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Top 10 des meilleures comédies noires

Top 10 comédies noires Parce que la bande annonce de Lucky et la très prochaine sortie du nouveau Alex de la Iglesia m’ont joyeusement mis en appétit, voici mon top 10 des meilleurs comédies noires.

Qui y a-t-il de plus jouissif qu’une bonne comédie noire aussi décomplexée que tordue ? Bien peu de choses (tout du moins dans mon monde). Ces films apportent au cinéma ce piment subtilement immoral qui transforme cet art en sorte de fruit défendu. Qu’est-ce qu’une comédie noire ? C’est tout simplement, du moins à mes yeux, une accumulation suffisante d’horreurs et de mauvaises coïncidences pour que cela devienne comique. Ces histoires de meurtres accidentels, de tueurs au rabais ou d’enlèvements ratés qui sont à la limite du fait divers tragique et de la comédie pure tombent malheureusement très souvent dans l’oubli parce qu’elles n’ont rien de populaire, ne sont souvent pas diffusable à des heures de grande écoute et ne sont pas assez « sérieuses » pour être récompensées dans des festival (mis à part Deauville ou des festivals directement tournés vers le genre bien sur). Voici donc un top 10 de mes comédies noires préférées.

Top 10 comédies noires

10 . Very Bad Thing de Peter Berg, 1998
Aujourd’hui devenu culte, ce petit film joyeusement dérangeant à l’incroyable casting (Cameron Diaz, Christian Slater, Jeremy Piven et Jon Favreau), qui raconte péripéties macabre d’un groupe d’amis suite à un enterrement de vie de garçon qui tourne mal, avait d’abord fait un énorme bide en salle et avait été souillé de toutes parts par la critique qui ne voyait dans ce film qu’un amas de vulgarités et de violence gratuite à l’humour on ne peut plus suspect. Avec le recul, on s’aperçoit aujourd’hui le le film était simplement légèrement en avance sur son temps (le public actuel accepte beaucoup plus de choses en terme de violence à l’écran) et qu’il n’était surtout pas destiné au grand public contrairement à ce que son casting haut de gamme laissait croire. Le film compte parmi ses atouts majeurs, en plus de son casting, un scenario qui ne se met pas de limites, une capacité à surprendre jusqu’à la dernière minute et une volonté absolue de faire de cette descente aux enfers un voyage sans escales ni issues pour ses personnages. Il a également la palme de la scène de fin la plus atroce (cauchemardesque?) de ce top 10. Bravo !

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9. Bons Baisers de Bruges de Martin McDonagh, 2008
Un scenario d’une extrême simplicité – un tueur à gage débutant se réfugie à Bruges en compagnie de son mentor après avoir accidentellement tuer un enfant de chœur durant une mission -, un casting lui aussi limité à l’essentiel, un ton pince sans rire et une capacité à naviguer entre la tragédie noire et la comédie pure font de Bons Baisers de Bruges l’une des plus belles réussites du genre de ces dernières années. En effet, rares sont les comédies noires capables avec une telle aisance d’aborder des sujets comme l’infanticide et le suicide sans pour autant plomber leur film et le moral de leurs spectateurs. Emmené par des prestations sensationnelles de ses 3 acteurs principaux (Colin Farrel, Brendan Gleeser et Ralf Fiennes), ce film tient son charme de sa capacité à ponctuellement mettre ses héros face à la réalité et de les confronter à l’absurdité de leurs actions. Aussi drôle qu’il est touchant et noir, ce film est un classique instantané tout autant qu’il est la révélation d’un réalisateur, Martin McDonagh, dont on attend encore la prochaine œuvre.

