Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

Attack The Block : la critique

attack the block Joe Cornish vient bousculer les code du film d’extraterrestre et nous livre un concentré d’action et d’aventure plus de moments de bravoure.
attack the block Note:3/4
Réalisation:Joe Cornish
Scenario: Joe Cornish
Casting: Alex Esmail, John Boyega, Leeon Jones, Jodie Whittaker, Luke Treadaway, Nick Frost…
Musique: Steven Price, Simon Ratcliffe, Felix Buxton
Sortie: 20 Juillet 2011

Synopsis:
Alors que les petits malfrats d’une banlieue chaude du sud de Londres vaquent à leurs occupations non recommandables, des bêtes venues de l’espace tombent du ciel et sèment la panique dans la cité. Convaincu que la police ne fera rien, un groupe de petits délinquants décide de régler leur compte à ces créatures belliqueuses aux crocs fluorescents.
Critique:

Attack The Block n’est pas un film d’extraterrestres comme les autres. Tout droit sorti de l’imagination décalée de Joe Cornish et des studios qui ont produits quelques perles de Edgar Wright (Hot Fuzz, Shaun of The Dead), ce film au ton décalé qui clame en permanence sa volonté de ne pas être un film de science fiction se place immédiatement dans une catégorie indéfinie et intrigante de film qui n’ont pas vraiment de sens. Autant un film d’action qu’un film de monstre, autant un film d’aventure qu’une comédie sociale anglaise, le film passe d’un genre à l’autre avec une impressionnante aisance, grâce à un scenario efficace et simple, une galerie de personnages caricaturaux et attachants et des choix esthétiques qui viennent pallier au manque de budget de certaines scènes. Le film nous fait donc suivre une bande de jeunes délinquants mineurs, coutumier des petites agressions, vols de sacs et deal de drogues de bas étages, qui voient dans cette soudaine invasion de leur quartier par des bestioles intergalactiques non seulement une intolérable intrusion dans leur territoire mais aussi et surtout une excellente occasion de foutre un beau bordel impunément, au nom de la défense de leurs terres. Point de départ de cette histoire, le groupe sera par la suite rejoint par une femme qu’ils ont récemment agressée et un hipster venu là pour se fournir en drogue, le tout poursuivit par le caïd local qui ne veut pas se faire voler le contrôle de la cité par cette bande de gamin. Cette belle variété de personnage permet non seulement de donner un véritable rythme à l’histoire, mais aussi de décrire avec précision la hiérarchie sociale qui existe dans les cité de Londres, où le pouvoir se dispute entre des caïds fous de la gâchettes et des gamins qui n’ont pas de sens de la réalités, où la drogue et la violence sont monnaie courante. On se rappelle que dans le même genre, la France avait fourni il y a 2 ans La Horde qui concentrait une attaque de zombie dans une banlieue française, mas le film, aussi fun et soignait était-il, se voyait plombé par son manque d’humour et d’acteurs de qualité (hormis Claude Perron et Yves Pignot). Joe Cornish semble avoir tiré les leçons de ce film et nous propose donc sa réponse anglaise, dénuée de ces faiblesses.
attack the block

La force du film réside d’ailleurs dans sa capacité à créer un contexte réaliste à cette histoire loufoque, donnant ainsi une réelle consistance à ses personnages et laissant au spectateur l’opportunité de se laisser prendre au jeu. Mais le réalisateur et scénariste (qui a d’ailleurs travaillé avec Edgar Wright sur le scenario de Tintin) sait bien qu’il ne doit jamais laisser l’aspect réaliste prendre le dessus, et c’est donc un travaille de constant décalage qui est ici accompli où cette bande de gamins calquée sur des goonies des mauvais quartiers laisse toujours l’humour passer au dessus du discours social. Même si on peut à ce sujet regretter une fin un peu caricaturale (oui, une fois de plus les jeunes de banlieue sont des victimes, les flics sont crétins…) l’ensemble est suffisamment enlevé et bien ficelé pour excuser ce petit dérapage de dernière minute, qui est surtout là pour rappeler qu’aussi drôle et décalé soit le film, le contexte de base est malheureusement une réalité. Démontrant une étonnante capacité à créer des scènes d’action détonantes (notamment dans son utilisation du décors urbain et de ses limites), le réalisateur parvient à ne jamais se répéter et à se détacher de tous les clichés de films de monstre et de banlieue pour nous livrer au final un film qui qui sent le neuf.

attack the block

L’autre grande force du film est donc sa fraîcheur, entre une réalisation pleines d’idées (du découpage au choix esthétiques des monstres) qui ne laisse jamais retomber le rythme du film et qui ne perd jamais en cours de route l’une de ses nombreuses intrigues, la musique phénoménale de Steven Price accompagné ici des Basement Jaxx qui emballe cette chasse à l’extraterrestre de beats de bass déménageants et surtout ce groupe d’acteurs, presque tous inconnus, qui sont aussi drôles et qu’efficaces, nous rappelant une fois de plus que l’Angleterre est l’un des plus beaux réservoir de talents du cinéma (mention spéciale à Alex Esmail dans le rôle de Pest, qui vient ponctuer les scènes d’attaques humoristiques très efficaces, à la manière d’un Robert Sheehan). Ajoutez à cela quelques très belle scènes d’action, des rebondissements inattendus, la mort en cours de route de certains personnages principaux (c’est rare, surtout quand il s’agit de gamins de 15 ans) et les apparitions hilarantes d’un Nick Frost complètement stone, et vous avez là l’un des plus beaux divertissements décomplexés de l’été, doublé d’un excellent film d’extraterrestre qui parvient à être réellement original sur un genre où on croyant que tout avait été dit. Le film ne vise d’ailleurs pas à être autre chose.
Simple et efficace, Attack The Block prend de le contre pied de Paul et Super 8 en faisait un film d’extraterrestre anti-nostalgique, ancré dans son temps. Si tout n’est pas une réussite, l’ensemble est suffisamment original et divertissant pour oublier ces quelques imperfections. Un films en forme de réservoir de talents, puisque les acteurs comme le réalisateur et scénariste y font ici leurs premières armes.

Les plus:
Une troupe d’acteurs rafraichissants
Un humour à la Misfits bienvenu
Une réalisation tonique et intelligente
Les moins:
Une morale finale un peu trop gentillette


posted by valmens in Les Critiques and have Comments (2)

2 Responses to “Attack The Block : la critique”

  1. […] Hot Fuzz et Scott Pilgrim Vs. the world) et Joe Cornish (qui nous avait ravi cette année avec son Attack The Block), et on ressent la volonté des deux larrons de donner à cette aventure le même rythme […]

  2. […] au moment du premier visionnage : 3/4 DVD acheté : Oui Lien vers la critique MovieSlayer Détournement anglais et déliant du film d’alien, ce film parvient à mélanger avec talent […]

Place your comment

Please fill your data and comment below.
Name
Email
Website

* Copy this password:

* Type or paste password here:

Your comment
Protected by WP Anti Spam