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Billets d'humeurs cinéphagiques

Absolutely Anything : la critique

Absolutely Anything Terry Jones a attendu 19 ans avant de nous offrir ce film, on aurait préféré qu’il le garde pour lui…
Absolutely Anything Note:0,5/4
Titre original: Absolutely Anything
Réalisation: Terry Jones
Scenario: Terry Jones, Gavin Scott
Casting: Simon Pegg, Kate Beckinsale, Rob Riggle, Robin Williams, Terry Jones, Terry Gilliam, Eric Iddle, John Cleese…
Sortie: 12 Août 2015
Musique: George Fenton
<— Pour trouver le DVD, cliquez sur l’affiche

Vu le 30 août 2015 à 18h05 à l’UGC Ciné Cité Confluence

Synopsis:
Un conseil d’extraterrestres décide de juger si la planète terre mérite d’exister en confiant pendant quelques jours les pouvoirs absolus à l’un de ses habitants choisi au hasard et en observant ce qu’il en fait.
Critique :
Sorti sans grande pompe, par la petite porte de la programmation d’été, on pouvait se douter qu’Absolutely Anything n’avait pas grand-chose dans le ventre, mais il était difficile d’imaginer à quel point ce film était anecdotique. Là où on aurait pu attendre de l’ancien Monty Python Terry Jones, ici dans la chaise du réalisateur et du scénariste, une sorte de suite spirituelle de son Sens de la Vie de 1983 (chef d’œuvre d’absurdité qui lui a valu le grand prix du Jury à Cannes) on a au final une sorte de resucée sage et vaine de Bruce le tout puissant, l’énergie et le slapstick de Jim Carrey en moins. Nulle part on ne retrouve dans ce film la verve iconoclaste et l’humour absurde des Monty Python. Le film se contente d’enchaîner les situations presque comiques sans jamais profiter des possibilités infinies que lui offre son idée centrale. Et si l’on frôle de temps en temps les bonnes idées (comme l’apparition de zombies très tôt dans le film), celles-ci sont immédiatement annulées par de ridicules pirouettes scénaristiques, mettant souvent en branle la cohérence globale du film. Le pire est la non exploitation de son concept de base : tester la moralité de l’homme dans une situation de plein pouvoir. Le problème est qu’à aucun moment on ne peut définir la moralité du personnage principal (si ce n’est que la voisine du dessus dit qu’il est gentil… donc il doit être gentil) car il ne fait rien et n’est pas réellement défini en tant que personnage, au début comme à la fin du film. Les gags sont grossiers et souvent simplement visuels, sans réelles conséquences et le film, malgré sa courte durée, ne semble jamais se finir. Et Terry Jones ne se rattrape pas non plus par sa réalisation étrangement impersonnelle et froide qui nous offre des scènes dénuées de vie et une direction d’acteur très mauvaise. Le film n’a pas de propos, un humour au mieux sage et enfantin (et au pire maladroit) et un rythme lamentable.

L’un des problèmes fondamentaux de ce film est son scénario. Il n’était visiblement pas prêt pour un passage à la case tournage, cela saute aux yeux à chaque scène, que ce soit pas les situations ou les dialogues. C’est d’autant plus troublant qu’on lit ici ou là que Douglas Adams (qui nous a pourtant quitté en 2001 !) aurait lu le scénario. Cela veut donc dire que ce document traîne depuis au moins 15 ans et que personne n’a songé à l’étoffer de quelques blagues ou quelques enjeux. Car oui, il s’agit d’une comédie sans enjeux ni humour. L’ensemble ressemble presque à une comédie destinée aux enfants en bas âge, mais avec une histoire et un ton destinés aux adultes. On a donc principalement des gags visuels sans chutes pour meubler ce film qui se permet en plus d’emprunter une trame narrative tellement éculée qu’elle en est ridicule. De plus, certains gags font vraiment tâche, comme le coup des costumes de police roses (ce qui est censé les rendre ridicules et leur ôter toute autorité… franchement !!!?). Bref, sur le papier déjà, rien ne semblait pouvoir sauver le film. Côté Casting, si la nouvelle de la réunion de tous les Python restant et l’association de Simon Pegg à ce groupe faisaient rêver, le résultat est d’une telle médiocrité qu’on s’en serait bien passé. Les quelques scènes incluant les Monthy Python (où ils se contentent de donner leur voix à des extraterrestres qui semblent tout droit sortis d’un film de Corman) sont dénuées d’humour et d’intérêt et ne sont là que pour casser régulièrement le semblant de rythme du film, tandis que Simon Pegg, sans être mauvais à proprement parler, fait le stricte minimum et n’arrive à aucun moment à porter le film (rôle qu’il a souvent du mal à assumer seul : Run fat boy run, How to lose friends & alienate people…). On retrouve aussi au casting Kate Beckinsale qui joue un stéréotype, et Rob Riggle qui est le seul à s’amuser un peu, mais dans un rôle tellement ridicule et secondaire que cela en devient inutile. Robin Williams « apparaît » également dans son dernier rôle au cinéma en prêtant sa voix à un chien (et n’y met pas la même énergie qu’à l’époque où il doublait le génie dans Aladdin).

absolutely anything

Au final, on se retrouve avec une sorte de copie carbone du médiocre The Invention of Lying de Ricky Gervais, avec une trame narrative piquée à Bruce le tout puissant et un humour calqué sur les films direct to DVD de années 90 des studios Disney. Impossible de retrouver là dedans l’ADN des créateurs de La vie de Brian et de Sacré Graal. Si le film a tout de même l’élégance d’être suffisamment court, inoffensif et sage pour s’effacer très vite de la mémoire (au point qu’il est difficile de se rappeler ce matin du film vu hier en fin de journée), il restera à jamais comme le film de trop pour toutes les personnes impliquées.

Au final Absolutly Anything est juste un petit film sagement médiocre et dénué d’originalité dont le plus grand crime est d’avoir été pondu par des gens qu’on aime…

Les plus:
Il dure moins de 90 minutes
Les moins:
Un scénario creux et fade
Une réalisation sans intérêt
Un casting mal exploité
Un humour qui laisse largement à désirer


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