Si vous avez aimé, tentez : You Kill Me de John Dahl

8. Le Créateur de Albert Dupontel, 1999
Petit génie du cinéma français autant aimé qu’il était détesté après son controversé Bernie, Albert Dupontel décide, pour son film suivant, de prendre tout le monde à revers et de laisser tomber la violence naïve et burlesque qui caractérisait sa première œuvre pour se laisser aller dans la pure comédie noire, dans toute la cruauté, l’immoralité et la subtilité qu’implique ce genre. Et de ce fait, Le Créateur, d’un point de vue cinématographique, surpasse en tout point Bernie et révèle que tout ce qui pouvait passer pour de la maladresse ou de l’inexpérience disparait ici pour laisser place à une méthodique maîtrise de l’ensemble de la production, dans l’esprit du travail des frères Coen. Le Créateur est en effet une des plus belles comédies noires françaises, à la fois fine, torturée et complexe, où le personnage principal sombre progressivement dans l’horreur de la création, entraîné par son égaux et son aveuglement, entrainant tout le monde avec lui dans sa chute. Enchainant les scènes purement burlesques et les idées noires comme jamais, Dupontel prouve ici non seulement qu’il est un réalisateur et un scénariste de talent, mais aussi et surtout que le cinéma français est une incroyable mine de talents, tant tous des acteurs, jusqu’au plus insignifiants des seconds rôles, étant excellents et juste. Le tour de force du réalisateur réside ici dans sa capacité à faire partager le stresse et la folie du personnage principal. Noire, satirique et sarcastique autant qu’il est subtile, torturé et intelligent, Le créateur marque cependant l’un des plus gros échecs commerciaux de son réalisateur.

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Si vous avez aimé, tentez : Barton Fink de Joel et Ethan Coen

7. Le Crime Farpait de Alex de la Iglesia, 2004
Comédie noire burlesque à souhait qui s’amuse à faire une analogie entre le mariage et un kidnapping, Le Crime Farpait parvient à rester réaliste et cohérent tout en étant complètement barré de A à Z et en se concluant par un feu d’artifice de folie en forme de pied de nez au reste de l’histoire. Étude assez cruelle et précise de la vie de couple du point de vue masculin, le film se sert de la violence et de la noirceur comme de métaphores de la peur de l’engagement pour mieux peindre son sujet. Avec son personnage principal hautement misogyne  – qui n’est pas sans faire penser à une version vivante de Tyler Durden (du moins au départ)  -aussi drôle qu’il est odieux et son personnage féminin affreux, méthodique et sans âme, cette comédie noire s’annonce dès le départ sans issue et nous propose une progressive plongée dans la folie, la paranoïa et l’absurde. A noté à la fin la très drôle apparition d’un avatar précurseur de Lady Gaga qui laisse songeur quant à la capacité du réalisateur à avoir quelques années d’avance dans son étude de la société.

Si vous avez aimé, tentez : Mr. Wrong de Nick Castle

6. Big Nothing de Jean-Baptiste Andrea, 2004
Des histoires d’arnaques menées par des loosers, cela n’a rien de nouveau, c’est même plus ou moins l’essence même de la comédie noire. Pourtant, Big Nothing, grâce à une scenario aussi malin et retord, qui s’enfonce progressivement dans la noirceur plutôt que de se laisser envahir par la comédie, parvient à s’imposer comme une référence sous estimée du genre. La réalisation est enlevée et pleine d’inventivité, les dialogues sont Coenien à souhait et les acteurs sont au diapason, mention spéciale au duo Simon Pegg et David Schwimmer qui insufflent une parfaite dynamique dans le film. Tragique et comique à la fois, cette histoire de demande de rançon qui tourne au vinaigre et offre à chaque étape une nouvelle opportunité de tomber plus bas pour nos héros, a un atout que très peu de comédies noires peuvent se permettre :  elle n’a rien de prévisible et parvient à surprendre à chacun de ses rebondissements. On se laisse donc emporter dans ce film comme dans un train fantôme, en se demandant à chaque fois ce qui va arriver, mais aussi et surtout quelle est la réelle personnalité des personnages principaux et quel sort leur est réservé (et cela jusqu’à la dernière minute du film, ce qui est un bel exploit).

Si vous avez aimé, tentez : the Cottage de Paul Andrew Williams

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