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Billets d'humeurs cinéphagiques

Baby Driver : la critique

Baby Driver Edgar Wright revient plus en forme, avec un film fun, virtuose et absolument jouissif qui confirme tout le bien qu’on pensait de lui !
Baby Driver Note:3,5/4
Titre original: Baby Driver
Réalisation: Edgar Wright
Scenario: Edgar Wright
Casting: Ansel Elgort, John Hamm, Jamie Foxx, Lily James, Kevin Spacey…
Sortie: 19 juillet 2017
Musique: Steven Price
Vu le 23 Juillet 2017 à 19h45 à l’UGC Ciné Cité Confluence

Synopsis:
Baby est un chauffeur de génie et un accroc à la musique. Il a une dette qui l’oblige à être le chauffeur pour des braqueurs même si cela s’oppose à sa manière de penser, mais il a bientôt fini de la rembourser. Mais alors que sa dernière course approche, il rencontre Debora…
Critique :
Baby Driver est un film comme on aimerait en voir plus souvent. Loin d’être parfait, c’est un divertissement jouissif et assumé qui parvient en plus à être extrêmement intelligent dans sa mise en forme et sa structure. Edgar Wright aime mélanger les genres et les références, cela est évident depuis ses débuts avec la merveilleuse série Spaced. Baby Driver ne fait pas exception puisqu’il prend la structure narrative d’un film de casse/gangster assez classique en mêlant cela avec la comédie musicale, tout en se permettant de tordre ce second genre. Ici pas de numéros chantés (on n’est pas dans La La Land) mais une utilisation astucieuse et permanente de la musique. Elle ne sert par d’accompagnement mais de structure au film, sans pour autant nous sortir du réel : la musique fait partie de la diégèse du film, c’est la musique qu’écoute le héros. Edgar Wright chorégraphie l’intégralité de son film en fonction de sa BO, du rythme des scènes d’action aux dialogues. L’exercice est périlleux car cela pourrait retirer toute forme de spontanéité au film, mais le réalisateur anglais est un maître en la matière (il suffit de regarder Scott Pilgrim pour le comprendre) et le résultat est d’une perfection hallucinante d’un point de vu rythmique. On en vient même à être distrait par la réalisation de certains éléments en arrière plan qui sont eux aussi en rythme avec la BO. Baby Driver est avant tout un film cool, ici pas d’introspection ou d’arc narratif complexe, même si on apprécie une certaine dose de réalisme et de complexité dans la construction du personnage principal avec une conclusion cohérente et intéressante. Si on regrette l’absence de personnages féminins consistants ou la facilité de certains nœuds narratifs, l’ensemble impressionne par sa cohérence et sa fluidité. Edgar Wright n’est plus juste le dieu des nerds, c’est un grand réalisateur au sens le plus large du terme. Sous ses faux airs de petit divertissement dans prétention, Baby Driver est une pépite qui, tout comme Mad Max Fury Road il y a 2 ans, nous prouve que les films d’action à l’ancienne (c’est à dire sans débauche d’effets numériques) ont encore de beaux jours devant eux.

Baby Driver

Comme dit précédemment, le scénario, au sens propre du terme, nous réserve très peu de surprises, puisque c’est avant tout un exercice de style. Mais il serait cependant réducteur de le réduire à son histoire. En plus de parvenir à construire un héros intéressant et cool à partir d’un personnage quasi mutique, le film possède avant tout une écriture musicale proche de la perfection. Evitant soigneusement les gros hits ou les musiques trop modernes qui risqueraient de mal vieillir, le film possède une moelle épinière musicale dés son scénario qui permet de donner son rythme et son sens au film. C’est cette fois-ci en solo que Wright l’a écrit, et si l’on perd un peu l’humour de ses précédents films, on y gagne en dimension cinématographique : on sent à chaque instant que ce film a été écrit avec des images, un montage et surtout des musiques en tête. Rien n’a été laissé au hasard, mais rien n’est pour autant froidement mécanique. Le scénario se permet de s’écarter des personnages et des dialogues pour laisser plus de place à la mise en image. Malgré cela, l’humour reste présent, que ce soit dans l’écriture volontairement caricaturale des personnages qui semblent chacun sortir de différents films que dans les dialogues qui ne cherchent pas la blague à tout prix mais qui parviennent toujours à amener une certaine légèreté au film. Une fois de plus, Edgar Wright peuple son film de milliers de références cinématographiques (Terminator, Arizona Junior…), parfois évidentes, souvent fines et toujours justifiées. Cela va jusque dans le casting qui, en tant que film musical, fait intervenir de nombreux musiciens, Jamie Foxx et Flea en tête. L’acteur principal est d’une grande justesse dans un rôle casse gueule au possible (son personnage est soit placide soit débordant de vie au point de danser en permanence). Avec élégance et simplicité, Ansel Elgort s’impose ici comme un talent à suivre. À ses côtés, les nombreux seconds rôles prestigieux s’éclatent tous, en particulier John Hamm, qui crève l’écran avec un personnage sanguin et imprévisible. Tout le monde semble être heureux de participer, personne ne vient cabotiner ici.

Baby Driver

Personnage principal du film, la musique est ici bien lotie. A la fois nostalgique et pointue, la sélection de morceaux qu’a fait ici Edgar Wright est un pur plaisir, autant qu’un élément indispensable au scénario, au point qu’il est souvent difficile de savoir au s’arrête la musique et où commence les bruitages du film. Globalement brillant, Baby Driver est un film hors du temps, une bouffée d’air frais dans l’univers cinématographique actuel. Loin d’être dépourvu d’imperfections, le film n’en reste pas moins l’un des divertissements grand public les plus accomplis de ces dernières années. Ce qui surprend le plus au visionnage, c’est la minutie de la réalisation, la capacité du réalisateur à maitriser chaque éléments, de la directions d’acteurs au plus distant des bruitages, sans que cela ne paraisse pour autant maniéré. Si Wright avait un peu déçu avec son précédent film, le plutôt moyen Dernier pub avant la fin du monde, ce nouveau film s’inscrit dans l’évolution naturelle du réalisateur et marque un nouveau tournant dans sa carrière, Baby Driver étant probablement son film le plus personnel, un film de réalisateur virtuose et humble.

Sous ses faux airs de simple comédie d’action, Baby Driver est un tour de force cinématographique qui donne ses lettres de noblesse au cinéma populaire.

Les plus:
L’incroyable réalisation d’Edgar Wright
La bande son parfaite
Le casting au complet
Les scènes d’action sans CGI
Les moins:
Un scénario un peu léger


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