Movie Slayer

Billets d'humeurs cinéphagiques

Règle #1 : Respecter les doses

Tintin Parce qu’il ne suffit pas de beaucoup en parler et de s’en entourer pour l’aimer, le cinéma se bouffe en grande quantité et en permanence.

Règle 1 : Respecter les doses

Il y a des signes qui ne trompent pas, et même si j’aurais pu me passer du signe que je m’apprête à décrire pour m’apercevoir que ma consommation récente d’œuvres cinématographiques était bien en deçà de mes prétentions – et de mes besoins – il fût pour moi un électrochoc suffisant. Il est vrai que je me laisse aller ces derniers temps et cette activité qui, jadis faisait partie de mes pulsions vitales, venant régulièrement dans la journée tâter mes centres nerveux me rappelant qu’où que je sois, quoi que je fasse, ma place était plutôt dans le confort ouaté d’une salle climatisé d’un complexe cinéma, est aujourd’hui souvent devenue un effort pour moi, j’ai honte de l’avouer. Oui, j’ai laisser la mollesse quotidienne phagocyter peu à peu ce désir ardent d’aller passer deux heures ou plus face à un écran où mes rétines et mes tympans pourraient se rassasier d’images et de sons qui viendraient titiller mon intellect. Mais voilà, la nuit dernière, tel un Martin Luther King en T-Shirt Star Wars, j’ai fait un rêve, qui pourrait paraître aussi banal que stupide mais qui pourtant m’a mis face à mes contradictions :  on ne peut être passionné de cinéma si et seulement si où va en salle en permanence pour se souvenir de ce sentiment unique et vivifiant qu’est le visionnage d’un film dans ce lieu paradoxalement public et intime, où l’on rit et pleure volontiers avec des inconnus alors qu’on n’hésite souvent à laisser paraître ses émotions avec son cercle d’amis proches.
Règle 1 : Respecter les doses
Dans ce rêve, j’étais dans une FNAC où j’avais l’impression d’avoir toujours vécu, ce qui est assez fréquent dans mon subconscient, la FNAC, loin d’être l’endroit où je consomme le plus de DVD, est très largement l’endroit où je passe le plus de temps à les contempler. Mais cette fois-ci, contrairement à mes rêves précédents, je n’avais pas à ma charge un mission importante – comme cette nuit dont je garde encore un souvenir ému où j’ai rêvé qu’on m’avait confier la charge de concevoir un organisation révolutionnaire et organique des DVD, bien plus vivante et significative que ce stupide ordre alphabétique pas titre de film saupoudré de sous classement arbitraires. Non dans ce rêve, j’avais beau y vivre, j’y étais étranger, je n’étais pas chez moi et je passais mon temps à attendre des gens, des amis, qui me croisaient sans me reconnaître, affairés de leur côté à fouiller dans les rayons et à dénicher des films que je ne connaissais pas, alors que de mon côté je ne parvenais pas même à trouver un rayon, un seul rayon, j’étais comme perdu dans une jungle de moquette grise et d’escalators qui menaient à des étages supérieurs tout aussi vide à mes yeux. Après une période de vaine errance qui me parût infinie, je décidais de m’engager dans un escalator pour sortir de cet enfer et, à mi chemin, je croise, en sens opposé la quasi intégralité de l’équipe du film Sucker Punch Jenna Malone était malheureusement absente, c’est d’ailleurs à cela que j’ai compris que ça ne tournerait pas en rêve olé olé. A peu près à ce moment là, mon colocataire apparaît et se précipite sur la donzelle issue de High School Musical, sans plus d’explications pour entamer la causette; je décide de le suivre, non pas pour rejoindre l’une des ces créatures de rêves toute en tailleur très strictes mettant à mal leurs formes naturelles -une fois de plus, Jenna Malone était absente – mais pour courir vers Zach Snyder tel un enfant vers une confiserie. Après quelques secondes à dévisager l’auteur des sacrée ribambelle de films cultes (L’armée des morts, 300 et Watchmen pour bien commencer la journée) et du décrié et raté (mais sincère) SuckerPunch dont la BO hante encore et toujours mes périgrination urbaine, je finis par articuler une question, une seule question, une simple question : « Allez vous avoir le dessus par rapport à vos producteurs sur votre version de Superman ? ». Le bonhomme me lance un regard désabusé et s’en va rejoindre son groupe de pinup en tailleur suite à quoi je me suis réveillé en sueur, choqué, comme profondément vexé sans réellement savoir pourquoi.
Règle 1 : Respecter les doses
Ce n’est pas la première fois que je rêve de cinéma, c’est même plutôt fréquent, mais généralement ces rêves tendent vers le grandiose, le magnifique ou l’extraordinaire. Je me souviens encore de ces rêves fréquents dans lesquels j’imaginais – avant d’être déçu et trahi par Sam Raimi – ce qu’allait être le troisième épisode de Spiderman, ou encore de ces retrouvailles cinématographique en songe entre Tim Burton et Christina Ricci qui prenait place dans une gare style année 50 avec un noir et blanc fait en maquillage et plutôt qu’en post production. Mais cette nuit, non, mes rêves se concentraient sur les détails de production du projet de remake d’un wanabe wcheal Bay et, à bien y réfléchir, mon rêve m’écrase à la gueule une bien triste vérité : je passe plus de temps à m’intéresser aux projets de films à venir qu’à regarder des films, je suis en manque de film et j’essaie de compenser ça par un palliatif, mais cette nuit, ça m’a pété à la gueule. D’où cette première règle de cinéma, basique mais cruciale : respecter les doses. Ne jamais se laisser avoir par le quotidien et les apparences, le cinéma c’est avant tout de la consommation, c’est poser son cul dans une salle non climatisée en plein été, pas parce qu’on doit mais parce qu’il est plus plaisant de souffrir devant un film que de faire quoi que ce soit d’autre. C’est se taper l’intégral des frères Coen en une journée parce qu’on cherche les fils rouges qui guident leur filmographie. C’est aussi ne pas manger pendant une semaine parce qu’on a trouvé un DVD hors de prix. Le cinéma, ça se dévore, de toutes les tailles, de toutes les origines – no pun intended – et il n’y a pas de fatigue ou de programmation faiblarde qui tienne. C’est donc décidé, a partir de ce jour, je vais faire corps avec les cinéma parisien.


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