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Parce que 2001 entamait le millénaire de la plus belle des manières avec une joyeuse collection de chefs d’œuvres. |
2001 était une belle année pour le cinéma, c’était avant que le cinéma de super héros soit réanimé par Spiderman, du temps où les block busters n’occupaient pas 99% des salles et où les petits films avaient encore leurs chance d’exploser.
10 . Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet

Pourquoi ? : Parce que même s’il est aujourd’hui devenu de bon ton de mépriser ce film, Jeunet nous offrait il y a maintenant 10 l’un des films de divertissement français les plus beaux et les plus aboutis de la décennie à venir, donnant un coup de fouet au cinéma français. Amélie Poulain est un conte moderne comme on en croise rarement au cinéma, tendre et naïf comme l’est l’univers de Jeunet une fois séparé de Caro, débordant d’idées et de personnages comme dans une BD colorée et légère prenant vie sous nos yeux. Coup de chance ou coup de maître, le réalisateur reste lui même sans réponse là dessus, mais tout fonctionne dans ce film, comme s’il s’agissait d’une mécanique bien huilée qui ne ressemble à aucune autre, d’une chanson populaire, d’une union de talents incroyable. Ce film est ce qui se rapproche le plus d’un bouquet de fleur cinématographique, c’est beau, coloré et plein de bons sentiments, dans le bon sens du terme. De la musique à la photographie, du casting à la pointe de chaque réplique, du début à la fin, ce film est un réussite élégante et naïve.
En un mot : Réjouissant
9 . The Barber : l’homme qui n’était pas là de Joel Coen et Ethan Coen

Pourquoi ? : Parce que les frères Coen nous prouvent une fois plus leur capacité de prendre le sérieux au second degré et nous pondent un somptueux polar à l’ancienne, génialement narré par le plus bavard des barbiers laconiques et se concluant volontairement en joyeux n’importe quoi. Le cinéma des frères Coen a toujours rendu hommages à différents genres et différentes époques, en s’attaquant aux polars des années 50, les frères réalisateurs nous pondent la traduction cinématographique d’un roman de gare. C’est drôle, verbeux et décalé. Pour leur premier pas vers le noir et blanc, les réalisateurs prennent soin de nous livrer une photographie incroyable et nous gâtent comme avec leur habitude d’un casting on ne peut plus généreux, avec Billy Bob Thorroton en avatar de Clarke Gable, la fidèle Frances McDormand, Michael Badalucco, Jon Polito, Richard Jenkins et même la jeune Scarlett Johansson avant son explosion. Ce film transpire le non sens et l’humour anachronique, le tout avec un tel sarcasme et détachement que cela en devient presque accidentellement burlesque.
En un mot : Bavard
8 . Grégoire Moulin contre l’humanité de Artus de Penguern

Pourquoi ? : Parce qu’en nous livrant sa version française et joyeusement déjantée d’After Hours, Arthus de Penguern nous prese,tait sur un plateau l’un des films les plus délirants de l’année, en plus d’un désolé portrait de la France, de la bourgeoisie décadente aux beaufs footeux de bas étage. Les armes du réalisateurs sont très claires dans ce films et exposées dès son prémisse à grand coup de chèvre volante : un décalage permanent, un jeu un cran au dessus du réalisme, un cran en dessous de la farce et une réalisation ultra rythmée. Et tout fonctionne dans ce film, si bien qu’on se demande comment celui-ci n’a pas explosé et surtout pourquoi son réalisateur en est resté là. On se délecte de son interprétation bouffonne de Madame Bovary, de sa vision caricaturale et violente des bretons, des amateurs de foot, de la police et de la bourgeoisie. On s’enivre des ses nombreux personnages récurrents et de ses gags filés, tout autant que de l’incursion régulière du surréalisme et du grand n’importe quoi dans ce récit qui ne fait sens. On s’extasie devant ce casting de second couteaux tous plus talentueux les uns que les autres qui s’éclatent ici à en faire trop. Bref, un film généreux à voir de toute urgence.
En un mot : Fou
7 . Sur mes lèvres de Jacques Audiard

Pourquoi ? : Parce que Audiard réinvente son cinéma et nous offre l’un des plus puissants polars du cinéma français. Après quelques films où le fond prenait largement le dessus sur la forme (que ce soit en tant que scénariste sur le brillant Baxter ou réalisateur sur Regarde les hommes tomber et Un héros très discret) Audiard laisse exploser dans ce film son amour pour l’image et transforme son cinéma. Les images sont plus explicite que les dialogues, les personnages se dévoilent par leurs actions, leurs regards et leurs silences, l’histoire est ressentie plus que montrée. C’est d’une très grande qualité et d’une finesse incroyable, d’autant plus que Vincent Cassel nous y livre sa plus belle prestation à ce jour, largement aidé dans son office par l’impressionnante Emmanuelle Devos et le puissant Olivier Gourmet. L’histoire est intelligente et menée tambours battants, les personnages sont tous impeccablement construits jusqu’au moindre second rôle et la photographie est d’une surprenante beauté. Un film qui annonçait un nouveau chapitre dans la carrière d’une des réalisateusr les plus talentueux du cinéma français.
En un mot : Sensuel
6 . Battle Royale de Kinji Fukasaku

Pourquoi ? : Parce que ce film d’une surprenante violence parvient à être fun et intelligent à la fois sans jamais oublier qu’il n’est qu’un divertissement. Partant d’un concept de base très improbable (les ados ont perdu tout respect pour leurs aînés du coup on prend un groupe au hasard et on les envoie sur une île pour qu’ils s’entretuent pour se souvenir que tout ne leur est pas dû) le réalisateur parvient à développer un discours sur les décalages générationnels, la télé réalité, la violence, les relations humaines, l’instinct de survie et l’autorité sans jamais livrer des réponses toutes faites. Doublé d’un film d’action d’une rare efficacité et d’un sens de l’humour et du décalage toujours de bon goût, ce film est aussi est surtout l’occasion de voir Kitano acteur nous offrir l’une des plus belles prestations de sa carrière qui se conclue de la manière la plus étrange qui soit. Un film coup de poing pervers et malsain qui ne laisse personne insensible.
En un mot : Meurtrier
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