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Crazy Stupid Love : la critique

Crazy Stupid Love Un film qui n’a pas les épaules de ses prétentions et qui sombre progressivement dans l’anecdotique puis dans le ridicule et cela malgré un casting prestigieux.
Crazy Stupid Love Note:1/4
Réalisation: Glenn Ficarra, John Requa
Scenario: Dan Fogelman
Casting: Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Emma Stone, Kevin Bacon, Marisa Tomei…
Musique: Christophe Beck, Nick Urata
Sortie: 14 Septembre 2011

Synopsis:
Cal et Emily sont marié depuis 25 ans. Leurs enfants, leur maison et leur situation stable sont des indice extérieure que tout va pour le mieux dans le meilleurs des monde pour eux. Pourtant, subitement, Emily demande Cal en Divorce et lui avoue qu’elle a eu une relation avec un collègue de bureau. Cal quitte alors immédiatement le logement familiale et traîne son désespoir dans un bar où il rencontre Jacob, jeune homme séducteur et égocentrique qui devient son mentor dans la récupération de sa virilité perdue.
Critique:
Le pitch de départ avait beau être très classique, on pouvait espérer, avec un tel casting, que le développement de l’histoire et des personnages réserveraient beaucoup de surprises et que ce film ferait partie de ces petites sucreries cinématographiques qui cachent en leur cœur une puissante liqueur aussi efficace que terrassante. Il n’en est rien, c’est de la friture, du réchauffé. Il est difficile de dire ce qui est le plus choquant dans la médiocrité dégoulinante de bons sentiments et de morale prête-à-penser qu’est ce film, cependant, la première chose qui dérange durant le visionnage de Crazy Stupid Love est l’aspect extrêmement bancal et rafistolé de la narration. L’histoire se déroule en effet selon trois ou quatre axes qui, plutôt que de se croiser et de se développer en parallèle, sont tour à tour complètement laissés de de côtés, pour ne pas dire oubliés, avant de ressurgir tous de front pour un final digne d’une mauvaise comédie de boulevard. Ainsi, il est impossible de s’attacher réellement aux personnages puis qu’on les abandonne aussi brutalement qu’ils ont été mis au cœur du film. L’autre gros défaut de ce film, du point de vue de son écriture, est l’absence totale de personnalité de ses personnages, qui sont tous des clichés complètement éculés, certains d’entre eux (parmi les principaux) n’ayant même pas de personnalité propre, en particulier les femmes (Julianne Moore n’a aucune scène qui lui est dédiée et n’est donc qu’une donneuse de réplique, quant à Emma Stone, on nous impose tous le long du film ses décisions sans ne jamais en avoir ses raisons ce qui donne au personnage une absence totale de densité). Il en résulte une histoire plus subie que suivie, avec des développements bien trop soudains de ses personnages qui donnent à l’ensemble un aspect confus est indigeste, pour ne pas dire complètement ennuyeux. Les réalisateurs avaient déjà eu les mêmes problèmes sur leur film précédent, le très surfait I love you Philip Morris que la critique avait malgré tout encensé, il est donc triste, mais pas surprenant, de voir qu’ils n’ont pas réussi à évoluer d’un iota depuis.
Crazy Stupid Love

Ce qui est réellement énervant dans Crazy Stupid Love est qu’il a des prétentions qui le dépassent complètement, avec sa musique et son casting qui veut en permanence nous faire penser à Little miss sunshine, ses grands discours plein de vide sur l’amour et les relations et son soit disant décalage par rapport aux clichés qu’il véhicule. Il n’arrive jamais à assumer ce qu’il est réellement, une grosse comédie sentimentale dégoulinante et écrite avec les pieds pour bien réchauffer les cœurs dans les chaumières américaines, un produit formaté et prêt-à-regarder qui n’a pas plus d’âme qu’un Big Mac. Ce qui n’est pas un drame en soit, ce genre de films n’étant en rien à dénigrer si seulement il s’assume. Ce qui est le plus désolant dans l’affaire est de voir des acteurs de talent, qui jouent d’ailleurs tous aussi bien qu’ils le peuvent compte tenu de la situation, se laisser entrainer dans une telle affaire. Steve Carell et Ryan Gosling sont très bons en Buddie mal assortis, Julianne Moore est efficace dans le maigre rôle qui lui est attribué et parvient presque à nous faire oublier l’aspect hautement misogyne de sa situation (la femme est visiblement là uniquement pour être conquise dans l’esprit des réalisateurs) et Emma Stone, en l’absence de personnage écrit, joue à fond sur son charme naturel dans les quelques scènes qu’on lui a laissées. Je me dois cependant ici de faire, une fois n’est pas coutume, une parenthèse un peu plus personnelle : depuis quand Marisa Tomei hérite des rôles de vieilles filles désespérées qui se fait rejeter par tout le monde ? Dans quel monde pervers et décadent pourrait-on voire une telle chose ? L’actrice a beau approcher à grands pas la cinquantaine, elle n’a rien perdu de son charme et de son charisme, et n’a vraiment rien à faire dans ce rôle caricatural et inutile qui finit par être humiliant et gênant. C’est offensent de la voire ainsi traitée et chacune de ses scènes en devient douloureuse.

Crazy Stupid Love

Et si Crazy Stupid Love, aussi mal structuré et artificiel soit-il, poussant le vice de la médiocrité jusqu’à la justification du manque total de développement de ses personnage par un « grand final » plein de théâtralité et de « surprises » qu’on ne voit en effet pas venir parce qu’aucun élément n’a été mis en place pour cela, ce n’est pas non plus un supplice à regarder, l’ensemble étant plutôt bien filmé, bien joué et ludique à défaut d’avoir quelque chose à dire mais on ne peut pas se contenter de ça. Ceci est une excuse de comédie sentimentale qui se veut mature alors que son discours sur l’amour et les relations est on ne peut plus primaire (et d’ailleurs la voix de la sagesse du film est incarné par un horripilant gamin de 13 ans).
Un film qui n’avait pas grand chose à revendre et qui parvient malgré cela à décevoir. Crazy Stupid Love finit par devenir complètement ridicule au point qu’il est gênant de voir de tels acteurs de démener dans un tel véhicule.
Les plus:
Une BO certes cliché mais agréable
Un casting de talents (mais ce n’est pas suffisant pour cacher le reste)
Les moins:
Une structure narrative maladroite et surfaite
Un développement des personnages inexistant
Une morale très sucrée


posted by valmens in Les Critiques and have Comment (1)

One Response to “Crazy Stupid Love : la critique”

  1. Je suis d’accord avec toi sur cette critique. J’ai également été très déçu et la fin est vraiment difficile à regarder. Fuck, cette scène du discours du garçon, c’était vraiment énervant. Je vais aller l’allumer sur Sens Critique, ça va me détendre.

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