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127 Heures: la critique

127 Heures Avec 127 heures, Danny Boyle retourne victorieux sur le sol américain en adaptant une histoire incroyable mais vrai et opffre à James Franco le rôle de sa vie.
127 Heures Note:
Réalisation:Danny Boyle
Scenario: Danny Boyle & Simon Beaufoy d’après un livre de Aron Ralston
Casting: James Franco, Kate Mara, Amber Tamblyn, Clémence Poésy…
Musique: A.R. Rahman
Sortie: 23 Février 2011
Synopsis:
Aron Ralston, accro aux excursions sportives en solitaires dans les rocheuses, se retrouve le bras bloqué par une énorme pierre, au milieu de nulle part. Là commence son calvaire, de 127 heures, durant lequel il sait à chaque seconde que ses chances de survie sont très largement réduite par son inconscience dans la préparation de cette expédition: personne ne sait où il est, personne n’est au courant de la durée de son expédition et il n’a prévu que des très faibles quantités de ravitaillement (une petite bouteille d’eau et un snacke).
Critique:
Souvent, les films tirés d’histoires vraies sont des excuse pour justifier la vacuité d’un scenario par la réalité. Ici ce n’est pas le cas, le scenario n’est pas le plus riche qui soit, mais le label « histoire vraie » est nécessaire à chaque instant, car l’histoire est tellement incroyable et la fin tellement extrême que sans ce label, non seulement tout ceci ne semblerait que très peu crédible, mais en plus le film n’aurait jamais pu gardé aussi longtemps l’attention du public. Ceci étant dit, ce dernier film de Danny Boyle n’est pas juste une histoire vraie, c’est avant tout un pari cinématographique né d’une grande ambition visuelle et du désir de délivrer un message réel, de trouver quelque chose à dégager de cet histoire de survie, plutôt que de se contenter de délivrer un récit seulement incroyable. Et de ce point de vue, le pari est largement remporté, j’y reviendrais plus tard. Ce film marque aussi le retour de Danny Boyle sur le sol américain qui, après les échec successifs de Une vie moins ordinaire en 1997 et de La plage en 2000 (qui avait d’ailleurs faillit coûter sa carrière à Leonardo Di Caprio), était retourné en terre natale (28 jours plus tard, Millions, Sunshine) puis en Inde (Slumdog Millionnaire qui lui avait valu l’Oscar du meilleurs film et accessoirement un visa de retour au USA). Ainsi ce film est hautement symbolique pour le réalisateur et sa nomination à l’oscar du meilleurs film cette année est à considérer comme un acceptation de son retour (plutôt que comme une reconnaissance des qualités artistiques du film). Pourtant, et c’est là la plus belle réussite du réalisateur, le film n’a rien de conventionnel, Danny Boyle n’a en rien changé ou bridé son style pour s’adapter aux goûts et au demande du public américain. Pire, 127 heures est probablement son film le plus anti-académique, graphiquement, depuis La Plage.
127 Heures
A propos du film en lui même, 127 heures est un pari pour un réalisateur et un acteur: celui de conserver l’intérêt du spectateur durant 90 minutes quand quasiment seulement un acteur est à l’écran et quand, qui plus est, il ne parle pas beaucoup, faute d’interlocuteur. D’un point de vue de la réalisation, Danny Boyle profite largement de la richesse des Rocheuses et offre un film sublime, où l’homme est constamment écrasé par la beauté naturelle des paysage qui l’entourent. Il alterne plans ultra serrés avec des panoramiques impressionnants, alternes les formats et s’amuse à à imbriquer les images à l’écran. Même s’il ne fait rien de nouveau (le film rappel beaucoup ses délires visuels de La Plage et de Slumdog Millionaire) mais cette fois-ci il n’a plus besoin d’une histoire complexe pour justifier son style graphique, il s’affirme en tant que réalisateur visuel plus qu’en tant que conteur. Le réalisateur britannique parvient également à adopter, visuellement, la psychologie de son personnage principal (et son évolution) en commençant le film en forme de clip pour le conclure d’une manière beaucoup plus mature et intimiste. James Franco de son côté n’avait pas la tâche la plus simple à accomplir, de tous les plans, il devait incarner ce personnage dans une situation on ne peut plus extrême, mais également montrer qu’il était totalement responsable de sa situation et conscient de cela. Il aurait pu choisir entre interpréter un fou inconscient ou une victime de ses propres difficultés à affronter la réalité, il décide, pour le plus grand bien du film, de ne pas choisir. Il est de tous les plans et ne tombe jamais dans la facilité, il interprète à la perfection ce personnage qui détient en lui une volonté de survivre hors du commun et nous transmet cela dès les premier plan, en particulier lors de la scène où la pierre l’emprisonne, en se focalisant immédiatement sur la volonté de sortir plutôt que sur la douleur. Son interprétation est encore plus grandiose dans la dernière partie du film (âmes sensibles s’abstenir d’ailleurs, Danny Boyle a pris la – bonne – décision d’être cru dans sa retranscription).
127 Heures
Mais voilà, le film est sorti seulement quelques mois après Buried, de Rodrigo Cortès avec Ryan Reynolds, et il est impossible de ne pas comparer les deux films tant leurs thèmes et leurs concepts sont proches. En effet, tout comme 127 heures, Buried est un film sur un homme enfermé (ou bloqué) contre sa volonté qui va devoir faire face à ses démons pour trouver une issue à son calvaire. Les deux films abordent les mêmes sujets, l’angoisses, la volonté de survie, l’impuissance, mais ce qui les différencie est leur point de départ, et donc leur message. Si Danny Boyle nous présente un film sur un individualiste qui s’aperçoit qu’il a besoin des autres pour survivre, qui ne peut pas considérer qu’il est seul maître de son destin, Rodrigo Cortes met en scène un homme ordinaire qui se retrouve enterrer vivant à cause de personnes et de groupes qu’il ne connaît pas et sur lesquels il ne possède aucun levier d’action. Assez curieusement, Buried, aussi fictif soit-il, possède le message le plus universelle, et le plus pessimiste, et 127 heures souffre beaucoup de la comparaison avec ce film, pas seulement en terme d’universalité mais également en terme d’histoire et de rythme, car là où Boyle passe la moitié de son film à meubler, Cortès maintient une tension constante de bout en bout, sans artifices ni échappatoires. Mais la comparaison s’arrête là, et 127 heures est un film unique à voir, qui délivre un message cher au réalisateur, un message sur le sacrifice pour le bien, pour le mieux, thème qu’on retrouvait aussi au cœur de Sunshine, son chef d’œuvre de science fiction.
127 Heures est donc un retour réussi de Danny Boyle aux États-Unis, sans faire céder à la pression en livrant un film grand public ou académique et aussi l’opportunité pour Jame Franco d’exceller dans un rôle casse gueule à souhait et de donner une prestation puissante et juste. Cela dit, le film ne parvient pas à garder l’attention du spectateur de bout en bout, c’est son seul réel défaut.

