturel déconcertant à passer de la plus grande des violences à la plus gracieuse des beautés le tout sur un rythme aussi aéré que tendu. Voilà un film comme on en voit pas souvent, pas assez souvent tout du moins, un film qui a du caractère, qui ne va jamais vers la facilité et qui parvient à créer un univers et une ambiance unique, faisant de la séance de cinéma ce quelle devrait toujours être : une expérience. Et quelle expérience ! Se servant de son scenario d’une extrême simplicité (dans de mauvaises mains ça aurait pu ressembler à une production Besson) comme un véhicule pour sa réalisation qui va bien au-delà des mots et sa direction d’acteurs précise et sensible, Nicolas Winding Refn nous démontre un fois de plus que le cinéma est un langage à part entière qu’il parle couramment et nous transporte pendant une heure et demi au cœur de cet univers peuplé de vrombissement de moteurs et de décor urbains. La première chose qui frappe est l’aspect compact et essentiel de l’ensemble. Aucun plan n’est là pour meubler, aucun dialogue n’est délivré à la légère, chaque regard – et chaque clignement de paupière – est aussi important d’une tirade. Le réalisateur démontre son génie dans son économie, et sa capacité à impliquer en permanence le spectateur dans les pensées de ses personnages. Comment ne pas être au bord de l’extase dans ces courses poursuites d’un hallucinant réalisme où la musique est progressivement remplacée par le vrombissement sourds et galopant du moteur ? Comment de pas être terrasser par les montée subites de violences qui viennent, très ponctuellement, envahir l’écran, avec une intensité qui n’est pas sans rappeler le Sailor & Lula de David Lynch. Le réalisateur signe ici un film somptueux qui ne fait pourtant jamais dans l’esthétisme gratuit. Tout est ici au service de ses personnages qui constituent dans leur mutismes et leurs errances le cœur de l’histoire.

Drive

Et si la réalisation est bien évidemment l’intérêt principal du film – et l’un des prix les plus mérités de Cannes – la part belle est laissée aux acteurs, avec au premier plan un Ryan Gosling monstrueux de charisme qui joue ici à l’économie pour mieux fournir à chacune des actions de son personnage plus de force et de sens. Son impassibilité permanente ne rend que plus belle l’évolution de son personnage, qui n’est pas sans rappeler un croisement entre la noblesse du Ghost Dog de Jim Jarmush et le violent désir de justice du Taxi Driver de Martin Scorsese. A ses côtés, Carey Mulligan continue de faire son troue et se révèle une fois de plus désarmante de naturelle. Parfait contrepoids à la dureté de façade de Gosling, la sensibilité à fleur de peau et sa sincérité viennent donner au film son sens, son personnage étant l’axe autour duquel tous les développements tournent, mais elle parvient aussi à évité l’écueil de la demoiselle en détresse. Le couple – très prude et c’est tant mieux – formé par ces deux acteurs est idéal et donne un réel équilibre à l’ensemble du film. Autour d’eux, on retrouve avec plaisir Bryan Cranston qui trouve enfin une place sur grand écran, ici désarmant en patron paternaliste et brisé du personnage principal, Ron Perlman qui s’approche de plus en plus du diable et Albert Brooks ici d’une extrême ambiguïté en mafieux pris entre deux feux. A noter aussi l’apparition éclaire mais remarquable de Christina Hendricks qui agit comme un détonateur de la violence du film. Toutes les prestations sont minutieuses et épurées pour laisser à la réalisation le soin d’apporter la sensibilité au film.

Drive

Drive est à la fois direct et pudique, un simple film de vengeance qui trouve sa grandeur dans son casting exemplaire et sa réalisation sans fautes, aussi inventive que consistante. Un véritable plaisir cinématographique qui ne se veut à aucun moment élitiste, le tout transporté par une musique venue d’ailleurs, à complet contre courant de la mode actuelle, qui donne à l’ensemble l’aspect une puissante poésie. Et c’est bien la beauté de l’ensemble qui est exaltante, beauté de la réalisation, du jeu des acteurs et de l’histoire en général.
Nicolas Winding Refn nous montre une fois de plus sa grande maîtrise du langage cinématographique et nous propulse dans cette romance prude et violente. Un film unique, surprenant et impressionnant.
Les plus:
La réalisation puissante et sobre de Nicolas Winding Refn
La préstation minimaliste et efficace du duo Ryan Gosling/Carey Mulligan
La pudeur générale du film.
Les moins:
Rien


posted by valmens in Les Critiques and have Comment (1)

One Response to “Drive : la critique”

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