Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

Apollo 18 : la critique

Apollo 18 Le film tente de transporter le concept de Blair Witch dans l’espace mais se prend le pied dans le fil, avec un scenario ridicule, des effets spéciaux ratés et un rythme d’une incroyable lenteur.
Apollo 18 Note:1/4
Réalisation: Gonzalo López-Gallego
Scenario: Brian Miller, Cory Goodman
Casting: Warren Christie, Ryan Robbins, Lloyd Owen…
Musique: Pas de musique
Sortie: 5 Octobre 2011

Synopsis:
La nasa envoie une mission secrète sur la Lune, Apollo 18, durant la guerre froide dans le but d’installer des modules de surveillance afin de garder en permanence un oeil sur les activité terrestres de la russie. Mais une fois sur place, les astronautes s’apperçoivent que le but réel de la mission leur a été caché.
Critique:
Apollo 18, dans son aspect esthétique et scénaristique, se rapproche volontairement d’une nouvelle tendance cinématographique propre à l’horreur, inaugurée il y a 12 ans par le projet Blair Witch et réanimé il y a 2 ans par Paranormal Activity, ces films d’horreurs soit disant monté à partir de vidéos réelles jouant sur l’ambiguïté entre réalité et fiction. Si le film, par tout ses aspects, dépasse de loin Paranormal Activity, il n’en reste pas moins un échec total (comme quoi être mieux que ce qu’il y a de mauvais ne suffit pas à être bon). Dès son introduction qui insiste sur le fait que ces images sont censée être tiré de documents cachés par la NASA, le film nous perd en mêlant ces images à une vidéo de barbecue des astronautes qu’on suivra par la suite dans le film : qu’est-ce que cette vidéo là faisait dans les stock de la NASA ? Le reste du film cumule les incohérences et ne parvient pas à respecter le concept pourtant simple de ce film. En effet, l’ensemble des images sont censées provenir des caméras se trouvant sur la navettes (des caméras de sécurités et des petites caméras manipulées par les astronautes une fois sur la lune), mais en permanence des cadrages et des angles de vue ne sont clairement pas issus de ces caméras, ils ne peuvent pas l’être, et donc retirent au film son seul argument de vente, son soit disant réalisme. Autre énorme problème, la faible (ridicule) qualité des effets spéciaux : l’atterrissage du module lunaire est l’un des plus laids de l’histoire du cinéma, et cela malgré un budget de 5 000 000$. Où est passé cet argent ? Bref, à aucun moment on ne peut croire à cette histoire, rentrer dans le film et donc, en plus du ridicule profond de l’histoire, la forme du film ne prend pas et laisse de marbre le spectateur, si ce n’est pour quelques sursauts en général provoqué par des effets horrifiques de bas étages.

Apollo 18

Pourtant, l’idée de base était bonne, ce huit clos lunaire aurait put être réellement terrifiant si le film avait scrupuleusement conservé sa forme documentaire et si le réalisateur n’avait pas essayé de faire des plans dont il n’avait pas le moyen. Ducan Jones avait réussi à faire un huit clos lunaire hallucinant avec son Moon, qui profitait d’ailleurs de l’exacte même budget. Autre problème majeur du film : la disparition très rapide du mystère. En montrant de manière concrète la source de la peur, le film perd son aspect mystérieux et devient un banal film d’extraterrestre. C’est dommage car en jouant sur l’ambiguïté et les hallucinations qui peuvent être provoquées par l’isolement, le film aurait là encore put développer quelque chose de cohérent et de troublant. Mais non, le réalisateur veut absolument expliciter et on se retrouve avec des petits hommes gris très moches qui semblent tout droit sorties d’une bandes horrifique des années 80. Bref, on avait beau ne pas attendre grand chose de ce Appolo 18, on ressort avec l’impression d’avoir perdu son temps. Pourtant, ce genre horrifique/réaliste n’est pas nécessairement voué à l’échec, d’autres productions ont su se servir de ce carde non pas comme une excuse pour faire un film sans moyens ni idée mais pour construire une nouvelle forme d’horreur, l’exemple le plus flagrant dans le genre étant le sublime [REC] qui utilisait ce concept comme un moyen extraordinaire de raconter son histoire (qui n’aurait d’ailleurs jamais pu être aussi efficace avec un cadre traditionnel). Avec Apollo 18, on ne peut s’empêcher de penser en permanence que les scénaristes ont d’abord pensé à faire un « Blair Witch sur la lune » plutôt qu’à l’histoire bâclée qu’ils ont fini par pondre.

Apollo 18

Mais comme le film n’est pas un échec total dans le sens où, pour ce genre, il profite tout de même d’un montage travaillé et intéressant, d’une recherche visuelle réelle et de quelques trouvailles de réalisation qui sont malheureusement trop rares pour relever le niveau. Autre gros point positive pour le film, qui lui permet d’ailleurs de se démarquer nettement de Paranormal Activity, son casting est composé d’acteurs professionnels et capables qui sont parviennent de transmettre des émotions. C’est d’ailleurs la seule chose qui sauve réellement le film et qui instaure une certaine forme de tension tout le long du métrage, l’évolution de la relation entre les deux personnages principaux.
Un film qui a été fait dans la précipitation, sans avoir été réellement pensé, qui aurait pu donner un résultat valable si seulement le scénario et la réalisation avaient su utiliser le concept de base comme un moyen et non comme une contrainte.
Les plus:
Un casting valable pour une production de cette envergure
Les moins:
Un scénario ridicule
De nombreuses incohérences
Des effets spéciaux pas au niveau


posted by valmens in Les Critiques and have No Comments

Place your comment

Please fill your data and comment below.
Name
Email
Website

* Copy this password:

* Type or paste password here:

Your comment
Protected by WP Anti Spam