Les plus:
Une préstation superbe de James Franco
La capacité de Danny Boyle à être cru et beau à la fois
La musique de A.R. Rahman
Un univers visuel qui tient toutes ses promesses
Les moins:
D’inévitables longueurs


posted by valmens in Les Critiques and have Comments (3)

3 Responses to “127 Heures: la critique”

  1. Molkox dit :

    Excellente critique même si je ne suis pas d’accord avec le réel défaut que tu mentionnes à la toute fin ^^
    Moi, en ce qui me concerne, j’étais absorbé par la fiction! j’ai eu mal quand il s’est coupé la main ; eu envie de boire constamment et de voir le soleil etc bref énorme empathie ! N’est-ce pas là le génie de Boyle ? Je crois que La Plage, que j’ai adoré par ailleurs, possédait les mêmes qualités…

    PS: on se connait dans la vie réelle – m as tu reconnu ? faudrait qu’on se revoit la PLAGE en blu ray !!!

  2. lucie dit :

    Alors la je ne suis pas d’accord sur plusieurs points.
    Ce film est ennuyeux et impudique.
    James Franco est beau mais fade, et me rappelle Emile Hirsh dans un autre film Homme Vs Nature.

    La vraie vie de cette homme est etonnante. Mais Danny Boyle fait un film « sur un type qui se coupe le bras ». Parce que, soyons serieux, c’est la seule raison qui nous a poussee a tous y aller, amateurs de voyeurisme et de sensations faibles que nous sommes.

    90min de rien ou on trepigne d’impatience de sentir notre estomac tout chamboule lorsqu’il se coupe les nerfs. A aucun moment je ne souffre avec lui. Je n’eprouve aucune compassion. Je connais deja la fin et c’est pour ca que je suis venue. C’est vraiment dommage.

    Pour moi Danny Boyle a choisi la facilite. Mais bon faut bien gagner sa croute. et pourquoi ne pas exploiter un sujet a oscar au passage…

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